ÉVÈNEMENT : 40e VENTE PEINTRES D’ASIE - L’INDOCHINE AU XXe SIÈCLE 
Le jeudi 30 novembre 2023, 14h30, Neuilly-sur-Seine

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Depuis 2014, ce sont environ 1000 œuvres liées à l’art moderne asiatique - dont près de 150 peintures réalisées par Lê Phổ, plus de 115 œuvres par Mai Trung Thứ et près de 100 œuvres exécutées par Vũ Cao Đàm - qui ont été́ vendues chez Aguttes.

Ce 30 novembre 2023 se tiendra la 40e vente dédiée. Elle présente une sélection d’œuvres représentatives du renouveau de l’art moderne au Vietnam au début du XXème siècle et dresse un panorama des techniques travaillées au sein de l’Ecole des beaux-arts de l’Indochine. Elle sera suivie dès le 18 décembre 2023 par une section consacrée à l’art moderne chinois, illustrée notamment par la très belle signature de Sanyu.

ALIX AYMÉ : ARTISTE ÉTHNOGRAPHE

Alix Hava, plus connue sous son nom d’épouse, Alix Aymé, naît le 21 mars 1894 à Marseille. À Paris, elle est l’élève de George Desvallières puis de Maurice Denis, avec qui elle entretient une correspondance soutenue durant toute sa carrière. C’est en accompagnant son époux, Paul de Fautereau-Vassel, professeur nommé à Shanghai, que l’artiste se prend de passion pour le continent asiatique. Le couple s’installe à Hanoï en 1921. Au cours de ses nombreux voyages en Asie, elle s’intéresse à l’art de la laque.

Enseignant le dessin à Hanoï, elle se rapproche de l’École des beaux-arts de l’Indochine où elle enseigne dans les années 1935, 1936. Elle s’intéresse au travail sur soie et contribue à développer l’apprentissage de l’art de la laque aux côtés de Joseph Inguimberty. Ses sujets de prédilections s’articulent autour de la maternité et de l’enfance, prenant pour modèles de jeunes vietnamiennes de son entourage ou encore chacun de ses fils.

Alix Aymé rentre définitivement à Paris en 1945. S’en suivent la commande de grands panneaux de laque pour le paquebot Antilles et de nombreuses expositions à Paris, en province, ainsi qu’au Maroc et en Italie. Elle décore l’appartement de Bảo Đại. Amie de Foujita et de la famille Saint-Exupéry, elle fréquente les milieux intellectuels, littéraires et artistiques parisiens, où s’exprime son esprit ouvert, vif, libre et curieux

ALIX AYMÉ (1894-1989)
Michel à la chemise blanche, Hanoï, circa 1944
Tempera sur toile, signée en bas à droite
65 x 49,5 cm
PROVENANCE
Collection particulière, Paris (acquis en 1991 et conservé depuis)

ALIX AYMÉ (1894-1989)
Jeune mère et sa fille
Laque à rehauts d’or, signée en bas à droite
46 x 36 cm
PROVENANCE
Collection particulière, Paris


ALIX AYMÉ (1894-1989)
Nature morte aux fruits, circa 1935
Tempera sur soie
39,5 x 45 cm
PROVENANCE
Collection particulière, Sud-Est de la France (acquis auprès de l’artiste puis transmis par descendance)
EXPOSITION
2022 - 2023, « Artistes voyageuses, l’appel des lointains (1880 - 1944) »,
Palais Lumière, Évian-les-Bains (11 décembre 2022 - 21 mai 2023) puis au Musée de Pont-Aven (24 juin - 5 novembre 2023)

LÊ PHỔ : PEINTRE DES FEMMES

Considéré comme l’une des figures de proue de l’art moderne vietnamien, Lê Phổ nait en 1907 dans la province de Hà Tây au sein d’une famille de mandarins respectée, son père étant le dernier vice-roi de Tonkin. Il est très vite remarqué par le directeur et fondateur de l’école, Victor Tardieu, pour lequel il conserve toute sa vie un fort attachement. En 1931, il vient en France présenter ses œuvres à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale. Il choisit de rester un an à Paris afin de suivre des cours à l’École des Beaux-Arts, puis entreprend plusieurs voyages en Europe. Après un bref passage à Hanoï au milieu des années 1930, il décide de s’installer définitivement en France en 1937 et acquiert rapidement une certaine notoriété.

