Ventes
ASIAN WEEKS
VENTE [44] PEINTRES D'ASIE : CHINE, VIETNAM
ARTS D’ASIE
Ventes aux enchères publiques
les mardi 10 septembre, mercredi 18 et jeudi 19 septembre 2024 à Neuilly-sur-Seine



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通稿

 
Leader historique sur le marché des artistes venus d’Asie, Aguttes organise du 2 au 19 septembre, à Neuilly-sur-Seine, une nouvelle édition des « Asian weeks ». Charlotte Aguttes-Reynier et Clémentine Guyot sont ainsi en train de recevoir en ce moment les lots pour leurs ventes de fin d'année et se tiennent à la disposition des particuliers désireux de bénéficier d'une expertise gratuite en vue de vente.
Les catalogues seront en ligne pendant l'été et dès la rentrée, une longue période d'expositions sera ponctuée par des visites guidées et deux ventes aux enchères. Le 10 septembre 2024, sa 44e vente dédiée à l'art moderne mettra en exergue les artistes ayant œuvré en Indochine, Indonésie et Chine. Puis les 18 et 19 septembre 2024, les vacations consacrées aux Arts d’Asie proposeront entre autres un ensemble remarquable de bijoux de l’ère himalayenne.


PEINTRES D’INDONÉSIE
La vente du 10 septembre présente tout d’abord une section dédiée aux peintres ayant vécu et travaillé à Bali tels, Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès (1880-1958) ou encore Antonio Blanco (1911-1999).

Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès (1880-1958)

Photo d’archive : Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès peignant sa femme et modèle Ni Wayan Pollok Tjoeglik © Erven C.J. Taillie


Né en 1880 à Bruxelles, Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès étudie d’abord l’architecture et le génie civil à l’Université libre dans sa ville de naissance avant de se consacrer à la peinture. Il apprendra auprès de son père, le peintre et graveur Adrien Le Mayeur (1843-1916), ainsi qu’auprès d’Ernest Blanc-Garin (1843-1916). Il a notamment été peintre et photographe de guerre pendant la Première Guerre mondiale puis il part voyager dans le sud de la France, au Maroc, en Tunisie, en Turquie, à Madagascar, en Inde, au Cambodge, à Tahiti, en Polynésie française, etc.

C’est en 1932 qu’il arrive en Indonésie, sur l’île de Bali, d’abord à Singaraja puis il s’installe à Denpasar, au sud de l’île. Dès 1933, il expose au YMCA de Singapour, cette exposition rencontrera un tel succès que toutes les œuvres seront vendues.

C’est pendant ses premières années balinaises qu’il rencontre le modèle qui deviendra sa femme en 1935, Ni Wayan Pollok Tjoeglik (1917-1985). Après leur mariage, ils s’installent à Sanur où ils font construire une maison typique. Ce lieu de vie sera aussi un lieu de création puisqu’il y installe son atelier. Il y sera assigné à résidence de 1942 à 1945 lors de l’occupation japonaise des Indes néerlandaises pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1956, son travail est remarqué par Bahder Djohan, alors ministre indonésien de l’Education et de la Culture. Ce dernier propose alors à Adrien Le Mayeur et Ni Wayan Pollok Tjoeglik que leur maison soit vouée à devenir un musée. Cette idée plaît au couple qui prend alors ses dispositions pour cela. Il est toujours possible aujourd’hui de le visiter.




Photo d’archive : Intérieur de la maison d'Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès © Erven C.J. Taillie


Malade, Adrien Le Mayeur décède en 1958 à Bruxelles où il était rentré avec sa femme pour se faire soigner.



Adrien-Jean Le Mayeur de Merprès (1880-1958)
Deux femmes dans un intérieur
Huile sur toile, signée en bas à gauche



L’œuvre que nous présenterons est typique de la période balinaise de l’artiste, qui s’étend de son arrivée sur l’île en 1932 à l'année de sa mort en 1958. Cette toile, de belles dimensions (75,5 x 90 cm), représente deux femmes dans un intérieur, probablement le domicile du peintre. Présentée dans son cadre artisanal, typique de cette région, la toile qui est d’origine et qui provient d’une collection particulière, est inédite sur le marché.


Antonio Blanco (1911-1999)


Antonio Blanco (1911-1999)
Portrait présumé de la fille du peintre
Huile sur toile, signée en haut au milieu



Antonio Blanco ou le « Fabuleux Blanco » est né le 15 septembre 1912 à Manille (Philippines) et mort en 1999 à Ubud (Bali). D’origines catalanes, ses parents s’étaient installés à Manille en 1898. Il étudie à l’American Central School de Manille, où il y découvre les arts. Après ses études, il part pour New York où il parvient à rentrer à la National Academy of Art auprès de Sidney Dickinson (1890-1908). C’est au cours de ses premières années qu’il se consacre à la représentation des corps en mouvement, notamment féminins. Il rentre à Bali en 1952, après quelques années de voyages, et se fait offrir un terrain par le Roi d’Ubud, sa réputation l’ayant précédée. À la fin de sa vie, Antonio Blanco décide de construire un musée afin d’exposer ses œuvres, aujourd’hui devenu le Blanco Renaissance Museum. Il fonde également dans les années 1960 la Blanco Art Foundation.

