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ANDRÉ BRASILIER (NÉ EN 1929)
Vendu : 15 600 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
ANDRÉ BRASILIER (NÉ EN 1929)
Piano au River Café, New York, 1985
Huile sur toile
Signée en bas vers la droite
Titrée, datée ‘29.IX.[19]85', dédicacée ‘Pour Étienne [Sassi]' et signée une seconde fois au dos
27 x 41 cm - 10 5/8 x 16 1/8 in.
Monsieur Alexis Brasilier a confirmé l'authenticité de cette oeuvre.
PROVENANCE
- Collection Étienne Sassi, États-Unis
- Vente, Art Moderne et Contemporain [...], Cannes Enchères, 19 octobre 2014, lot 432
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente)
« Avec la conquête de son style qui ne peut à aucun moment entraîner une quelconque méprise avec un autre artiste, André Brasilier est parvenu à l'harmonie parfaite entre l'émotion initiale et le fait plastique, c'est-à-dire l'expression picturale qui rejoint le vécu. Harmonie du soir en Tardenois (2001) et Soir sur le Cap d'Antibes (2001) n'expriment rien d'autre et c'est l'essentiel. Toute sa peinture tend à retrouver, en l'arrêtant, ce moment du vécu. Son tableau atteint alors sa finalité qui est la présence, déjà évoquée. Si son espace pictural est traversé de continuités, si son regard ébranle l'opacité des choses, il leur adjoint le prolongement dans l'invisible. Et là prend place un autre élément fondateur de sa peinture et qui s'oppose aux théories réductrices, comme à la banale et stérilisante imagerie, la musicalité. Lui-même amateur éclairé, cultivant l'écoute musicale à l'égale de ses connaissances picturales, il tente le rapprochement entre telle harmonie de Schubert et son équivalence visuellllllle, pour une intimité plus profonde avec l'oeuvre. L'homme ne peut être qu'au coeur de cette expérience dans sa tentative à rendre perceptible le monde dans son intensité. Ainsi la musique occupe-t-elle une place privilégiée dans son oeuvre et lui fait-elle mettre en scène des musiciens, en formation d'orchestre : Festival du Marais (1967), ou de musique de chambre : Quatuor (1986). Figures allusives, dont la réalité tangible passe par l'intensité picturale qui se dégage de la composition. Symbolique et métaphorique avec Hommage à Mozart (1991), la peinture incarne la musique, toutes deux intimement mêlées, Musique à Saint Germain-des-Prés (2001). Une façon d'ouvrir des fenêtres sur le monde des sensations, impalpables, une manière aussi de donner un relief mémorial à nos émotions tant visuelles que sensitives. [...] Tout le talent de Brasilier réside dans cette mystérieuse alchimie picturale par laquelle il nous rend visible l'espace physiologique et l'espace sonore. Qu'il s'agisse d'une toile comme Nocturne (1987), où au premier plan un violon noir posé à plat sur une partition placée sur une table, conduit le regard au-delà d'une terrasse ponctuée d'arbres noirs, dont les troncs dévoilent un ciel rose et mauve (la composition évoque la vasque sur la terrasse de l'Académie de France à Rome, comme un discret clin d'oeil à Corot), ou encore de cet Hommage à Chopin (1979), la peinture de Brasilier accomplit le prodige pointé par Baudelaire qui affirmait : "On trouve dans la couleur, l'harmonie, la mélodie et le contrepoint." La peinture de Brasilier rend visible le monde intérieur de la musique, tout comme elle visualise le monde caché de la réalité. »
Lydia Harambourg, « Le temps poétique d'André Brasilier », in. André Brasilier, Lausanne : Acatos, 2002, pp. 102 - 103
Piano au River Café, New York, 1985
Huile sur toile
Signée en bas vers la droite
Titrée, datée ‘29.IX.[19]85', dédicacée ‘Pour Étienne [Sassi]' et signée une seconde fois au dos
27 x 41 cm - 10 5/8 x 16 1/8 in.
Monsieur Alexis Brasilier a confirmé l'authenticité de cette oeuvre.
PROVENANCE
- Collection Étienne Sassi, États-Unis
- Vente, Art Moderne et Contemporain [...], Cannes Enchères, 19 octobre 2014, lot 432
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente)
« Avec la conquête de son style qui ne peut à aucun moment entraîner une quelconque méprise avec un autre artiste, André Brasilier est parvenu à l'harmonie parfaite entre l'émotion initiale et le fait plastique, c'est-à-dire l'expression picturale qui rejoint le vécu. Harmonie du soir en Tardenois (2001) et Soir sur le Cap d'Antibes (2001) n'expriment rien d'autre et c'est l'essentiel. Toute sa peinture tend à retrouver, en l'arrêtant, ce moment du vécu. Son tableau atteint alors sa finalité qui est la présence, déjà évoquée. Si son espace pictural est traversé de continuités, si son regard ébranle l'opacité des choses, il leur adjoint le prolongement dans l'invisible. Et là prend place un autre élément fondateur de sa peinture et qui s'oppose aux théories réductrices, comme à la banale et stérilisante imagerie, la musicalité. Lui-même amateur éclairé, cultivant l'écoute musicale à l'égale de ses connaissances picturales, il tente le rapprochement entre telle harmonie de Schubert et son équivalence visuellllllle, pour une intimité plus profonde avec l'oeuvre. L'homme ne peut être qu'au coeur de cette expérience dans sa tentative à rendre perceptible le monde dans son intensité. Ainsi la musique occupe-t-elle une place privilégiée dans son oeuvre et lui fait-elle mettre en scène des musiciens, en formation d'orchestre : Festival du Marais (1967), ou de musique de chambre : Quatuor (1986). Figures allusives, dont la réalité tangible passe par l'intensité picturale qui se dégage de la composition. Symbolique et métaphorique avec Hommage à Mozart (1991), la peinture incarne la musique, toutes deux intimement mêlées, Musique à Saint Germain-des-Prés (2001). Une façon d'ouvrir des fenêtres sur le monde des sensations, impalpables, une manière aussi de donner un relief mémorial à nos émotions tant visuelles que sensitives. [...] Tout le talent de Brasilier réside dans cette mystérieuse alchimie picturale par laquelle il nous rend visible l'espace physiologique et l'espace sonore. Qu'il s'agisse d'une toile comme Nocturne (1987), où au premier plan un violon noir posé à plat sur une partition placée sur une table, conduit le regard au-delà d'une terrasse ponctuée d'arbres noirs, dont les troncs dévoilent un ciel rose et mauve (la composition évoque la vasque sur la terrasse de l'Académie de France à Rome, comme un discret clin d'oeil à Corot), ou encore de cet Hommage à Chopin (1979), la peinture de Brasilier accomplit le prodige pointé par Baudelaire qui affirmait : "On trouve dans la couleur, l'harmonie, la mélodie et le contrepoint." La peinture de Brasilier rend visible le monde intérieur de la musique, tout comme elle visualise le monde caché de la réalité. »
Lydia Harambourg, « Le temps poétique d'André Brasilier », in. André Brasilier, Lausanne : Acatos, 2002, pp. 102 - 103
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