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BAYA (1931 - 1998)
Vendu : 12 350 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
BAYA (1931 - 1998)
Femme aux papillons, 1992
Gouache sur papier
Signée et datée ‘[19]92' en bas à gauche
Signée une seconde fois au dos
(Déchirure et rayures)
99,5 x 75 cm - 39 1/2 x 29 1/8 in.
PROVENANCE
Collection particulière, France (acquis auprès de l'artiste par les parents de l'actuel propriétaire)
« S’il doit y avoir une femme, je commence par la femme, puis je dessine les instruments ou alors un vase de fleurs, ou... cela dépend. Je commence, en général par la femme, le reste vient après. La femme est le centre, le reste se place autour d’elle. Si c’est [sic] des instruments uniquement, je commence par les instruments et dessine les autres objets ensuite. Dans une seconde étape, je m’occupe des couleurs : couleurs de la robe d’abord puis couleur des cheveux. Si je mets un foulard sur la tête, je colore le fond du foulard après celui de la robe, si ce sont les cheveux, que je fais noirs, libres, je les laisse pour plus tard, avec les yeux. Ensuite je cerne : là aussi je commence toujours par la femme, les cheveux noirs, l’oeil, puis les autres instruments ou objets | je les cerne tous, et pour finir je m’attaque aux dessins qui vont peupler le fond. »
Baya, 1993
"Baya porte son regard fleur vers le ciel de plénitude où l'attendent Chagall, le Douanier Rousseau, un petit nombre d'élus... Elle, la première d'une chaîne de séquestrées dont le bandeau sur l'oeil, d'un coup, est tombé. Baya, la miraculée !"
Assia Djebar, "Baya, le regard fleur", in. "Le Nouvel Observateur", 4 janvier 1985,
pp. 90-91
« [...] Dans ce que Baya peint, deux choses frappent au premier abord : la profusion des couleurs, puis le jaillissement, le déroulement intarissable de l'arabesque, naturel comme un chant d'oiseau, mais moins stéréotypé, plus diversifié. On s'approche, et l'on découvre un monde fabuleux, de plantes, de fleurs, d'oiseaux, habité par des femmes aux robes somptueuses, coiffées de hauts bonnets à la crétoise, à la fois de face et de profil, à l'oeil immense, fendu en amande, comme la Parisienne des fresques de Cnossos en Crète, jeune de 3 000 ans... La mise en page - la mise en place - des éléments du tableau est presque toujours d'une sûreté inouïe. Baya joue des plans avec, toutes proportions gardées, l'intuition d'un Matisse. De même pour les tons, qui sont purs, mais aussi inventés de toutes pièces | étendus à plat bien entendu. Parfois le rapport poétique des couleurs fait songer à Chagall. Ou bien l'on se rappelle l'art populaire russe, ou encore cet Orient féérique recréé par Kandinsky. Car Baya, plus préoccupée de son idée, de son rêve, que de réalisme, frôle également l'abstrait. La démarche est d'ailleurs toute naturelle. Ici, je me réfère à un livre passionnant récemment paru (Les origines de l'Art français, Guy de Prat éditeur). C'est cependant un manuel très serré de l'histoire de l'Art. Mais le sujet étudié, entre autres, par M. Raymond Lantier, et particulièrement neuf - mal connu - est actuel au surplus, car il s'agit de l'art primitif. La Berbère Baya, nous dit-on, est peut-être 'l'héritière des grands artistes pré historiques de l'époque magdalénienne.' Or, à cette époque, nous dit M. Lantier, on a affaire en art, non à un 'réalisme visuel', mais à un 'réalisme intellectuel', abstrait, à des 'images très simplifiées d'emblée, parfois ornemanisées et groupées en décorations d'apparence géométrique', où les courbes et contre-courbes jouent le rôle essentiel. C'est que l'artiste préhistorique cherche beaucoup moins à représenter la réalité qu'à 'se représenter soi-même.' Il retrouve alors pour le monde un pouvoir - magique ou poétique, à votre gré - que sinon il n'eût point possédé. Enfin, à remonter ainsi aux sources de la création - la sienne et l'autre - il prend contact avec une réalité plus mystérieuse, plus vraie pour lui que la réalité extérieure, il se trouve devant le sacré. Ainsi Baya. Et les statuettes de terre cuite qu'elle modèle et peint ont l'étrange et inquiétant pouvoir d'évocation des statues-menhirs de l'âge du cuivre et du bronze. Mais sa magie est plus souvent une magie blanche. Baya, qui 'tient et ranime le rameau d'or', écrit magnifiquement André Breton, et 'dont la mission est de recharger de sens ces beaux mots nostalgiques, l'Arabie heureuse', nous annonce une ère où l'homme, réconcilié avec ses rêves, pourrait vivre en amitié avec la nature - avec soi-même. »
Charles Estienne, 1947
Femme aux papillons, 1992
Gouache sur papier
Signée et datée ‘[19]92' en bas à gauche
Signée une seconde fois au dos
(Déchirure et rayures)
99,5 x 75 cm - 39 1/2 x 29 1/8 in.
