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NAPOLEON III (1808-1873).

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NAPOLEON III (1808-1873).

L.S. « Napoléon Louis Bonaparte », Citadelle de Ham 22 mai 1841 |
3 pages et quart in-8.

Protestation du prisonnier de Ham, contre l’illégalité
de sa détention, et l’inhumanité de son traitement.
[Destinée à la presse, cette « Protestation » porte en tête une note
d’une autre main pour insertion dans un journal.]


« Depuis neuf mois que je suis entre les mains du gouvernement français
j’ai supporté patiemment tous les outrages, mais je ne veux pas me taire
plus longtems et autoriser l’oppression par mon silence. […] La politique
a ses droits que je ne conteste pas | que le gouvernement agisse envers
moi comme envers son ennemi et qu’il m’ôte les moyens de lui nuire,
il sera juste | mais au contraire il sera inconséquent et mesquin s’il me
traite moi fils de roi, neveu d’un empereur et allié à tous les souverains de
l’Europe, comme un prisonnier vulgaire »… Prince français de naissance,
il a droit au respect et aux égards… « Quant à ma position légale la Cour
des Pairs a créé pour moi une peine exceptionnelle. En me condamnant
à une prison perpétuelle elle n’a fait que légaliser l’arrêt du sort qui me
rendait prisonnier de guerre. Elle a tâché d’allier l’humanité à la politique
en m’infligeant la peine la plus douce le plus longtems possible »… Il se
plaint de mesures vexatoires en vigueur à Ham et qui font qu’au milieu de
« cette France que le chef de ma famille a rendue si grane, je suis comme
un excommunié du treizième siècle, tout le monde fuit à mon approche »…
Aucune de ces mesures ne fut prise envers les ministres de Charles X
dont il occupe les chambres. « Et cependant les ministres n’étaient pas
nés sur les marches du trône. Ils n’avaient pas été condamnés au simple
emprisonnement, mais à une peine plus sévère, la déportation. Ils n’étaient
pas enfin les représentans d’une cause qui est l’objet de la vénérat