Raymond Feuillatte (1901-1971) naît et meurt à Neuilly-sur-Seine, où il a son atelier au 5 villa des Sablons. Il fait son apprentissage à l'École des Beaux-Arts de Paris puis à l'École des Arts Décoratifs qui lui décerne son premier prix en 1924. En 1933, il se voit attribuer la bourse de voyage de la Ville de Paris pour l’Afrique du Nord et la presse s’en félicite : « On doit se louer de voir élu M. Raymond Feuillatte qui est un bel artiste » (Comœdia, 10 juillet 1933). D’une durée de deux ans et d’un montant de 18 000 F, elle lui permet de parcourir la Tunisie, l'Algérie et le Maroc mais aussi d’y exposer. En 1934, à Tunis, il présente une sélection de tableaux dans le hall du journal Le Petit Matin. À cette occasion, un chroniqueur salue l’évolution stylistique de l’artiste « qui apporte dans la coloration de ses toiles africaines une teinte plus douce que précédemment ; les scènes d’intérieur précisent des caractères nuancés de figures conçues dans des tonalités d’une fraîcheur et d’une richesse remarquables. » (L’Afrique du Nord illustré, 8 décembre 1934, p. 9).

Deux ans plus tard, dans le Comœdia du 12 février 1935, Gaston Poulain se fait l’écho du retour de l’artiste prodigue dans l’Hexagone : « C’est […] une moisson que Raymond Feuillatte a rapportée de son long séjour en Afrique du Nord. Une moisson généreuse, chatoyante, d’une vitalité ardente, susceptible d’attirer de nouveau les regards des touristes sur des régions d’une magnifique immuabilité. » Dans ce long article qui lui est consacré, le peintre souligne le caractère studieux de son périple : « Je reviens avec des centaines de peintures, d’aquarelles et de croquis. » Des travaux qui n’auront de cesse d’irriguer son œuvre mais qui ne doivent pas faire oublier ses paysages arcadiens des environs des Baux-de-Provence et ses chroniques réalistes et parfois sombres de la vie parisienne qui mettent en scène des personnages funambulesques - saltimbanques et autres figures du demi-monde - comme dans deux dessins conservés au Centre Pompidou (Les clowns, 1935, et Au café, 1938).

En 1936, comble d’honneur, Raymond Feuillatte est choisi par la Commission des Beaux-Arts du Comité olympique français pour représenter l’art tricolore aux Jeux Olympiques de Berlin avec ses Cavaliers (localisation inconnue), « œuvre riche en jeux d’ombre et d’une exécution pleine de finesse » (L’Auto, 11 février 1936). En 1940, sa participation au Salon d’Automne est remarquée en ces termes par Jean-Daniel Maublanc qui le décrit comme « un jeune plein de talent » : « J’ai beaucoup d’admiration pour Raymond Feuillatte et beaucoup de confiance en lui » (Le Petit Haut-Marnais, 24 novembre 1940).

Aussi illustrateur de talent, décorateur prolixe et auteur de cartons de tapisserie, Raymond Feuillatte est sociétaire du Salon d’Automne, dont il est président en 1941, et vice-président du Salon populiste en 1951. **C’est à quelques encablures de son atelier que, le 19 septembre, Aguttes dispersera au fil de plus d’une centaine de numéros vendus sans prix de réserve le fonds d’atelier de cet artiste attachant qu’est Raymond Feuillatte.

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Raymond Feuillatte (1901-1971), Promeneuse près d'un pavillon, 1934 (Lot 129, d’une réunion de trois tableaux)
Huile sur toile marouflée sur panneau, signée et datée en bas à gauche, 38 x 46 cm


Raymond Feuillatte (1901-1971), Danseuse espagnole (Lot 145, d’une réunion de trois tableaux)
Huile sur toile marouflée sur panneau, signée en bas à gauche, 33,5 x 24 cm

Vente aux enchères 
Le mardi 19 septembre 2023
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