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MOÏSE KISLING (1891 - 1953)
Vendu : 39 000 €
Les frais s'entendent commission et taxes comprises.
MOÏSE KISLING (1891 - 1953)
Femme au châle rouge, 1923
Huile sur toile
Signée en bas à gauche
55 x 46 cm - 21 5/8 x 18 1/8 in.
PROVENANCE
- Galerie de l'Élysée, Alex Maguy, Paris (n°1358)
- Collection particulière, France (acquis auprès de cette dernière puis par descendance)
BIBLIOGRAPHIE
Joseph Kessel [Texte de], Kisling, 1891 - 1953, Paris : Jean Kisling, 1971, décrit et reproduit pl. XIV, p. 113 (dimensions erronées)
« Je suis persuadé que si l'on parvient à modifier les caractères, les tempéraments ne changent pas. Les dons qu'on a bien voulu m'accorder dès l'âge de 15 ans sont restés semblables à eux-mêmes. Ce que j'ai acquis, c'est une faculté d'observation qui me permet de remonter maintenant vers une raison plus intime des choses. Je ne fais pas des portraits psychologiques, mais j'essaie, par l'ambiance, le costume, l'aspect extérieur du corps, la vie intense du regard ou des mains, de situer mes personnages dans leur existence courante. »
Moïse Kisling, 1924
Lorsque Kisling arrive à Paris en 1910, ses premières oeuvres sont imprégnées de l'influence française. Il a reçu, à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, l'enseignement du peintre polonais Joseph Pankiewicz, qui était lui-même un admirateur de Cézanne, de Renoir, des Nabis, et passait à Paris la plupart de ses moments de liberté. Il est alors âgé de dix-neuf ans et possède une maîtrise qui ne lui fait pas éprouver le besoin de poursuivre un apprentissage à l'École des Beaux-Arts ou dans une académie de peinture. [...] À Paris, Kisling se lie rapidement avec les artistes du Bateau-Lavoir, rencontre Modigliani avec lequel se noue une solide amitié, et est très tôt remarqué par Adolphe Basler qui devient son marchand. De 1912 à 1913, il effectue un long séjour à Céret où il retrouve Juan Gris, Picasso et Max Jacob. Ses paysages du Roussillon sont caractéristiques d'une interprétation très cézannienne de l'espace, qui synthétise les volumes en les réduisant à leur forme géométrique. Mais, contrairement à ses amis cubistes, il refuse de rompre avec le réel. Il mène cependant quelques expérimentations discrètes de déstructuration de l'espace et d'éclatement de la forme, que l'on peut observer dans un nombre limité de natures mortes et de portraits. [...] Après avoir été réformé en 1915 à la suite d'une blessure de guerre - il s'était engagé comme volontaire dans la Légion Étrangère dès la déclaration de guerre - il voyage en Provence, découvre avec enthousiasme la région de Saint-Tropez où il séjournera dès lors régulièrement et s'installera plus tard. Il accède à une libéralisation totale de la couleur, à une définition rigoureusement construite de l'espace, à une simplification et à une netteté des lignes qui concourent à une représentation naïve du sujet. Mais c'est à partir des années vingt que Kisling s'oriente vers une approche hyper-réaliste, sans éliminer toutefois la complexité de certaines constructions, sensible notamment dans les différentes vues de port de l'Entre-deux guerres. Sa facture désormais lisse et brillante est également caractérisée par une gamme chromatique flamboyante. Sa production est dominée par les nombreux portraits et nus féminins qu'il réalisa jusqu'à la fin de sa vie : jeunes adolescents à l'expression mélancolique, modèles anonymes de différentes origines sociales, personnalités du monde intellectuel et artistique, actrices de cinéma au sommet de leur gloire, nues ou vêtues de robes aux broderies somptueuses. Les références à la peinture ancienne sont multiples. Comme Derain ou Modigliani, Kisling regarde vers les primitifs et emprunte tout autant à la Renaissance italienne qu'au maniérisme florentin. Il développe un réalisme attentif et raffiné, que le hiératisme de ses personnages, les atmosphères silencieuses et les lumières diaphanes de ses compositions rapprochent par bien des aspects du réalisme magique. Inquiété par le régime allemand dès le début de la Deuxième guerre pour ses positions contre le nazisme qu'il n'a pas hésité à afficher publiquement, il est contraint à l'exil. Il se rend d'abord au Portugal avant de rejoindre les Etats-Unis d'où il ne reviendra qu'en 1946, achevant sa carrière dans les conjugaisons multiples d'un nouveau classicisme qu'il avait inventé une vingtaine d'années auparavant, et dont la force réside dans l'étonnante coexistence du primitif et du décoratif, dans la puissance de ses formes simplifiées qui guident directement le regard vers l'essentiel. »
Maïthé Vallès-Bled, Kisling, cat. expo., Lodève, Musée de Lodève, 14 juin-2 novembre 2008, Esparon : Études & Communications éditionsMusée de Lodève, 2008, pp. 17-18
Femme au châle rouge, 1923
Huile sur toile
Signée en bas à gauche
55 x 46 cm - 21 5/8 x 18 1/8 in.
