54

ROBERT LEFÈVRE BAYEUX, 1755 - 1830, PARIS

Vendu : 15 600

Les frais s'entendent commission et taxes comprises.

Retour à la vente
ROBERT LEFÈVRE BAYEUX, 1755 - 1830, PARIS
Portrait d'un père et de son enfant

Portrait d'une mère et de son enfant

Huiles sur toiles (paire, toiles d'origine)

Signées au milieu vers la gauche Rob. Lefèvre

66 x 54,5 cm | 64,5 x 53,5 cm



Elève dès 1784 de Jean-Baptiste Regnault, peintre du Roi, Robert Lefèvre ne tarde pas à captiver l'intérêt de ses contemporains.

La technique du peintre est saluée notamment au Salon de 1791 quant à une toile illustrant une jeune personne en Bacchante : « On dirait que cet aimable peintre a dérobé aux grâces leur coloris ».

À force d'expositions en Salons, la réputation de l'artiste s'affirmant, Robert Lefèvre est de son vivant un portraitiste comparé aux plus grands, tels Gérard (1770/1837) et Gros (1771 - 1835).

Portraitiste successif de Louis XVI, du Premier Consul, de l'Empereur et des Bourbons de la Restauration, l'artiste sans se positionner politiquement, ne voue de culte qu'à son art à la portée nécessairement testimoniale. La peinture est à ce titre un véritable outil de légitimation politique ayant pour finalité d'accroitre la popularité du portraituré.

Les commandes officielles affluent à l'atelier de Robert Lefèvre grâce à Vivant Denon, directeur général du Musée Napoléon qui l'introduit largement en tant qu'iconographe officiel du Premier Empire. La ressemblance qu'il attribue aux sujets de ses portraits est à même d'emporter le favoritisme de l'Empereur à son égard, aussi, il s'est largement attelé à peindre les personnalités politiques et militaires proches de Napoléon.

Ces deux portraits dévoilent père et fille, mère et fils enserrés dans un instant d'intimité familiale et de complicité parentale. Portrait d'un père et de son enfant, révèle un père tenant sa fille reposant manifestement sur sa cuisse. L'enfant, le visage légèrement incliné sur la gauche, est représenté les bras entourant affectueusement son père. La délicatesse des mains et bras s'attachant à l'être de parenté, renforce la proximité de ces deux portraiturés. Si, Robert Lefèvre était l'un des portraitistes favoris de son temps, cela s'explique aisément par la vérité de l'imitation qu'il attache à ses sujets en peinture.

À ce titre, troublante est la similitude entre les visages du père et de sa fille, réconfortante est la démonstration de vérité incarnée dans leur relation.

Portrait d'une mère et de son enfant, livre à son tour l'expression de la proximité maternelle, la mère serre son fils contre elle, son menton tend à s'appuyer sur le visage de son enfant.

La vraisemblance observée à l'étude des sujets entre eux atteste de la volonté de Robert Lefèvre de s'approcher au plus près de la vérité de leur histoire.

Outre le fait d'être un témoignage familial, ces portraits sont un inéluctable témoin du Premier Empire, tant par l'affect inhérent du positionnement des sujets sur les toiles que par leur représentation sociale. Effectivement, ces scènes de vies familiales laissent entrevoir sans distance l'intimité de cette famille, aussi leurs vêtements reflètent spécifiquement de l'iconographie du Premier Empire. L'habit civil du père avec la chemise en coton nouée, la robe inspirée des péplos romains dit de « Style Empire » sont tous deux finalement le reflet d'une période historique en proie au régime despotique et autoritaire de Napoléon.

Nous sommes heureux de vous présenter à la vente ces deux tableaux qui seront inclus au catalogue raisonné en préparation par la galerie Imperial Art.