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Arts Classiques
Schwerdfeger, ébéniste de Marie-Antoinette
Le présent secrétaire à abattant constitue un témoignage précieux du talent et de la virtuosité de Ferdinand Schwerdfeger (1734–1818), l’ébéniste auquel l’on doit le célèbre serre bijoux offert à la reine Marie-Antoinette par la Ville de Paris en 1787 (Paris, musée du Louvre, dépôt au château de Versailles, OA 5515). Les œuvres de cet artisan d’exception apparaissent rarement sur le marché, offrant ici l’occasion rare d’acquérir un meuble authentiquement signé de sa main. Réalisé à la fin de l’Ancien Régime, il annonce déjà, par certains éléments de son vocabulaire décoratif — telles les étoiles ornant la façade — les formes que l’on retrouvera sous l’Empire.
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Rare secrétaire à secrets par Ferdinand Schwerdfeger (1734-1818)
En vente le 5 novembre 2025
Né en Allemagne, Schwerdfeger s’établit à Paris en 1760 et obtient la maîtrise en mai 1786. Il installe alors son atelier dans la capitale et se distingue rapidement par la qualité et l’originalité de ses créations. Proche des cercles de la Cour et du Garde-Meuble royal, il collabore avec Jean-Henri Riesener et Guillaume Benneman, dont il partage la rigueur du montage et l’exigence dans le travail du placage. Son œuvre s’inscrit dans le goût Louis XVI finissant, adouci par un néoclassicisme d’une grande pureté. Il exécute également du mobilier pour la cour de Russie — notamment une grande console desserte — dont les bronzes sont réalisés par Gouthière et Thomire.
L’ingéniosité technique de Schwerdfeger se manifeste pleinement dans le présent meuble. Le retrait du tiroir supérieur a récemment permis d’accéder à un système de lames-ressorts dissimulé dans le fond : en le faisant coulisser vers l’avant, il libère deux planchettes latérales, dont l’une révèle, sur sa face interne, la signature manuscrite de l’ébéniste — particularité rare, exécutée à l’encre plutôt qu’au fer à froid, comme c’était l’usage.L’abattant découvre en outre de petits tiroirs secrets, destinés autrefois à dissimuler correspondances ou objets précieux.
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Cette fascination pour les mécanismes ingénieux s’explique par les collaborations de Schwerdfeger avec les plus grands horlogers de son temps — Antide Janvier, Jean-Simon Bourdier ou encore Robert Robin — pour lesquels il réalisa plusieurs caisses de régulateurs et de pendules. Si quelques pièces majeures sont bien connues et conservées dans des institutions muséales, tel le serre-bijoux de Marie-Antoinette, la plupart des réalisations de ce compatriote de Riesener demeurent méconnues. Cette rareté s’explique probablement par son habitude de dissimuler sa signature, comme ici, dans un endroit inhabituel.
© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / RMN Agence photo
Serre-bijoux de Marie-Antoinette, 1787, Schwerdfeger, Ferdinand
De sa main, sont également répertoriés un bureau de dame signé et daté 1788 (musée du Louvre, OA 6871), une paire d’encoignures passée à Drouot en 2013, une commode vendue chez Sotheby’s (vente Ezra & Cecile Zilkha, 20 novembre 2020, lot 127), une commode à encoignures conservée au musée des Arts décoratifs de Bordeaux, ainsi qu’une petite commode et un secrétaire en acajou (Museum of Fine Arts, Boston).
Les meubles à secrets, apparus et perfectionnés au XVIIIᵉ siècle, incarnent à la fois le raffinement technique et l’esprit de mystère propre à l’art de vivre de l’époque. Sous le règne de Louis XV et de Louis XVI, l’intimité et la discrétion deviennent des valeurs essentielles dans la société aristocratique, où les échanges politiques, galants ou financiers exigent parfois la plus grande confidentialité
Vente à venir
ARTS CLASSIQUES
Mercredi 5 novembre à 14h30
Aguttes Neuilly
Pour plus d'informations, contactez :
Directeur du département - Expert
Grégoire de Thoury
thoury@aguttes.com • +33 1 41 92 06 46
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