PROVENANCE
- Galerie de l'Élysée, Alex Maguy, Paris (n°1358)
- Collection particulière, France (acquis auprès de cette dernière puis par descendance)
BIBLIOGRAPHIE
Joseph Kessel [Texte de], Kisling, 1891 - 1953, Paris : Jean Kisling, 1971, décrit et reproduit pl. XIV, p. 113 (dimensions erronées)
« Je suis persuadé que si l'on parvient à modifier les caractères, les tempéraments ne changent pas. Les dons qu'on a bien voulu m'accorder dès l'âge de 15 ans sont restés semblables à eux-mêmes. Ce que j'ai acquis, c'est une faculté d'observation qui me permet de remonter maintenant vers une raison plus intime des choses. Je ne fais pas des portraits psychologiques, mais j'essaie, par l'ambiance, le costume, l'aspect extérieur du corps, la vie intense du regard ou des mains, de situer mes personnages dans leur existence courante. »
Moïse Kisling, 1924
Lorsque Kisling arrive à Paris en 1910, ses premières oeuvres sont imprégnées de l'influence française. Il a reçu, à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, l'enseignement du peintre polonais Joseph Pankiewicz, qui était lui-même un admirateur de Cézanne, de Renoir, des Nabis, et passait à Paris la plupart de ses moments de liberté. Il est alors âgé de dix-neuf ans et possède une maîtrise qui ne lui fait pas éprouver le besoin de poursuivre un apprentissage à l'École des Beaux-Arts ou dans une académie de peinture. [...] À Paris, Kisling se lie rapidement avec les artistes du Bateau-Lavoir, rencontre Modigliani avec lequel se noue une solide amitié, et est très tôt remarqué par Adolphe Basler qui devient son marchand. De 1912 à 1913, il effectue un long séjour à Céret où il retrouve Juan Gris, Picasso et Max Jacob. Ses paysages du Roussillon sont caractéristiques d'une interprétation très cézannienne de l'espace, qui synthétise les volumes en les réduisant à leur forme géométrique. Mais, contrairement à ses amis cubistes, il refuse de rompre avec le réel. Il mène cependant quelques expérimentations discrètes de déstructuration de l'espace et d'éclatement de la forme, que l'on peut observer dans un nombre limité de natures mortes et de portraits. [...] Après avoir été réformé en 1915 à la suite d'une blessure de guerre - il s'était engagé comme volontaire dans la Légion Étrangère dès la déclaration de guerre - il voyage en Provence, découvre avec enthousiasme la région de Saint-Tropez où il séjournera dès lors régulièrement et s'installera plus tard. Il accède à une libéralisation totale de la couleur, à une définition rigoureusement construite de l'espace, à une simplification et à une netteté des lignes qui concourent à une représentation naïve du sujet. Mais c'est à partir des années vingt que Kisling s'oriente vers une approche hyper-réaliste, sans éliminer toutefois la complexité de certaines constructions, sensible notamment dans les différentes vues de port de l'Entre-deux guerres. Sa facture désormais lisse et brillante est également caractérisée par une gamme chromatique flamboyante. Sa production est dominée par les nombreux portraits et nus féminins qu'il réalisa jusqu'à la fin de sa vie : jeunes adolescents à l'expression mélancolique, modèles anonymes de différentes origines sociales, personnalités du monde intellectuel et artistique, actrices de cinéma au sommet de leur gloire, nues ou vêtues de robes aux broderies somptueuses. Les références à la peinture ancienne sont multiples. Comme Derain ou Modigliani, Kisling regarde vers les primitifs et emprunte tout autant à la Renaissance italienne qu'au maniérisme florentin. Il développe un réalisme attentif et raffiné, que le hiératisme de ses personnages, les atmosphères silencieuses et les lumières diaphanes de ses compositions rapprochent par bien des aspects du réalisme magique. Inquiété par le régime allemand dès le début de la Deuxième guerre pour ses positions contre le nazisme qu'il n'a pas hésité à afficher publiquement, il est contraint à l'exil. Il se rend d'abord au Portugal avant de rejoindre les Etats-Unis d'où il ne reviendra qu'en 1946, achevant sa carrière dans les conjugaisons multiples d'un nouveau classicisme qu'il avait inventé une vingtaine d'années auparavant, et dont la force réside dans l'étonnante coexistence du primitif et du décoratif, dans la puissance de ses formes simplifiées qui guident directement le regard vers l'essentiel. »
Maïthé Vallès-Bled, Kisling, cat. expo., Lodève, Musée de Lodève, 14 juin-2 novembre 2008, Esparon : Études & Communications éditionsMusée de Lodève, 2008, pp. 17-18
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