Louis Labro-Font est né à Paris en 1881 et mort à Valréas (Vaucluse) en 1952. Architecte de formation qui aurait fréquenté l’atelier de Camille Pissarro, il suit les enseignements d’Henri Deglane (1855-1931), lauréat du premier grand prix de Rome en 1881 et chef d'atelier en architecture à l'École des Beaux-Arts de Paris à partir de 1890. En avril 1917, la Gazette Deglane écrite par ses élèves, indique que Louis est domicilié en banlieue parisienne, au 40 rue de Sannois à Ermont. Son nom apparaît aux côtés de celui d’Henri Bolloré dont il restera l’ami tout au long de sa vie.


Louis Labro-Font (1881-1952)
Vernon (Eure), 1928
Huile sur panneau de contreplaqué, timbre de la signature en bas à gauche
50 x 65 cm. (partie de lot)


Louis Labro-Font (1881-1952)
Chartres (Eure-et-Loir), 1928
Huile sur panneau de contreplaqué, timbre de la signature en bas à gauche
50 x 65 cm. (partie de lot)

En 1938, au musée de Carpentras alors dirigé par Robert Caillet, Labro-Font expose des paysages du Vaucluse, du Ventoux et de la Drôme - ses terres d’élection auxquelles il est familialement lié - aux côtés de sculptures de Jean-Pierre Gras (1879-1964), fils du félibre Félix Gras (1844-1901). Les livrets de l’exposition sont préfacés par Jean Giono, qui se décrit sur ces terres comme tout enveloppé « dans une laine magique de couleurs », et par Frédéric Mistral, neveu et homonyme du célèbre écrivain et lexicographe français qui s'exprimait en occitan provençal. Les tablettes d’Avignon et de Provence, dans son numéro du 21 mai 1939, se fait l’écho enthousiaste de cette présentation en s’exclamant : « les toiles de M. Labro-Font : "Valréas", "Taulignan" et "Amandiers à Noveysan" sont de belles compositions où dominent la clarté, la finesse du dessin et la simplicité ». Trois ans plus tard, un long article, publié le 1er juin 1942 dans La Croix Magazine, relate la visite de son critique à Valréas : « Labro-Font peintre ! Enseigne bien étroite (tant pis si je le scandalise). Labro-Font est mieux que peintre, mieux que "artiste-peintre", il est poète. Et plus, peut-être, musicien. Musique silencieuse ? Voire ! Si le riche héritage gréco-latin de ce pays se retrouve dans ses toiles, avec sa lumière - avec ses lumières - Labro-Font dépasse le paysage : il voit et plus encore ressent au-delà : symphonie de couleurs, mélodie des lignes. Mais voici qui traduit trop médiocrement. Essayons de préciser : accords de tons, accords harmonieux. Aucune outrance, pas même de dissonance, au sens habituel du mot. Tons et rapports de lumières, voici peut-être le meilleur des toiles de Labro-Font. Et par l’échelonnement des accords, au-delà de leurs réalités, toute la vie de ce Haut Comtat un peu dauphinois, sa vie d’hier et celle de demain encore. L’âme ! Et la musique qui chante. Mais nous avons trop écrit déjà. Pas plus que la musique ne se traduit en mots. Pas plus qu’elle ne s’analyse, ne s’explique la peinture de Labro-Font. Il faut voir et sentir. Entendre les harmonies. Alors le cœur bat au rythme des vibrations de la toile pour gagner une plénitude. Une plénitude réservée à quelques privilégiés du présent. Mais que l’avenir consacrera pour "le plus grand nombre". »


Louis Labro-Font (1881-1952)
Valréas (Vaucluse), ancien pont de Grillon, 1928
Huile sur carton, signée en bas à droite
38 x 46 cm. (Partie de lot)


Louis Labro-Font (1881-1952)
Valréas (Vaucluse), fête du 4 août, 1931
Huile sur panneau de contreplaqué, signée en bas à gauche
38 x 46 cm. (Partie de lot)

Le Carnet du Jour du Figaro, à la date du 16 août 1952, annonce la mort de Louis Labro-Font en ces termes : « architecte D.P.L.G., artiste peintre, pieusement décédé le 21 juillet, à l’âge de 71 ans, à Valréas (Vaucluse). De la part de Mme Labro-Font, des familles Delhaye, Tiers, Font et ses bons amis Bolloré, architecte D.P.L.G., Dô, Aubert, Pagnol. » Si Labro-Font a toujours été fidèle à ses terres vauclusiennes, il était aussi fidèle en amitié. De l’après-guerre au milieu des années 1950, il s’entourait chez lui, à Valréas, d’un cercle de connaissances choisies, « cénacle privilégié, sorte de salon des arts et des lettres » où l’on y rencontrait l’élite locale dont un « chirurgien, opérant dans la région, dont la spécialité était de jouer divinement du piano (Chopin, en particulier) » et le directeur de l’époque de la Villa Médicis (Joseph Trinquet, in. Transversalités, Revue de l’Institut catholique de Paris, 1 er janvier 2003, p. 93).


Louis Labro-Font (1881-1952)
Paysage méridional à l’église
Huile sur carton, signée en bas à gauche
38 x 46 cm. (partie de lot)


Louis Labro-Font (1881-1952)
Condorcet (Drôme), 1927
Huile sur carton, timbre de la signature en bas à gauche
37 x 52 cm. (partie de lot)

L’atelier de Louis Labro-Font a été dispersé les 8 octobre 1972, 24 février 1974 et 9 février 1975 par M e Blache à l’Hôtel Rameau (Versailles). Une monographie trilingue (français, anglais et chinois), co-écrite par William Ward, Gerald Shurr et Claudine Danilo, a paru en 1989 aux éditions Ward.


Louis Labro-Font (1881-1952)
Cassis, 1929
Huile sur panneau de contreplaqué, signée en bas à droite
50 x 65 cm. (partie de lot)


Louis Labro-Font (1881-1952)
Toulon, le fort Saint-Louis, 1929
Huile sur panneau de contreplaqué, signée en bas à droite
50 x 65 cm. (partie de lot)

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Mardi 16 septembre 2025