Aguttes présentera, au cours de sa vente Art impressionniste et moderne, le 20 avril 2023 à Neuilly-sur-Seine, Enfant assis sur une chaise de Renoir ou encore L’Angoisse du Juif, œuvre sur papier inédite réalisée par Ernst au Camp des Milles. Par ailleurs, une demi-douzaine d’œuvres de Baya rendra hommage à cette artiste prodige, qui donna sa première exposition à 16 ans seulement.
Vacation du 20 avril 2023
Le catalogue, disponible début avril, se composera d’une centaine d’œuvres : tableaux, sculptures, dessins, estampes, livres illustrés, tapis et céramiques d’artistes. La quasi-intégralité des mouvements artistiques, tant avant-gardistes qu’académiques mais globalement figuratifs, qui émaillent la création artistique de la fin du XIXe siècle à nos jours, se verra représentée. L’estimation globale attendue s’élève à près d’1 000 000 €.
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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)
Enfant assis sur une chaise, vers 1895
Huile sur toile
Signée en bas à droite
40 x 27,7 cm
Provenance
- Ambroise Vollard, Paris
- Collection particulière, France (acquis auprès de ce dernier puis par descendance)
Bibliographie
Ambroise Vollard, Tableaux, Pastels & Dessins de Pierre-Auguste Renoir, Précédé d'une lettre de Renoir, Paris : Ambroise Vollard, 1918 [réédition par Alain C. Mazo, Paris, 1954], reproduit p. 128
Estimation: 450 000 - 650 000 €
« Alors que le portrait constituait une source importante de revenus pour Renoir, ce dernier jouit, à partir des années 1890, d’une certaine aisance financière, et désormais, prend plus volontiers pour modèle son proche entourage familial. Aussi, le portrait devient-il une activité plus personnelle. Notre huile sur toile représentant un enfant date de cette période, durant laquelle passent régulièrement sous son pinceau, ses fils Pierre (né en 1885), Jean (né en 1894) et surtout Claude, dit « Coco » (né en 1901), tous trois saisis dans des attitudes prises sur le vif ou dans l'intimité de la vie quotidienne : Gabrielle et Jean (1895, Paris, Musée de l’Orangerie, coll. Walter Guillaume) ou la Leçon de lecture de Coco (vers 1906-1907, Merion, Barnes Foundation). » Pierre-Alban Vinquant, expert et Directeur du Département Art impressionniste & moderne
Renoir et le portrait
Estimé 450 000/650 000 €, Enfant assis sur une chaise, portrait par Renoir, qui date du milieu des années 1890, passera en vente, le 20 avril 2023 chez Aguttes. Cette peinture témoigne de l’abandon par l’artiste, du style sec et linéaire de sa période ingresque, au profit d'une facture plus souple. Celle-ci repose sur une base de blancs et de roses en demi-teintes, telles que celles de ses Jeunes Filles au piano (1892, Metropolitan Museum ; Paris, musée d'Orsay). Ainsi le traitement uni des carnations contraste-t-il avec celui du vêtement, tout comme l’arrière-plan qui, librement brossé dans une matière fluide, constitue plutôt une toile de fond ébauchée - lumineuse et contrastante - devant laquelle pose sa figure dans un parfait profil.
D’après la tradition familiale, le père des actuels propriétaires du tableau a acquis ce dernier auprès d’Ambroise Vollard, le célèbre marchand attitré du peintre, alors installé à Paris rue de Martignac. Ce dernier le fait figurer dans une publication qui fait aujourd'hui référence : Tableaux, Pastels & Dessins de Pierre-Auguste Renoir, Précédé d'une lettre de Renoir, paru en 1918.
Ce portrait s’inscrit dans la longue suite des évocations de la jeunesse qui occupent une place importante dans l’œuvre de Renoir et témoignent d’une compréhension profonde de ses juvéniles modèles. Qu’il s’agisse de figures isolées - Julie Manet, 1887, Paris, Musée d’Orsay ; Irène Cahen d’Anvers, 1880, Zurich, Fondation Bührle -, de groupes familiaux - Madame Charpentier et ses enfants, 1878, New York, Metropolitan Museum - ou encore de scènes de genre impliquant un adulte et un enfant - La promenade, vers 1906, Merion, Fondation Barnes, le peintre explore au fil du temps le portrait d’enfant sous toutes ces facettes.