PROVENANCE
Collection particulière, France (acquis auprès de l'artiste par les parents de l'actuel propriétaire)
« S’il doit y avoir une femme, je commence par la femme, puis je dessine les instruments ou alors un vase de fleurs, ou... cela dépend. Je commence, en général par la femme, le reste vient après. La femme est le centre, le reste se place autour d’elle. Si c’est [sic] des instruments uniquement, je commence par les instruments et dessine les autres objets ensuite. Dans une seconde étape, je m’occupe des couleurs : couleurs de la robe d’abord puis couleur des cheveux. Si je mets un foulard sur la tête, je colore le fond du foulard après celui de la robe, si ce sont les cheveux, que je fais noirs, libres, je les laisse pour plus tard, avec les yeux. Ensuite je cerne : là aussi je commence toujours par la femme, les cheveux noirs, l’oeil, puis les autres instruments ou objets | je les cerne tous, et pour finir je m’attaque aux dessins qui vont peupler le fond. »
Baya, 1993
"Baya porte son regard fleur vers le ciel de plénitude où l'attendent Chagall, le Douanier Rousseau, un petit nombre d'élus... Elle, la première d'une chaîne de séquestrées dont le bandeau sur l'oeil, d'un coup, est tombé. Baya, la miraculée !"
Assia Djebar, "Baya, le regard fleur", in. "Le Nouvel Observateur", 4 janvier 1985,
pp. 90-91
« [...] Dans ce que Baya peint, deux choses frappent au premier abord : la profusion des couleurs, puis le jaillissement, le déroulement intarissable de l'arabesque, naturel comme un chant d'oiseau, mais moins stéréotypé, plus diversifié. On s'approche, et l'on découvre un monde fabuleux, de plantes, de fleurs, d'oiseaux, habité par des femmes aux robes somptueuses, coiffées de hauts bonnets à la crétoise, à la fois de face et de profil, à l'oeil immense, fendu en amande, comme la Parisienne des fresques de Cnossos en Crète, jeune de 3 000 ans... La mise en page - la mise en place - des éléments du tableau est presque toujours d'une sûreté inouïe. Baya joue des plans avec, toutes proportions gardées, l'intuition d'un Matisse. De même pour les tons, qui sont purs, mais aussi inventés de toutes pièces | étendus à plat bien entendu. Parfois le rapport poétique des couleurs fait songer à Chagall. Ou bien l'on se rappelle l'art populaire russe, ou encore cet Orient féérique recréé par Kandinsky. Car Baya, plus préoccupée de son idée, de son rêve, que de réalisme, frôle également l'abstrait. La démarche est d'ailleurs toute naturelle. Ici, je me réfère à un livre passionnant récemment paru (Les origines de l'Art français, Guy de Prat éditeur). C'est cependant un manuel très serré de l'histoire de l'Art. Mais le sujet étudié, entre autres, par M. Raymond Lantier, et particulièrement neuf - mal connu - est actuel au surplus, car il s'agit de l'art primitif. La Berbère Baya, nous dit-on, est peut-être 'l'héritière des grands artistes pré historiques de l'époque magdalénienne.' Or, à cette époque, nous dit M. Lantier, on a affaire en art, non à un 'réalisme visuel', mais à un 'réalisme intellectuel', abstrait, à des 'images très simplifiées d'emblée, parfois ornemanisées et groupées en décorations d'apparence géométrique', où les courbes et contre-courbes jouent le rôle essentiel. C'est que l'artiste préhistorique cherche beaucoup moins à représenter la réalité qu'à 'se représenter soi-même.' Il retrouve alors pour le monde un pouvoir - magique ou poétique, à votre gré - que sinon il n'eût point possédé. Enfin, à remonter ainsi aux sources de la création - la sienne et l'autre - il prend contact avec une réalité plus mystérieuse, plus vraie pour lui que la réalité extérieure, il se trouve devant le sacré. Ainsi Baya. Et les statuettes de terre cuite qu'elle modèle et peint ont l'étrange et inquiétant pouvoir d'évocation des statues-menhirs de l'âge du cuivre et du bronze. Mais sa magie est plus souvent une magie blanche. Baya, qui 'tient et ranime le rameau d'or', écrit magnifiquement André Breton, et 'dont la mission est de recharger de sens ces beaux mots nostalgiques, l'Arabie heureuse', nous annonce une ère où l'homme, réconcilié avec ses rêves, pourrait vivre en amitié avec la nature - avec soi-même. »
Charles Estienne, 1947
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