Notre toile montre une jeune fille en buste, probablement la fille du peintre, le regard tourné vers sa gauche. Son visage et son corps se détachent sur un fond esquissé à l’aide de vifs coups de pinceau. Il s’agit d’un mode de représentation typique chez Blanco qui semble principalement intéressé par la figure humaine et son mouvement, n’accordant qu’une importance secondaire au fond de ses toiles.


ANTONIO BLANCO (1911-1999)
Sur cette photographie, prise par l'acquéreur de notre toile Portrait présumé de la fille du peintre lors de l’exposition donnée en présence de l'artiste à Jatiluhur, Java,
Mars 1962, nous pouvons voir un modèle regardant le tableau qui nous est aujourd’hui confié à la vente.




HONNEUR À L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS DE L’INDOCHINE
Alors que l’on s’apprête à célébrer le centenaire de l’École des beaux-arts de l’Indochine, ce 44e opus dédié aux peintres d’Asie met à l’honneur certains de ses élèves illustres tels Vũ Cao Đàm, Promotion II (1926-1931) et major, ou encore Lê Phổ, Promotion I (1925-1930).

Vũ Cao Đàm (1908-2000)
Né en 1908 à Hanoï d’un père francophone et francophile, Vũ Cao Đàm grandit dans un univers érudit. Il intègre l’École des beaux-arts de l’Indochine, fondée en 1925 par le peintre français Victor Tardieu, dont il sort Major. À l’Exposition internationale de Paris en 1931, il découvre le monde de l’art parisien. Très influencé par les charmes et la culture de la Ville lumière, il parcourt la France, où il choisit de s’installer. Manifestant d’abord un vif intérêt pour la sculpture qu’il pratique assidûment, c’est finalement avec la peinture sur soie que Vũ Cao Đàm exprime son immense talent. Dans ces deux domaines, l’artiste se concentre avant tout sur la figure humaine, qu’il magnifie en portrait ou en scène de genre charmante. Combinant avec finesse les traditions picturales asiatiques et européennes, les visages délicats et les silhouettes graciles de Vũ Cao Đàm offrent cette élégance raffinée, qui donnent à son trait un caractère immédiatement reconnaissable. Ses choix de médiums accompagnent ses changements de vie, la sculpture et la soie sont plutôt liées à ses années en Indochine et d’avant-guerre à Paris, tandis que l’huile témoigne davantage de celles passées dans le Sud de la France.


Vũ Cao Đàm (1908-2000)
Maternité rouge
Huile et technique mixte sur soie, signée en bas à gauche

 

Les maternités de Vũ Cao Đàm sont caractérisées par leur douceur et leur délicatesse, mettant en avant la tendresse maternelle. Dans cette œuvre, en plus de la mère et de son enfant, une troisième figure est représentée : celle de la sœur. La mère allaite dans un intérieur esquissé en fond, tandis que la sœur regarde et tient la tête du nourrisson. Les tons chauds de l’intérieur et des vêtements de la mère et de sa fille entourent et réchauffent l’enfant vêtu de blanc et de bleu. De la même manière, leurs mains le protègent et l’entourent.

Le peintre renouvelle ainsi le sujet universel de la maternité qui lui est cher en ajoutant la figure de la sœur et en représentant le moment de l’allaitement. En effet, il s’agit d’un moment très rarement traité en Asie. Vũ Cao Đàm a probablement regardé les compositions de certains peintres occidentaux modernes tels que Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) ou Mary Cassatt (1844-1926) qui se sont aussi emparés de cet instant intime.



Vũ Cao Đàm (1908-2000)
Jeune fille près d’un arbre en fleurs
Encre et couleur sur soie


Vũ Cao Đàm peint ici une jeune fille près d’une branche de cerisier en fleurs qu’elle tient délicatement dans ses mains. La courbe que dessine la branche de cerisier sépare la composition en deux et met en avant le visage de la jeune fille qui se détache sur un fond coloré. Annonçant le printemps, les fleurs de cerisier symbolisent le renouveau et l’espoir. D’un point de vue plus mélancolique, ces fleurs évoquent également le temps qui passe et la jeunesse passagère. Arborant un air pensif, la jeune fille semble se rendre compte de la fuite du temps.

