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° ÉCOLE FRANÇAISE, VERS 1720 ENTOURAGE DE PIERRE GOBERT
Vendu : 4 940 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
° ÉCOLE FRANÇAISE, VERS 1720 ENTOURAGE DE PIERRE GOBERT
Portrait satirique présumé de François de Neuville (1644-1730), Maréchal de Villeroy en danseur de ballet
Huile sur toile
100 x 80 cm
Dans un intérieur mal défini que dévoilent des rideaux tirés sur les pourtours de la composition, un danseur de ballet est immortalisé en plein pas de danse tandis que deux individus masqués surgissent dans le fond.
L'un, armé d'un pistolet, tire dans le dos du protagoniste au premier plan | le second lui, est vêtu comme un farceur à l'ancienne, un Giangurgolo calabrois ou un mezzetin. Descendant des nuées, un petit amour observe notre danseur de son nuage, tout en se penchant vers lui. À ses pieds, un fanion arbore les armes des familles d'Orléans et de Bavière.
Le mystère autour de cette composition demeure, l'ensemble des éléments de la composition soulevant diverses hypothèses. Le danseur est vêtu d'un habit de ballet à la française vraisemblablement, proche de ce qu'avait pu dessiner Jean II Berain (1674 - 1726) | la possibilité qu'il s'agisse d'un costume de bal masqué n'est pas à exclure quoique le dispositif scénique ici mis en place conforte dans l'idée d'un vêtement de représentation. Le pas de danse que le modèle exécute quant à lui, est un demi-coupé avant les bras « en opposition » et qui se rapproche de la série des danseurs de l'opéra réalisée par
Henri II Bonnart (1642 - 1711).
Les armes qu'il foule pourraient être une allusion à celles de la princesse Palatine (1652 - 1722), geste d'hostilité qu'exécuterait François de Neuville (1644 - 1730), Maréchal de Villeroy, Gouverneur de Louis XV et en conflit avec son fils le Régent, Philippe d'Orléans (1674 - 1723).
Exilé par ce dernier entre 1722 et 1724, il avait par ailleurs été vivement critiqué pour avoir souhaité ressusciter les ballets de cour sous le jeune Louis XV, sur le modèle des débuts du règne de son prédécesseur.
Ainsi grimé, il ne peut s'agir pour le modèle d'une représentation officielle. D'un certain âge dans les années de la régence, jamais François de Neuville n'aurait dansé en public, ni à l'occasion d'un bal, ni d'un ballet. Dans un esprit satirique, l'artiste fait peut-être allusion au guet-apens tendu au maréchal de Villeroy, arrêté le 10 août 1722 par d'Artagnan et la Fare, chef de la garde du Régent ou ceux de certains comploteurs comme Saint-Simon, Louis IV Henri de Bourbon-Condé ou le cardinal Dubois. La commande d'une telle mise en scène burlesque d'un personnage parmi les plus importants de la cour, et tombé provisoirement en disgrâce, pourrait provenir de l'un de ses trois derniers détracteurs.
Cette notice a été rédigée à l'appui d'éléments suggérés par Mickaël Bouffard (Chercheur au Centre d'étude de la langue et des littératures françaises, Chef du bureau Théâtre Molière Sorbonne).
Portrait satirique présumé de François de Neuville (1644-1730), Maréchal de Villeroy en danseur de ballet
Huile sur toile
100 x 80 cm
Dans un intérieur mal défini que dévoilent des rideaux tirés sur les pourtours de la composition, un danseur de ballet est immortalisé en plein pas de danse tandis que deux individus masqués surgissent dans le fond.
L'un, armé d'un pistolet, tire dans le dos du protagoniste au premier plan | le second lui, est vêtu comme un farceur à l'ancienne, un Giangurgolo calabrois ou un mezzetin. Descendant des nuées, un petit amour observe notre danseur de son nuage, tout en se penchant vers lui. À ses pieds, un fanion arbore les armes des familles d'Orléans et de Bavière.
Le mystère autour de cette composition demeure, l'ensemble des éléments de la composition soulevant diverses hypothèses. Le danseur est vêtu d'un habit de ballet à la française vraisemblablement, proche de ce qu'avait pu dessiner Jean II Berain (1674 - 1726) | la possibilité qu'il s'agisse d'un costume de bal masqué n'est pas à exclure quoique le dispositif scénique ici mis en place conforte dans l'idée d'un vêtement de représentation. Le pas de danse que le modèle exécute quant à lui, est un demi-coupé avant les bras « en opposition » et qui se rapproche de la série des danseurs de l'opéra réalisée par
Henri II Bonnart (1642 - 1711).
Les armes qu'il foule pourraient être une allusion à celles de la princesse Palatine (1652 - 1722), geste d'hostilité qu'exécuterait François de Neuville (1644 - 1730), Maréchal de Villeroy, Gouverneur de Louis XV et en conflit avec son fils le Régent, Philippe d'Orléans (1674 - 1723).
Exilé par ce dernier entre 1722 et 1724, il avait par ailleurs été vivement critiqué pour avoir souhaité ressusciter les ballets de cour sous le jeune Louis XV, sur le modèle des débuts du règne de son prédécesseur.
Ainsi grimé, il ne peut s'agir pour le modèle d'une représentation officielle. D'un certain âge dans les années de la régence, jamais François de Neuville n'aurait dansé en public, ni à l'occasion d'un bal, ni d'un ballet. Dans un esprit satirique, l'artiste fait peut-être allusion au guet-apens tendu au maréchal de Villeroy, arrêté le 10 août 1722 par d'Artagnan et la Fare, chef de la garde du Régent ou ceux de certains comploteurs comme Saint-Simon, Louis IV Henri de Bourbon-Condé ou le cardinal Dubois. La commande d'une telle mise en scène burlesque d'un personnage parmi les plus importants de la cour, et tombé provisoirement en disgrâce, pourrait provenir de l'un de ses trois derniers détracteurs.
Cette notice a été rédigée à l'appui d'éléments suggérés par Mickaël Bouffard (Chercheur au Centre d'étude de la langue et des littératures françaises, Chef du bureau Théâtre Molière Sorbonne).
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