Seul parmi les impressionnistes à exploiter ses talents de portraitiste comme une source de revenus à part entière, Renoir consacre à ce genre malaimé une place particulière dans son œuvre. Des portraits constituent ses peintures les plus anciennement documentées tandis que son premier envoi au Salon, en 1865, n’est rien d’autre que celui du père de son ami Alfred Sisley, conservé aujourd’hui au musée d’Orsay. À la fin des années 1870, lorsque l'échec commercial des expositions du groupe le contraint à retourner au Salon officiel, il s'y présente en qualité de portraitiste. Passé maître dans l’art de saisir les traits distinctifs de la physionomie de ses modèles auxquels il laisse le libre choix de leur tenue et de leur attitude, l’artiste montre de réelles prédispositions et un goût certain pour la description de la figure humaine.
**Une œuvre inédite de Max Ernst réalisée au Camp des Milles
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Max Ernst (1891-1976)
L’Angoisse du Juif, 1940
Huile sur papier marouflé sur carton
Signée en bas à droite
18 x 20,5 cm
Un certificat de Monsieur Jürgen Pech, en date du 19 février 2023, sera remis à l'acquéreur.
Provenance
Collection particulière, France (offert par l'artiste puis par descendance)
Bibliographie
André Fontaine, Le Camp d'étrangers des Milles, 1939-1943, Édisud, Aix-en-Provence : 1989, pp.196-198
Estimation: 15 000 - 20 000 €
À l’occasion de cette vente « Art impressionniste & moderne », Aguttes dévoilera une œuvre sur papier de Max Ernst, inédite sur le marché de l’art et estimée 15 000 / 20 000 €. Ce petit format constitue un remarquable et émouvant témoignage historique : peinte au Camp des Milles en juin 1940, cette huile sur papier marouflé a été reproduite dans Le Camp d’étrangers des Milles d’André Fontaine, publication de référence sur le sujet.
En mai 1940, un sourd-muet dénonce et accuse Max Ernst d’avoir fait des signaux à l’ennemi alors que l’armée allemande se trouve à plus de mille kilomètres de l’endroit où il se trouve. Conduit au Camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, une ancienne tuilerie convertie en camp d’internement pour ressortissants du Troisième Reich, Ernst, aux côtés d’Hans Bellmer, son compagnon de dortoir, parvient à réaliser, en secret, quelques œuvres. Comme il peut, il cache ces petits formats, les uns coloriés et les autres rehaussés.
Il s’agit souvent de paysages désolés qu’il peuple de figures tragiques, comme cette œuvre présentée le 20 avril 2023, brossée dans une palette de tons froids. Elle met en scène un personnage de profil blotti dans le cratère d’un volcan. Bien que réduite dans ses dimensions, cette œuvre se révèle monumentale dans son traitement et frappante dans son caractère annonciateur du drame à venir pour les Juifs d’Europe.
Un hymne à la paix par Félix Desruelles (1865-1943)
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Félix Desruelles (1865-1943)
La Paix au pays noir, 1927
Bronze à patine polychrome
Signée et datée 'MCMXXVII' avec le cachet de fondeur 'Leblanc-Barbedienne & fils/Cire perdue/Paris' sur la terrasse
63 x 77 x 22 cm
Provenance
Collection particulière, Belgique (par descendance)
Estimation : 12 000 - 18 000 €
Estimé 12 000 / 18 000 €, La Paix au pays noir, groupe en bronze polychrome de Félix Desruelles, a été fondu à la cire perdue par Leblanc-Barbedienne & fils en 1927. Il constitue le modèle réduit du monument aux morts éponyme, inauguré le 13 mai 1928 à Auchel et inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, depuis le 18 décembre 2009. Il pourrait s’agir d’un exemplaire unique, réservé à la famille du sculpteur ou à un notable d’Auchel, dès lors qu’aucune autre fonte n’est répertoriée tant en mains publiques que privées.