Riche de ses expositions à la galerie Romanet, Lê Phổ est approché par le galeriste Wally Findlay qui souhaite lui commander de nombreuses toiles pour le public américain en 1963. Ses œuvres deviennent plus flamboyantes et sont réalisées en grand format, comme un hommage à Matisse, dont Lê Phổ était un fervent admirateur. La représentation d’une femme et d’un enfant dans un jardin fleuri et verdoyant est un thème récurrent chez le peintre, et le plus prolifique lors de cette période.

L’héritage de Pierre Bonnard et de Henri Matisse est essentiel dans la carrière de Lê Phổ.


LÊ PHỔ (19 07-20 01)
La lettre
Huile sur toile, signée en bas à gauche, titrée au dos
74 x 92 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur.
PROVENANCE
Wally Findlay Galleries, New York
Collection particulière Vente Christies, 1998,Singapour
Collection particulière, Singapour (acquis à la vente de 1998)

LÊ PHỔ (19 07-20 01)
Fleurs
Huile sur toile, signée en bas à gauche
101 x 65.5 cm
PROVENANCE
Wally F Galleries, New York, Inv. no. 42266
Collection privée, États-Unis (acquis auprès du précédent)
Collection privée


LÊ PHỔ (19 07-20 01)
La maternité, circa 1960
Huile et gouache sur soie, signée en bas à droite
81 x 50,5 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur.
PROVENANCE
Galerie Romanet
Collection particulière d’un industriel du Nord de la France
Collection particulière, région parisienne, par succession du précédent

MAI TRUNG THỨ : PEINTRE DE LA VIE QUOTIDIENNE

Né en 1906 près de Haïphong, Mai Trung Thứ fait partie de la première promotion de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine, fondée et dirigée par le peintre Victor Tardieu. Invité à l’occasion de l’Exposition coloniale de 1931, Mai Trung Thứ découvre la France. Tombé sous son charme, il s’y installe à la fin des années 30 et y demeure jusqu’à la fin de sa vie. Bien que fortement marqué par l’enseignement artistique qu’il reçoit de la part de Victor Tardieu et de Joseph Inguimberty, il est celui de ses camarades qui garde l’identité vietnamienne la plus profonde. Mai Trung Thứ se consacre à la gouache ou à l’encre sur soie, procédés typiquement asiatiques qui lui permettent de développer un art riche en réminiscence de l’art chinois et vietnamien traditionnels. Artiste indépendant, il n’en reste pas moins engagé et soucieux du devenir de son pays.

Connu pour son goût pour la musique, il compte dans ses sujets de prédilection ceux présentant des moments éphémères et idéalisés, compositions dans lesquelles trouvent place des attributs musicaux, où de belles jeunes femmes vietnamiennes se délassent dans des paysages idylliques. Attaché également à l’illustration d’un univers familial paisible, il aime transmettre, par sa peinture, son goût pour la beauté des relations familiales, la transmission du savoir entre générations, la sagesse d’une mère ou de grands-parents guidant de jeunes enfants...

MAI TRUNG THỨ (19 06-1980)
Cousette, 1954
Encre et couleurs sur soie, signée et datée en bas à gauche, titrée, monogrammée et datée au dos. D
ans le cadre d’origine réalisé par l’artiste.
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur
PROVENANCE
Collection particulière, Sud-Est de la France


MAI TRUNG THỨ (19 06-1980)
La flûte, 1942
Encre et couleurs sur soie, signée et datée en bas à droite, contresignée, titrée et numérotée au dos 45 x 25,8 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur.
PROVENANCE
Collection particulière, Sao Paulo, Brésil (acquis en France dans les années 1940 - 1960 et transmis par descendance depuis)


MAI TRUNG THỨ (1906-1980)
Le coup de vent, 1978
Encre et couleurs sur soie, signée et datée en bas à gauche.
Dans le cadre d’origine réalisé par l’artiste
60,6 x 38 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur.
PROVENANCE
Galerie Apesteguy, Deauville
Collection particulière (acquis auprès du précédent vers 1980)
Collection particulière, Sud-Est de la France (don du précédent en 1998)

VŨ CAO ĐÀM : SCULPTEUR ET PEINTRE

Né en 1908 à Hanoï, Vũ Cao Đàm baigne dès son enfance dans la culture française. Il intègre l’École des Beaux-Arts de l’Indochine en 1926, y étudie le dessin, la peinture et la sculpture sous l’autorité de Victor Tardieu, fondateur de l’École, et de Joseph Inguimberty.

