Henri-Édmond CROSS (1856-1910)

Lot 18
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Henri-Édmond CROSS (1856-1910)

Paysage de Provence en bord de mer, vers 1885-1889

Huile sur toile

Cachet du fabricant de toiles ‘Paul Foinet/ (Van Eyck)/54 rue N.D. des Champs/Toiles & Couleurs fines' au dos (Déchirures)

99,5 x 154 cm - 39 1/8 x 60 5/8 in.


Monsieur Patrick Offenstadt a confirmé l'authenticité de cette oeuvre. Un avis d'inclusion au Catalogue raisonné de l'oeuvre de Henri-Edmond Cross, en date du 7 septembre 2022, sera remis à l'acquéreur.


PROVENANCE

Collection particulière, France (acquis sur le marché de l'art parisien et offert à son actuel propriétaire en 1976)


OEUVRE EN RAPPORT

Henri-Edmond Cross (1856 - 1910), Blanchisseuses en Provence, 1885 - 1889, huile sur toile, 83 x 150 cm, Paris, Musée des arts décoratifs, don Paul Signac et Ker-Xavier Roussel, 1929, Inv. 27457


NOTE

Le Guide Labreuche indique que la marque «Paul Foinet/(Van Eyck)» est en usage de 1884 à 1897. Il note à son propos : «Paul Foinet (1834 - 1910), selon le témoignage de Will H. Low, était surnommé Van Eyck en raison de sa prétendue ressemblance physique avec le maître flamand. La mention ‘Van Eyck' accompagne la plupart des marques apposées au dos des toiles de la maison. Il ne s'agit pas d'une enseigne à proprement parler.»


HENRI-EDMOND CROSS

Paysage de Provence en bord de mer


«Après 1883, Cross peint essentiellement des paysages, qu'il trouve autour de lui à Paris, au jardin du Luxembourg, ou à l'étranger à l'occasion d'un voyage en Hollande et en Belgique à l'automne 1886. Mais c'est en Provence que réside sa plus grande source d'inspiration : en 1887, il exécute une série de paysages aux alentours d'Èze et de Nice, dans lesquels toute présence humaine disparaît, au profit de vues éclatantes de couleurs et de la lumière du Midi. Son style évolue également, et le peintre se rapproche de plus en plus de l'esthétique impressionniste à travers une touche plus rapide, plus fragmentée, traduisant ainsi la vibration de l'air et de la lumière sur les éléments. Très tôt, Cross a été confronté à l'impressionnisme, et a développé une admiration particulière pour Claude Monet (1840-1926), comme en témoigne une lettre envoyée à Angrand : " J'ai été emballé par ce peintre pour la première fois en 84. " À l'automne 1890, il séjourne à Chamouilley, en Haute-Marne, et y exécute une série de paysages dont l'un, Femmes lia[nt] la vigne, évoque, par l'inspiration paysanne et par la touche granuleuse, certaines oeuvres d'un autre maître impressionniste, Camille Pissarro (1830-1903).

De toute évidence prolifique, le début de la carrière de Cross reste néanmoins relativement ignoré, ses oeuvres de jeunesse étant bien moins connues que ses tableaux de maturité. En effet, une trentaine d'oeuvres seulement (toiles et études peintes) sont répertoriées pour les dix premières années de sa carrière, ce qui paraît peu compte tenu de son importante participation aux différents Salons et de sa production ultérieure. Il semblerait que la plupart de ses premiers tableaux ait été conservés dans son atelier ou par son entourage - famille et amis. La présente exposition a été l'occasion de retrouver certaines de ces oeuvres de jeunesse dans des collections particulières, dont un Portrait de Gaston Desfontaines, cousin de l'artiste, qui témoigne de la pratique du portrait en plein air et ce dans un style plus proche de l'impressionnisme. D'autres, comme Blanchisseuses en Provence, ont pu gagner les cimaises d'un musée grâce aux amis du peintre : en 1929, cette oeuvre a fait l'objet d'un don au Musée des Arts Décoratifs de Paris, de la part de Signac et Ker-Xavier Roussel (1867 - 1944). Cette grande toile décorative, exemplaire des compositions lumineuses et aux harmonies douces peintes par l'artiste à ses débuts, n'a pourtant jamais été exposée de son vivant, et est ici montrée au public pour la première fois. Cette méconnaissance relative des premiers tableaux de Cross est probablement due à un choix du peintre luimême, qui décidera, après 1891, de ne plus exposer ou mettre en valeur ses premières oeuvres. Avant son déménagement dans le Midi en 1891, il vend, " pour pas grand-chose ", un lot de neuf toiles à un marchand parisien dont il a, à peine un an plus tard, " oublié le nom ". De même, à l'occasion de sa première exposition personnelle en 1894 à la " boutique néo ", rue Lafitte, il présente quelques tableaux plus anciens, mais déconseille à Signac d'aller chercher chez sa famille des oeuvres de jeunesse : " Les quelques toiles qui sont chez mes parents sont d'une autre manière et détruiraient l'harmonie. " En adhérant à l'esthétique néo-impressionniste en 1891, Cross semble ainsi vouloir faire table rase de sa production antérieure.»


Frédéric Frank, Marina Ferretti Bocquillon, Ortrud Westheider et Michael Philipp [sous la direction de], Henri-Edmond Cross : peindre le bonheur, cat. expo., Giverny, Mu

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