MAI TRUNG THU (1906-1980)

Lot 5
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200000 - 300000 EUR
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Résultat : 258 800EUR
MAI TRUNG THU (1906-1980)

La danse du foulard, 1979

Encre et couleurs sur soie, signée et datée en bas à droite

Dans le cadre d’origine réalisé par l’artiste

81 x 31 cm - 31 7/8 x 12 1/8 in.

Ink and color on silk, signed and dated lower right. In the original frame made by the artist.


Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier sera remise à l’acquéreur


PROVENANCE

Collection privée, France (acquis au tout début des années 1980)

Puis par descendance, Annecy (transmis du précédent dans les années 1990)


Si Mai Trung Thu est principalement connu pour ses oeuvres sur soie, il manie également avec dextérité le bois lors de la création des cadres accompagnant ses gouaches. Sa sensibilité artistique s’exprime aussi à travers la musique. Jouant du doc-huyen, instrument traditionnel à corde, il participe à des concerts lors de son séjour parisien. Le musicien s’intéresse tout particulièrement à la musique de Hué, « nhac nhac », qui peut se traduire par « musique élégante ». Regroupant les divers styles de musiques et de danses traditionnelles ayant appartenu à la cour royale de Hué, le « nhac nhac » fait aujourd’hui partie de la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Crée sous la dynastie Le (1427-1788), cette musique royale accompagnée de danses symbolise le Vietnam. Professeur de dessin un temps à Hué, Mai Thu a côtoyé ces musiciens. Si l’artiste s’est finalement consacré à la peinture, son amour pour la note ne le quitte pas et c’est en musique qu’il peint. Cet attrait se retrouve également régulièrement au coeur de son oeuvre à travers ces femmes musiciennes maintes fois représentées

La danse du foulard est particulièrement unique car elle aborde un autre aspect de cet art du spectacle. Délaissant les instruments de musique, Mai Thu offre ici la représentation d’une danseuse. Celle-ci se distingue par un raffinement particulièrement soigné. Elle ne porte pas le traditionnel ao dai sobre mais une tenue aux influences chinoises faite d’un superbe tissu brodé. Son col fermé en cache-coeur et laissant apparaître un cou gracile est composé d’un autre tissu évoquant le motif cachemire. L’attention portée aux détails se retrouve dans la coiffure très étudiée. Un chignon est retenu par une guirlande de fleurs agrémentée d’un bandeau fluide. La bouche joliment rehaussée de rose complète cette vision d’élégance.

Si cette jeune femme se distingue des représentations habituelles de l’artiste par son rare raffinement, un élément caractéristique se retrouve. Ainsi le foulard qu’elle tient entre ses bras mais aussi celui qui ceint sa tenue sont emblématiques. Permettant un jeu de mouvement, ces foulards dessinent une ligne serpentine, chère aux maniéristes de la Renaissance.

Réalisée l’avant-dernière année de sa vie, La danse du foulard met en lumière la maîtrise de l’artiste. Bien que reprenant la méthode enseignée à l’École des Beaux-Arts d’Hanoï, Mai Thu enrichit cette technique en procédant à des lavages successifs de la soie afin de favoriser l’harmonie des couleurs à travers des tonalités douces.

Si cette oeuvre ravit l’oeil du spectateur grâce à son esthétisme abouti elle évoque à elle seule les trois grandes passions de l’artiste. La musique, le travail de la soie mais aussi du bois sont tous trois traités de façon remarquable.

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