Le choix de représenter une figure féminine seule et anonyme, marque une grande nouveauté dans la production artistique vietnamienne et caractérise les jeunes artistes de l’Ecole des Beaux-arts d’Indochine. En effet, une telle représentation était alors impensable dans la société traditionnelle vietnamienne. En s’emparant de ce sujet, les artistes revendiquent leur modernité et exaltent la beauté.


Lê Phổ (1907-2001)
Né le 2 août 1907 dans la province de Ha Tay, dans une famille de hauts mandarins, avec pour père le vice-roi du Tonkin, Lê Phổ (1907-2001) étudie deux années à l’École d’arts appliqués à l’industrie dirigée par le sculpteur Gustave Hierholtz, avant d’intégrer l’École des beaux-arts de l’Indochine dès sa création à Hanoï en 1925. En 1930, tout juste diplômé, il prend en charge les cours d’arts décoratifs et de dessin de meubles. En 1931, Victor Tardieu, sensible au talent du jeune vietnamien, choisit d’en faire son assistant pour l’Exposition coloniale à Paris. Ce séjour offre l’occasion au jeune artiste de découvrir la France et aussi l’Europe. La traversée de pays aussi variés que l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique, mais aussi la visite des musées – où il admire les primitifs – l’amènent à approfondir sa connaissance de l’art occidental et à s’y confronter directement.


Lê Phổ (1907-2001)
Bouquet de pivoines
Aquarelle, gouache et traits de crayon sur papier, signée en bas à gauche



Le motif des pivoines se retrouve dans plusieurs œuvres de Lê Phổ, artiste vietnamien diplômé en 1930 de l’Ecole des beaux-arts de l’Indochine, créée à Hanoï en 1925. Ces fleurs sont considérées en Asie comme nobles, symbole de beauté et de prospérité.

Ici, dans cette magnifique aquarelle sur papier, support rare dans l’œuvre de cet artiste, il peint ces fleurs délicates en jouant avec la transparence que permettent l’aquarelle et la gouache. Les traits de crayon sont visibles à travers les légères touches de blancs qui laissent elles-mêmes apparaître le fond de la composition. Ces quatre pivoines se détachent sur un arrière-plan étant quasiment uni et témoignent d’un vrai travail de la lumière par Lê Phổ, qui est alors, quelques années après son installation à Paris à la fin des années 1930, à l’apogée de son art. Le bouquet est présenté dans un vase bleu que l’on aperçoit à peine, mais qui apporte une touche de couleur franche à la composition, de la même manière que le fait la pivoine rouge esquissée discrètement à droite.


Lê Phổ (1907-2001)
Les tulipes et branches de prunier

Huile, encre et couleurs sur soie, signée en bas à gauche


En 1937, alors chargé par Victor Tardieu de la section « Indochine » de l’Exposition universelle installée sur l’île aux Cygnes, Lê Phổ décide de s’installer en France. La rencontre avec Matisse, et surtout celle avec Bonnard au début des années 1940, l’incitent peu à peu à revenir vers la peinture à l’huile, comme en témoignent ces Tulipes à la branche de prunier. Lê Phổ insuffle vie à ses compositions florales classiques. Maîtrisant parfaitement son sujet, l’artiste reprend le même fil conducteur pour chacune de ses œuvres : si la variété de fleurs varie, une gamme chromatique dominante, autour de laquelle d’autres teintes s’harmonisent, auréole toujours ses réalisations.

 


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     Nous venons à votre rencontre, sur rendez-vous, tout au long de l’année.     

     Nous sommes très régulièrement présents en région parisienne et aussi sur les routes de France et de Navarre, à la rencontre de nos futurs vendeurs.     

     Dans le cadre de la préparation de nos ventes de septembre 2024, voici quelques dates à noter :
     28 mai : Cannes - Nice - Monaco - Saint-Tropez
     4 juin : Bordeaux
     11 juin : Toulouse
     18 juin : Cannes - Nice - Monaco - Saint-Tropez
     25 juin : Nîmes - Uzès
     2 juillet : Bordeaux
     9 juillet : Toulouse
     16 juillet : Cannes - Nice - Monaco - Clermont-Ferrand
     23 juillet : Nîmes - Uzès - Lyon


     Ces dates et villes ne sont en rien exhaustives, nous nous déplaçons aussi, à Brest, à Strasbourg ou encore au Havre…Ne vendez pas sans nous consultez !     
 




PROCHAINES VENTES PEINTRES D'ASIE : CHINE, VIETNAM
10 septembre et 5 novembre 2024, 14h30

Pour plus d'informations ou inclure un lot dans nos prochaines ventes, contactez
Charlotte Aguttes-Reynier - Expert
+33 1 41 92 06 49 - reynier@aguttes.com


PROCHAINE VENTE « ARTS D’ASIE »
18 septembre et 3 décembre 2024, 14h30

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Clémentine Guyot - Responsable des Arts d'Asie
+33 1 84 20 09 18 - guyot@aguttes.com