Une commanderie des Templiers à l’abandon dans le Cantal, une forteresse médiévale dans le Cher, un château fort dans le Berry, un autre, remarquablement restauré, dans le Puy-de-Dôme.
Le célèbre commissaire-priseur, propriétaire de plusieurs monuments historiques achetés en ruine, s’est forgé une passion : sauver le patrimoine en péril.
Par Ghislain de Montalembert (texte) et Paul Delort pour Le Figaro Magazine (photos)
À 77 ans, Claude Aguttes n’a toujours pas l’intention de poser son marteau d’enchères ; et encore moins sa besace de collectionneur invétéré de monuments historiques ! Déjà propriétaire de trois châteaux, la Prune-au-Pot (Indre), Blanzat et Tournoël (Puy-de-Dôme), le célèbre commissaire-priseur de Neuilly-sur-Seine, passionné d’histoire et de vieilles pierres, a craqué, il y a quelques mois, pour deux nouvelles demeures : le château de Culan, dans le Cher, et la commanderie templière de Celles, dans le Cantal, à 46 kilomètres au nord-est d’ Aurillac. Les deux sont en piteux état, mais rien ne semble effrayer Claude Aguttes depuis qu'il a endossé sa nouvelle casquette de sauveur de monuments historiques en péril. Avec quelques autres passionnés, il a d’ailleurs lancé le Club Cadet Rousselle il y a quelques années. Parmi les membres de ce cercle informel rassemblant des esthètes, collectionneurs et amateurs de patrimoine, tous propriétaires de châteaux merveilleusement restaurés ces dernières années : le décorateur Jacques Garcia (Champ-de-Bataille), le producteur de télévision Jean-Louis Remilleux (Digoine), Hubertde Commarque (Commarque), Marc Simonet-Lenglart et Pierre- Albert Almendros (Fléchères, Cormatin), ou encore la famille Guyot, qui possède de nombreux monuments historiques en France (Saint-Fargeau, La Ferté-Saint- Aubin, Saint-Brisson-sur-Loire, Bridoire, Marzac...).
« Avec mon épouse, nous avons commencé par acquérir la Prune-au-Pot, en 2000, raconte Claude Aguttes. Un soir, ma femme feuilletait un livre sur les monuments historiques de l’Indre et je lui ai dit, sur le ton de la blague : ‘‘Si tu repères quelque chose, on l’achète !’’ Elle a tout de suite été séduite par la Prune, située dans le canton d’Eguzon, où mon beau-frère est notaire. Je l’ai appelé sans attendre:
“‘Si un jour la Prune-au-Pot est à vendre, appelle-moi, ça m’intéresse’’, lui ai-je dit. “Viens demain !’’ m’a-t-il répondu. L’affaire a été vite conclue. Quinze jours après, j’apprenais que Tournoël était aussi à vendre. Il se trouve que mafemme et moi avons toujours adoré cet endroit. Nous l’avons acheté dans la foulée. » En vingt-cinq ans, Claude et Bernadette Aguttes en ont fait une merveille, restaurant avec passion (et après 1,5 million d’euros de travaux) cet ensemble qui domine fièrement la vallée de Volvic, le meublant avec goût. Tournoël est l'un des plus beaux châteaux d'Auvergne.
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DÉNICHEUR DE TRÉSORS
« On adore ça, avoue Claude Aguttes. Nous nous arrangeons pour aller à peu près chaque semaine sur chacun des chantiers. Nous partons tôt le matin, avec un sandwich et des oeufs durs dans le coffre de la voiture car là-bas, il n’y a rien, ni eau ni électricité ! Nous faisons tout ensemble avec mon épouse, l’un bricole pendant que l’autre jardine ou brûle du bois. »
— Claude Aguttes
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UN MILLION D’EUROS D'INVESTISSEMENT
C’est à Noël que les six enfants de Claude et Bernadette Aguttes ont découvert la nouvelle acquisition de leurs parents.
« Nous ne leur avions rien dit. Quand ils sont arrivés chez nous le 24 décembre, nous leur avons conseillé de se vêtir chaudement et d’emporter des bottes car nous allions les emmener en balade, relate Claude Aguttes. Nous avons embarqué tout le monde dans des voitures nos enfants, leurs conjoints et nos 31 petits-enfants en prétextant vouloir leur faire découvrir la célèbre Vierge en majesté du XII e siècle de la chapelle de Vauclair, à proximité du petit village de Molompize, dans le Cantal. Ils rouspétaient un peu de faire des kilomètres la veille de Noël. Mais leur humeur a changé du tout au tout lorsqu ’ils ont découvert la commanderie, plus belle que jamais sous la neige.Tous ont été emballés ».
— Claude Aguttes
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« Dès l’an prochain, nous ouvrirons la commanderie au public, lance Aguttes qui n’aime rien de moins que partager sa passion avec les visiteurs. On va recréer une ambiance, restaurer le réfectoire, mettre de la paille et des poules dans la cour, comme autrefois à Tournoël, les gens sont aux anges quand je leur raconte l’histoire du château. Ils applaudissent à la fin de la visite. Ce sera pareil ici », promet-il.
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Le Figaro Magazine
Vendredi 22 août 2025
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