Qu’il évoque le bruit sourd d’une journée enneigée telles celles de Monet, Pissaro ou Hokusai, qu’il rende hommage à la pureté du teint d’une élégante au vêtement immaculé avec Klimt ou Lempicka, ou qu’il provoque une révolution artistique avec Malévitch, le blanc présente quelques nuances que nombre d’artistes sondent dans leurs moindres subtilités.

Sans être réellement une couleur mais plutôt une nuance dans le cercle chromatique, le traitement du blanc et de sa matière permet au peintre d’évoluer d’un blanc chaud, presque ocre, à un autre plus froid et légèrement bleuté, et de présenter un éclatant jeu de lumière tout en contraste.

Avec Jeune femme à la robe blanche, circa 1941-1943, Vu Cao Dam réussit avec brio cet exercice délicat.

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Vũ Cao Đàm (1908 - 2000) Jeune femme à la robe blanche , circa 1941-1943

Arrivé en France en 1931 et formé selon les principes académiques, le peintre vietnamien fait ici le choix d’une composition, volontairement épurée, pour mettre en lumière la dignité et la sobriété de son modèle, probablement inspiré de sa propre nièce, Nguyễn Thị Kim Hòa (Yannick Vu, op.cit., p. 186).

Vũ Cao Đàm accorde une place centrale au portrait, considéré comme l’un des genres majeurs depuis la classification établie par l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1668. S’appuyant sur une iconographie héritée de la Renaissance italienne, il représente une figure féminine vietnamienne idéalisée, conforme aux canons de beauté asiatiques : teint ivoirin, cheveux d’un noir profond, visage aux traits doux, empreints de retenue et de sensibilité.

La jeune femme est vêtue d'un áo dài blanc et coiffée du khăn tang, cette coiffe constituée d'un long tissu blanc, portée au Vietnam lors des funérailles familiales. Au moyen de ce subtil camaïeu de blancs et de gris, la figure se dessine avec finesse, faisant naître des contrastes entre l’intensité des cheveux et du regard, et la douceur du visage, et renforce la solennité de son habit.