Diplômé en 1931, il obtient une bourse qui lui permet de poursuivre sa formation en France. Après avoir présenté ses sculptures à l’Exposition coloniale internationale de 1931, il prend la décision de s’établir définitivement en France. Il poursuit alors son développement artistique en côtoyant tous les plus grands chefs d’œuvres européens, telles que les œuvres de Renoir, Van Gogh, Bonnard et Matisse mais aussi les créations de Rodin, Despiau et Giacometti qui l’inspirent particulièrement. Il est également influencé par les avant-gardes occidentales comme le fauvisme et l’école de Paris dont on retrouve l’empreinte au travers de sa production.

Aujourd’hui, Vũ Cao Đàm est considéré comme l’un des plus grands peintres et sculpteurs vietnamiens de son temps et ses peintures font parties des collections permanentes de nombreux musées à travers le monde tel que le musée du Quai Branly à Paris.

VŨ CAO ĐÀM (1908-2000)
L’anneau de jade, 1965
Huile sur toile, signée et datée en bas à droite
55,5 x 46 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur.
PROVENANCE
Collection de Monsieur Maurice Brasseur, homme politique belge, ministre de l’Intérieur en 1950 puis ministre du commerce extérieur en 1961.
Maurice Brasseur a rencontré l’artiste dans les années 1965 à St-Paul-de-Vence et l’a soutenu en achetant plusieurs œuvres et en l’invitant à organiser une exposition à Vresse-sur-Semmois (Belgique).
Collection particulière, Belgique (transmis par héritage du précédent)

VŨ CAO ĐÀM (1908-2000)
Tête de jeune femme
Bronze à patine vert de gris, signé au revers.
Épreuve d’artiste, marquée EA et du cachet du fondeur Valsuani sur le socle
25 x 11.5 x 10 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur
PROVENANCE
Collection privée. France (acquis auprès de l’artiste)
Collection de Madame D. (par descendance)

VŨ CAO ĐÀM (1908-2000)
Divinité, 1992
Huile sur toile, signée et datée en bas à droite
65 x 54 cm
Une attestation d’inclusion au catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Charlotte Aguttes-Reynier pour l’association des Artistes d’Asie à Paris sera remise à l’acquéreur
PROVENANCE
Collection privée, Allemagne

LA GENÈSE D’UN ART INÉDIT : LA LAQUE

L’art de la laque est au Vietnam un art majeur, indissociable de l’histoire culturelle du pays. Art traditionnel par excellence, il rayonne également à l’étranger et fait du Vietnam un bastion de cette technique ancestrale. Si ce savoir-faire remonte au XVe siècle, son rayonnement actuel doit beaucoup à l’impulsion de Joseph Inguimberty au sein de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine qui introduit des cours de laque dès 1927.

Aidé d’Alix Aymé, artiste libre et talentueuse, ils enrichissent notamment l’emploi des couleurs. Traditionnellement, seuls le rouge, le noir, le brun mais aussi l’argent et l’or sont représentés. Grâce à l’introduction de matières nouvelles comme la coquille d’œuf, le sulfure de cadmium ou encore l’oxyde de chrome, d’autres couleurs telles le blanc, le jaune ou encore le vert apparaissent. Ce renouveau créatif n’a depuis cessé de s’effectuer et permet aux artistes d’imposer cette technique asiatique comme l’égal de la peinture occidentale.


ÉCOLE DES BEAUX-ARTS DE L’INDOCHINE, CIRCA 1940-50
Jonques dans la baie
Laque avec rehauts d’or, d’argent et de nacre, signée du cachet « XN MY NGHE V.N HANOÏ » au dos.
Paravent en 4 panneaux. Full screen : 100 x 157,9 cm. Hauteur : 100 cm.
Largeur des panneaux : 100 x 157,9 cm. Largeur de chaque panneau : 39,5 + 39,4 + 39,5 + 39,5 cm.
PROVENANCE
Collection particulière, région parisienne

Prochaines ventes Peintres d'Asie

[41] - Le lundi 18 décembre 2023. L’Art moderne chinois.

SANYU (1895-1966)
Femme à la robe grise, 1920-30
Aquarelle et encre sur papier, signée en bas à gauche
30,5 x 42,5 cm à vue
Provenance
Collection Nieszawer-Princ, Paris
Vente Boscher-Flobert-Lasseron, Paris, 25 juin 2007, lot 136
Collection particulière, Paris
BIBLIOGRAPHIE
Sanyu, catalogue raisonné : drawings and watercolors. Rita Wong. Li-Ching Cultural and Educational Foundation, 2014, reproduit p. 190, ref W64 (dimensions 28 x 40 cm)

[42] - Le jeudi 7 mars 2024.

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Expert Peintres d’Asie
Charlotte Aguttes-Reynier
+33 1 41 92 06 49 - reynier@aguttes.com