Il y a trois ans, le marché redécouvrait en effet le premier buste de l’enfant Guiffrey, vendu lors de la vacation du 23 mars 2023 (lot n°221). L’œuvre, saluée pour sa qualité et son intensité, avait depuis rejoint une institution américaine majeure. C’est désormais la version première "moulée sur nature" qui réapparaît.
L’origine de cette œuvre est profondément marquée par le deuil. La disparition d’un enfant de trois ans donna lieu à une commande singulière : celle de deux bustes originaux exécutés par Chinard : l'un retiré de l'autre. Les archives attestent que le modèle fut pris « sur nature », selon un procédé d’une force singulière dans le cadre d’un portrait posthume. La rapidité d’exécution frappe tout autant : en vingt-deux jours seulement, l’artiste mena à bien l’ensemble, comme en témoigne une quittance datée du 10 germinal an XI (31 mars 1803).
Ce document précise les différentes étapes du travail : un premier buste, modelé directement d’après nature en terre, facturé 300 francs ; un moule en plâtre, pour 36 francs (probablemet intermédiaire et détruit) ; enfin, un retirage en terre issu de ce moule, pour 24 francs. C’est ce dernier exemplaire qui fut vendu en 2023. Le buste aujourd’hui présenté correspond, quant à lui, à l’original, celui qui porte toute l’intensité du geste initial.
L’histoire de l’œuvre comporte toutefois un épisode d’attribution erronée. Lors de la rétrospective Chinard de 1909, notre buste aujourd'hui redécouvert alors prêté par Mme A. Doucet fut identifié comme le portrait supposé du fils de Camille Jordan. Une confusion d’autant plus surprenante que figurait, dans la même exposition, le retirage en terre du même modèle, clairement désigné comme le Buste d’Alexis Guiffrey, âgé de trois ans (1803). La parenté des deux œuvres fut d’ailleurs immédiatement relevée par les contemporains, notamment Stanislas Lami.
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Joseph Chinard (1756-1813)
Buste d'enfant, portrait de François Alexis Guiffrey
Signé en face : Chinard à Lyon.
Daté sur le côté : Ventôse an XI.
Hauteur : 43,5 cm
Largeur : 25,5 cm
Profondeur : 16,5 cm
Estimation : 20 000 – 30 000 €
Provenance
Commande de la famille Guiffrey à Chinard, buste exécuté en 1803.
[Quittance de Chinard en date du 10 germinal de l'an XI, notre facturé 300 francs ].
Collection de Madame A. Doucet.
Exposé lors de l'Exposition d'œuvres du sculpteur Chinard, de Lyon au Pavillon de Marsan (palais du Louvre), novembre 1909 - janvier 1910. Catalogue par Paul Vitry. p. 39 n°46 décrit comme : “Buste d'enfant présumé fils de Camille Jordan, député du Rhône. Terre cuite. Н. 0m44. Signé : Chinard à Lyon, Ventose an XI.”
Collection de M. et Mme Henry Viguier
Vente de la collection de M. et Mme Henry Viguier à Paris, Mes Ader-Picard, Palais Galliera, le 21 mars 1968, lot n°36.
Collection particulière aristocratique française.
Bibliographie
Nouvelles archives de l'art français : recueil de documents inédits, Paris, 1873. Pages 438 et 439.
Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Paris, 1909. Page 248.
Catalogue - Exposition d'œuvres du sculpteur Chinard, de Lyon au Pavillon de Marsan (palais du Louvre), novembre 1909 - janvier 1910. Paul Vitry. Page 39, n°46 et n°57.
Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'Ecole française au XVIIIe siècle, 1910, tome I, p. 209.
Willy Günther Schwark, Die Porträtwerke Chinards, thèse de doctorat en histoire de l'art, Albert-Ludwigs-Universität, Fribourg, 1937, Berlin, Film Kurier, 1937 ; p. 94 (reproduit).
Exposition
Exposé lors de l'Exposition d'œuvres du sculpteur Chinard, de Lyon au Pavillon de Marsan (palais du Louvre), novembre 1909 - janvier 1910. Catalogue par Paul Vitry. p. 39 n°46 décrit comme : “Buste d'enfant présumé fils de Camille Jordan, député du Rhône. Terre cuite. Н. 0m44. Signé: Chinard à Lyon, Ventose an XI.”
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La présentation de ce buste aujourd’hui, trois ans après la redécouverte et la vente de son retirage, marque une étape décisive dans la reconstitution de l’histoire de cette œuvre qui s’impose comme l’exemplaire original et le plus abouti du portrait conçu par Chinard en 1803. Témoignage rare et profondément émouvant de la sculpture lyonnaise du début du XIXᵉ siècle, où la maîtrise formelle se conjugue à l’intensité du souvenir et du deuil.
Prochaine vente en préparation
Arts classiques
Jeudi 21 mai 2026, 14H30
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