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ÉDOUARD-LOUIS DUBUFE — PARIS, 1819 - 1883, VERSAILLES

Vendu : 9 750

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ÉDOUARD-LOUIS DUBUFE — PARIS, 1819 - 1883, VERSAILLES
Liebestraüme ou Rêves d'amour
Daté en bas à droite 1839
Huile sur toile (toile d'origine)
81,2 x 65 cm

Fils de Claude-Marie Dubufe (1790 - 1864), Édouard est tout d'abord l'élève de son père avant qu'il n'entre dans l'atelier de Paul Delaroche (1797-1856). Ses talents de portraitiste comme son appétence pour le genre sont bientôt connus du tout-Paris et lui permettent de bénéficier de nombreuses commandes. À la manière d'Ingres (1780 - 1867), à la suite de Chassériau (1819 - 1856), Dubufe porte une attention toute particulière à la ligne qui domine, au soin apporté aux visages, à un rendu fin et léché des chairs comme des étoffes.
Portrait d'une anonyme aux accents délicieusement italianisants, la jeune femme s'est assise, accoudée d'un bras au parapet au-delà duquel porte son regard. Vêtue d'une ample robe à l'allure simple, le haut du vêtement dégage la peau nue de ses épaules offertes dans un écrin d'étoffes autour desquelles il s'enroule. Suivant l'enseignement d'Ingres, Dubufe est un adepte de la ligne qui définit le « vrai », le « beau », son pinceau soumettant la réalité à une harmonie des formes la plus parfaite qui soit. De la naissance de ses cheveux au bas fuyant de la robe, la ligne ondule et se déroule, soulignant la grâce infinie de la pose qui nous ravit. Les cheveux enroulés, le soin délicat apporté au dessin de l'oreille, l'arc parfait du sourcil écho à celui de la paupière comme le tracé du profil ou la nuque gracile sont autant d'attention portée au dessin qui se fait souple, naturel, lié. Le pinceau lui, parcourant les matières, passe de celle du tissu blanc aux plis prononcés, épais, moelleux, à la soie bleue traitée avec davantage de finesse, suggérant une étoffe plus élégante.
Si la palette décline les quelques teintes employées en nuances qui se répondent : le bleu, le rose et le blanc de la robe se retrouvent plus fondus dans le ciel tandis que le cerne écarlate qui définit les contours des chairs vient rehausser les joues du modèle au teint de porcelaine. Celleci dans sa langueur, semble ne se préoccuper ni du peintre, ni de l'oeil indiscret de la compagnie de passage que nous sommes. Doux rêves d'amour, espérances éteintes, coeur qui soupire, ses yeux qui nulle part ne se posent, laissent latentes de tendres ou douloureuses pensées pour cette âme à l'aura poétique.