Bram VAN VELDE (1895-1981)

Lot 50
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Estimation :
15000 - 20000 EUR
Bram VAN VELDE (1895-1981)

Carmen, La Haye, vers 1917-1920

Huile sur toile Signée en haut à droite (Rentoilage)

110 × 80 cm - 43 1/4 x 31 1/2 in.


PROVENANCE

- Collection Eduard H. Kramers, La Haye

- Sa vente, Mak van Waay, Amsterdam, 1er mai 1973, lot 225

- Vente, Tableaux modernes, Arcole, Paris, Hôtel

Drouot, 24 juin 1988, lot 170

- Vente, Anonyme, Mes Martin et Desbenoit, Versailles, Hôtel des Ventes des Chevau-Légers, 25 juin 1989, lot 64 (titré Le Toréador et daté «vers 1917 - 1920»)

- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente)


EXPOSITION

Bram Van Velde, Paris, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, 19 octobre 1989 - 1er janvier 1990


BIBLIOGRAPHIE

Rainer Michael Mason, «La croissance d'un arbre, Notes sur l'individuation du style de Bram Van Velde», in. Bram Van Velde, cat. expo., Paris, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, 19 octobre 1989-1er janvier 1990, Paris : Éditions du Centre Pompidou, décrit p. 43 et reproduit p. 42, fig. 1 «Worpswede [ville au nord de Brême où séjourne Bram van Velde de fin mai 1922 à septembre 1924, moment de son installation à Paris] constitue le moment copernicien. Bram van Velde a vingt-sept ans. Il cherche une vérité à travers l'expression de ce qui vit en lui et il va rencontrer l'art moderne, désapprendre, s'enraciner dans une attitude et un langage irrémédiablement nouveaux. Quand il quittera la petite colonie d'artistes que Rainer Maria Rilke avait rendue célèbre par sa monographie de 1903, il aura dépouillé le vieil homme, le premier Bram van Velde n'existera plus. Car cela fait déjà quinze ans qu'il tient le pinceau.

Or que subsiste-t-il de cette production-là ?

Le répertoire Putman de 1961 ne recense qu'une demi-douzaine d'oeuvres, entre 1907 et 1916 : des dessins aquarellés aux notations vives dans leur poids même, en particulier les " Promeneuses ", une copie de musée, exercice habituel dans un apprentissage, et un autoportrait de 1914 qui témoigne d'un métier aussi solide que l'écrin bourgeois figuré. Au vrai, nous savons si peu de cette période de formation et d'accomplissement initial ! Les huiles et aquarelles (elles, parfois légères) qui sortent sur le marché depuis quinze ans entraînent au premier chef des questions : si telle toile un peu vulgaire de touche et de conception, figurant sous le nom de " Carmen " le désir oblique doit bien être attribuée à l'artiste, quelle perplexité devant cette " Femme se tenant près d'une table avec des fleurs et des fruits " ou devant cette " Femme au poteau de torture " !

Couleurs sombres, air rare, mélanges sales avec quelques éclats au sein d'une matière épaisse d'où se détache une carnation léchée, symbolisme pour bourgeois vertueux mais attirés par l'art qui se fait : voilà un Bram van Velde qui consterne l'amateur d'aujourd'hui. Ces oeuvres semblent pourtant provenir du fonds Kramers, le patron puis le mécène de Bram van Velde. À parcourir le catalogue de la vente amstellodamienne de 1973, on entrevoit ce qui sortit alors de son atelier : natures mortes, bouquets, scènes de genre (Salomé), portraits, autoportraits, scènes bibliques, femmes - arabe sur une terrasse, au supplice ou au tub.

Académiques et pompiers, certes, mais ces tableaux certifient avant tout un savoir-faire et, selon la date, une virtuosité qu'il partage avec d'autres artistes du XXe siècle, auteurs, plus tard, de bouleversements. Si ces travaux de jeunesse réapparaissent au fil des années, on vérifiera sans doute l'influence de Georg Hendrik Breitner (1857 - 1923), ce réaliste plus près de Hals que de l'impressionnisme, témoin du peuple, des paysages et des villes de son pays. Mais on reconnaîtra peut-être aussi Brouwer, Courbet, Delacroix, Géricault, Rembrandt, et les peintres que Bram van Velde regarda à La Haye vers 1915, ceux aussi qu'il désigne en visitant le Louvre. Ce lourd bagage d'emphase et de convention, de belle ouvrage et de dons brillants, le jeune artiste l'emporte à Worpswede, où il s'en détachera pour toujours.»

Rainer Michael Mason, «La croissance d'un arbre, Notes sur l'individuation du style de Bram van Velde», in. Bram van Velde, cat. expo., Paris, Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou, 19 octobre 1989 - 1er janvier 1990, Paris : Éditions du Centre Pompidou, 1989, p. 43

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