296

Van DONGEN Kees (1877 - 1968)

The item was sold for 3 900

Fees include commission and taxes.

Back to auction
Van DONGEN Kees (1877 - 1968)
16 L.A.S. «Kiki» et 3 cartes postales a.s., Paris septembre-octobre 1925, à «Madame VAN DONGEN» à Naples, Capri puis à Rome | 32 pages la plupart in-4 à son adresse 5, Rue Juliette-Lamber, 15 enveloppes, et 3 cartes illustrées avec adresse.
Belle correspondance à sa femme Jasmy, avec une lettre illustrée d'un grand autoportrait.
[Léa Jacob, dite JASMY († 1950), peintre, styliste et décoratrice, importante figure mondaine de la mode et des arts, fut la compagne de Van Dongen de 1916 à leur divorce en 1927. Elle s'installe avec lui 29 Villa Saïd, puis en 1921 dans l'hôtel particulier du 5 rue Juliette-Lamber (XVIIe), acheté au nom de Jasmy.]
Mercredi matin [9 septembre]. «De froid, d'ennui et de tristesse je travaille mais le coeur n'y est pas - serait-il à Napoli»... Il travaille à son REMBRANDT, «mais plus j'avance plus cela me parait bête. Je fais aussi de la peinture c'est moins bête»...
Vendredi matin [11 septembre]. Nouvelles d'amis, dont Ernest : «Il a encore fait une blague mais c'est la dernière. Il est mort»... Il retranscrit une lettre de Pierre Borel, journaliste à Nice... «Je travaille activement à mes dessins de Deauville et aussi à ce Rembrandt mais plus je vais plus cela me parait bête ce livre, et embêtant à faire. C'est bien la dernière fois que j'écris un livre»...
Lundi 14 septembre. Il est allé au Louvard : «Mes pauvres raisins ont eu trop froid il n'y aura pas une seule grappe. Les tomates sont toutes vertes. Les allées aussi. Il n'y a que peu de petits lapins. [...] Les pigeons couvent. La poule ne pond pas encore. [...] Jusqu'à présent pas d'affaires. Peu de monde à Paris, mais j'ai assez à faire pour préparer mon exposition. Mange, ma colombe, n'a pas peur d'être trop grosse. Nous allons vers l'hiver et je n'aime que les grosses femmes tu le sais bien»... Il a reçu une invitation pour aller voir Le Cocu magnifique [de CROMMELYNCK] au théâtre des Mathurins, «mais j'aime encore mieux le cinéma. C'est plus poëtique. Mercredi j'ai été à la boxe. C'est beau aussi. J'aime mieux ça que tous vos vieux tableaux vos vieux monuments et vos vieilles statues. Que ça doit être embêtant tous ces vieux machins»... 15-9. Jasmy est arrivée à Capri : «Reposes toi et ne fais pas trop de randonnées fatigantes»... Il a vu Agorio la veille : «Il est toujours aussi fou et parle de plus en plus mal le français»... Il travaille à ses vues de Versailles, «qui commencent à avoir l'air de quelque chose. Je suis en plein boulot - heureusement car il n'y a pas encore beaucoup de monde à Paris et rien de neuf à voir. Au revoir ma crotte bleue ne te fatigue pas, ne dépense pas trop d'argent et pense un peu au pauvre kiki qui doit travailler - à son âge - pour gagner sa vie et celle de sa mère dénaturée»... Au dos, lettre et dessin de Pierre PLESSIS : «Le cavalier bleu est parti à votre recherche !»...
Mercredi 16 septembre. Il lui a envoyé 4 lettres, dans lesquelles il a devancé ses questions : «Travail ? travaille. [...] Le Louvard ? j'y étais dimanche. [...] Les affaires ? J'ai déjà raté ? trois affaires et donc perdu 120000 francs, c.à d. affaire BOLLACK portraits d'enfants 50000 plus entendu parler. Affaire DEVAMBEZ le père WEIL que j'ai rencontré et avec qui on a parlé de l'illustration d'un livre 30000 frcs. plus de nouvelles.»... Enfin une vente de trois tableaux de Paris pour 40000 francs n'a finalement pas été conclue : «Il faut donc ne pas trop dépenser. Enfin il vaut mieux avoir des tentatives d'affaires que rien du tout. Mais c'est étonnant car on dit malheureux en amour, heureux en affaires»... Il s'est bien amusé à Deauville... Il se prépare pour la prochaine exposition : «Je voudrais qu'elle soit tout à fait réussi alors il y a du boulot»... Il va dîner demain chez Paulette Pax: «Je ne te tromperai pas avec elle, ni avec d'autres car malgré ton infamie je t'aime»...
Ce vendredi [18 septembre]. «Es-tu bien à l'hôtel de la Crotte bleue ? [...] Et comment trouves-tu cette vie d'indépendante ? Es-tu contente au moins ou sens-tu que tu as besoin d'un kiki ronchonneur et désagréable ?»... Le Salon d'Automne est avancé, il ouvrira le 26. Il y a envoyé son portrait de NAZIMOVA... Il a beaucoup de travail avec l'encadrement de tous ses dessins de Deauville et de La Garçonne [illustrations du roman de Victor MARGUERITTE, 1925] : «Je pense que mon exposition sera amu­sante, tableaux et dessins»... Il a finalement été voir Le Cocu Magnifique : «C'est pas magnifique du tout. Très embêtant ampoulé et vaseux. [...] Pour la rigolade je n'ai pas mon compte, mais il n'y a rien à faire il faut travailler pour payer les contributions et les taxes sur les biens oisifs. Mais les biens oisifs s'en foutent la preuve, toi. Mais je ne veux pas t'engueuler je veux que tu t'amuses gentiment»... Il n'a pas la chance de voir la mer comme elle, «mais je me venge je peins tous les cadres en bleu tu vas sûrement trouver ça affreux mais comme ça sera fait quand tu rentreras, il n'y aura qu'à accepter le bl