La sculpture du camée, un savoir-faire ancestral
Depuis l’Antiquité gréco-romaine, la sculpture des camées est pratiquée sur des pierres fines telles que l’onyx, le sardonyx ou l’agate. Cet art consiste à graver un motif en relief dans la gemme en tirant avantage des strates ou couches panachées de couleurs dans la pierre choisie. En glyptique, deux techniques sont à différencier : la gravure des pierres en creux produit des intailles et celle en relief, des camées.
L’art du camée requiert un savoir-faire singulier et exigeant qui ne permet pas de repentir. Héritiers d’une longue tradition artistique qui s’est constituée au cours des siècles grâce à des maîtres artisans qui perpétuent cet art ancestral, les artistes capables de réaliser ces prouesses techniques sont appelés "caméistes" dans les écrits du XIXe siècle.
Petite histoire du camée
A la Renaissance, le camée connaît un bel essor avec des motifs inspirés de l’Antiquité. François Ier manifeste un grand intérêt pour la glyptique et fait installer des tailleries de pierres précieuses où l’on exécute de nombreux camées à son effigie. A cette époque, l’art du camée s’exporte de l’Italie vers la France et toute l’Europe avec beaucoup de créativité.
Les graveurs-caméistes sont réunis en académies telle que l’Académie pontificale des Beaux-Arts et des Lettres des Virtuoses au Panthéon fondée en 1542 à Rome, sous la direction du Saint Siège.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la redécouverte des villes italiennes antiques mène à un renouveau de l’art du camée. De nombreux sculpteurs de pierres précieuses ont des ateliers proches de ceux de sculpteurs contemporains tels que Antonio Canova et Bertel Thorvaldsen afin de créer des copies miniatures des œuvres des sculpteurs en camée. Le Metropolitan museum de New York conserve un bel exemple de camée représentant Nessus et Deianira réalisé par Giuseppe Girometti (1779-1851), d’après un bas-relief en marbre de Thorvaldsen.
Niccolò Morelli (1771-1838), célèbre glypticien
Parmi les membres émérites de l’Académie pontificale des Beaux-Arts et des Lettres des Virtuoses au Panthéon, Niccolò Morelli (1771-1838) a marqué son temps en s’illustrant comme l’un des plus célèbres et talentueux glypticiens de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Les camées de Morelli sont conservés dans les plus grands musées du monde et les plus prestigieuses collections privées. Parmi ses commanditaires, citons notamment la famille Bonaparte. Napoléon Ier voit dans la glyptique un symbole d’impérialisme, il en offre à son épouse, Joséphine de Beauharnais, puis à ses sœurs. Ainsi, sous le Premier Empire, le goût pour ces bijoux gravés est lancé et toutes les femmes les portent en colliers, en boucles d’oreilles mais aussi en ceintures.
La maison Aguttes présentera lors de sa vente du 26 octobre 2023, un camée de la main de Niccolò Morelli. Le bijou représente un profil de femme dont les traits ont la finesse des portraits de Simonetta Vespucci par Sandro Boticelli. Sa coiffure est à l'antique agrémentée d'un diadème de forme végétale, elle porte des boucles d'oreilles à trois pampilles ressemblant à celles du portrait d'Isidora trouvé lors des fouilles en Egypte (Fayoum, 2e siècle) et conservé J. Paul Getty Museum de Los Angeles.
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Prochaines ventes en préparation :
26 octobre et 13 décembre 2023
Pour plus d'informations contactez :
Philippine Dupré la Tour
+33 (0)1 41 92 06 42
duprelatour@aguttes.com
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