Félix Desruelles (1865-1943), membre de l'Institut et de l'Académie des Beaux-Arts, participe, en 1924, à un concours lancé pour l'érection du monument aux morts d'Auchel (Pas-de-Calais). Ce sculpteur, brillant élève de Falguière, second Prix de Rome en 1891 et médaillé d'or à l'Exposition universelle de 1900, voit son projet retenu.
Le monument qu’il conçoit se compose de deux grands groupes allégoriques en pierre beige disposés à hauteur d’homme à la manière des Bourgeois de Calais de Rodin. À eux deux, ils synthétisent les réflexions du sculpteur sur la commémoration de la guerre.
Dans la lettre que le sculpteur adresse à la municipalité d’Auchel pour décrire son projet, il écrit : "Flétrir la guerre, chanter la paix. [...] Le monument sera composé de deux groupes disposés dans un parc dessiné et ordonnancé à cet effet. » Le premier groupe, L'Humanité en deuil, met en scène une figure de pleurante, vêtue à l’antique, qui symbolise le genre humain. Hiératique, elle se lamente sur la mort au champ d’honneur de deux jeunes soldats qui gisent contorsionnés à ses pieds. En contrepoint, Desruelles compose un hymne à la paix et associe à ce premier groupe l'évocation d'un paradis perdu mais retrouvé après la guerre. Ainsi, La Paix au pays noir décrit-il l’existence sereine du mineur, tout juste rentré de la fosse et occupé à cueillir des fruits. Dans un lieu aux allures de Jardin des Hespérides, il vit paisiblement avec sa femme et ses enfants.
Hommage à Baya
En contrepoint de l’exposition Baya, Femmes en leur jardin (IMA), Aguttes présentera une demi-douzaine de gouaches en hommage au peintre. Repérée par Aimé Maeght, cette artiste au registre souvent féérique donne sa première exposition personnelle à Paris, à l’âge de 16 ans seulement, et André Breton écrit la préface du catalogue. Avec un trait épuré, délicat, et sans repentir, les gouaches de l’artiste mettent en scène des personnages féminins, quelquefois au bord de l’eau, dans des décors à la végétation luxuriante et imaginaire. Une demi-douzaine de gouaches de l’artiste, couvrant la fin des années 1960 aux années 1990, célèbrera cette icône de la peinture algérienne. Celle de 1968, la plus ancienne de la sélection, s’avère particulièrement intéressante par son format moderne – quasiment un carré – et imposant - 100 x 101 cm -. Les amateurs y retrouveront l'intensité chromatique et l'évocation d'un luth, tous deux typiques de l’artiste.
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Baya (1931-1998)
Femme au luth et à l'oiseau, 1968
Gouache sur papier
Signée et datée '[19]68' en bas à gauche
Signée une seconde fois au dos
100 x 101 cm
Provenance
Collection particulière, France (acquis auprès de l'artiste)
Acquis auprès de cette dernière
Estimation : 20 000 - 30 000 €
Il faudra compter 20 000/30 000 € pour l’œuvre la plus importante tandis que les amateurs devraient s’emparer, dès 5 000/7 000 €, d’une gouache de 1977, directement acquise en Algérie auprès de Baya par son actuelle propriétaire, une Française en poste là-bas.
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La passion des enchères : Pierre-Alban Vinquant
ART IMPRESSIONNISTE & MODERNE
Vente aux enchères
Le jeudi 20 avril 2023 à 16h
Aguttes Neuilly
Exposition partielle
Du 11 au 13 avril 2023 de 10h à 18h
Exposition complète
Les 17, 18 et 19 avril 2023 de 10h à 18h
Le 20 avril 2023, de 10h à 13h
Expert et Directeur du département Art impressionniste & moderne
Pierre-Alban Vinquant
+33 1 47 45 08 20 • vinquant@aguttes.com
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