La maison de ventes Aguttes dispersera, le 22 mai 2025 à Neuilly-sur-Seine, la Collection Nicolas de Hurtado (1854-1920). Conservé dans la même famille depuis plus d’un siècle, cet ensemble inédit, d’une qualité remarquable, comprend dix bronzes datant du XVI e au XVIII e siècle.
Nicolas de Hurtado
« Tout a commencé timidement avec une famille qui nous sollicita pour l'expertise de trois jolies figures de bronzes, puis quatre, puis enfin onze : c'était un ensemble cohérent et savamment constitué. Il nous fallait découvrir quel collectionneur formidable était à l'origine de cette collection ! Un nom est sorti : Hurtado. Tandis que je me plongeais avec délice dans les recherches généalogique et les expertises de cet ensemble, je vous laisse imaginer notre émoi lorsque je retrouvais dans la presse d'autrefois l'histoire du vol de cette collection par un domestique ! »
— Grégoire de Thoury, directeur du département Mobilier & Objets d’Art - expert
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Collection Nicolas de Hurtado
Collection Nicolas de Hurtado (1854-1920)
Figure du Paris de la Belle Époque, Nicolas de Hurtado (1854-1920), constitua cette collection. Originaire de Popayán, en Colombie, et descendant d’un vice-roi du Pérou, ce riche banquier menait à Paris une vie mondaine. Il fréquentait le Cercle de la Rue Royale dont il était l’un des jeunes membres les plus appréciés en 1889.
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Source : Journal du 24 décembre 1934
Comme le relate la presse de l’époque, cette collection de bronzes a connu une histoire mouvementée. Hurtado, renversé par une automobile, décède brutalement en 1920. Un domestique indélicat déroba cette collection de bronzes en 1934 à Paris, chez la veuve du collectionneur, avant que la police ne la retrouve intacte.
Objet d'un catalogue dédié, une infime partie de la Collection Nicolas de Hurtado, qui comprenait des objets d’art, fut dispersée à la galerie Charpentier sous le marteau d'Henri Baudoin, le 4 juin 1937.
Transmis à une fille de ce grand amateur d’art, cet ensemble de bronzes resta dans la famille jusqu'à ce jour. Celle-ci épousa un aristocrate belge, et cette collection fut transmise par descendance.
Un ensemble inédit de bronzes anciens
Conservée dans la même famille depuis plus d’un siècle, cette remarquable sélection comprend des figures emblématiques prisés des collectionneurs, tels que l’Antinoüs du Belvédère, le Spinario ou encore des modèles de Barthélémy Prieur.
Elle rassemble également des œuvres à l’iconographie plus rare, à l’image de L’Éloquence, probablement réalisée à Padoue au milieu du XVIᵉ siècle, ou d’Hercule soutenant le monde.
Si la plupart des bronzes mesurent entre 10 et 30 cm, les amateurs apprécieront également un grand putto de 41,3 cm réalisé dans l’entourage de Jérôme Duquesnoy, le sculpteur à l’origine du célèbre Manneken Pis de Bruxelles.
« L’émotion de découvrir une collection conservée si longtemps par une famille est grande. La qualité éblouissante de ces bronzes et la diversité des écoles représentées font de cet ensemble un témoignage rare et unique d’un goût. »
—Thomas Unger, spécialiste Arts classiques à Bruxelles
Éclairage sur deux de ces bronzes
D'après Barthélémy Prieur (vers 1536-1611)
Femme se coupant les ongles
Petite figure en bronze d'une femme nue, assise sur une souche couverte d'une draperie. La tête couverte d'un bonnet. Elle tient son pied droit des deux mains, sa main droite tenant la paire de forces (ciseaux) à couper. Son pied gauche reposant sur le sol. Trois tenons de bronze, un sous le pied au sol, deux sous la souche.
France, première moitié du XVIIe siècle.
Hauteur : 11,1 cm - Largeur : 5,5 cm - Profondeur : 7,8 cm
(Usures, traces de dorure, sur un socle rectangulaire mouluré de bois noirci)
Estimation : 4000 - 6000 €
PROVENANCE :
Collection Nicolas de Hurtado (1854-1920)
Probablement volé le 21 décembre 1934 et restitué à la famille le 23 courant à la veuve du précédent née Amparo, baronne Beyens (1859-1946)
Resté dans la descendance jusqu'à ce jour
L’Allen Memorial Art Museum [Object number 1954.22] conserve un bronze presque identique à celui-ci et donné en plein à Barthélémy Prieur tandis qu’un autre avec une variante - souche remplacée par des draperies - et attribué à l'atelier de Barthélémy Prieur est conservé à la National Gallery of Art de Washington D.C. [N° d’inv. : 1957.14.24]
Le sujet de ce petit bronze a comme source iconographique la Vénus se retirant une épine du pied, élément du décor de la stufetta Bibbiena réalisé dans l'entourage de Raphaël en 1516 et partiellement connu grâce aux gravures de Marco Dente.
Prométhée ou Éphèbe au flambeau
Figure en bronze représentant un éphèbe debout, nu, coiffé d'un nœud de cheveux, des mèches retombant sur l'avant du torse. Il s'appuie de son bras gauche sur un tronc d'arbre sur lequel est un drapé, de sa main gauche il tient une torche enflammée, son bras droit levé au-dessus de sa tête.
France, fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe siècle.
Hauteur : 36,4 cm - Largeur : 11,5 cm - Profondeur : 7,5 cm
(Usures, petits accidents)
Estimation : 3000 - 5000 €
PROVENANCE
Collection Nicolas de Hurtado (1854-1920)
Probablement volé le 21 décembre 1934 et restitué à la famille le 23 courant à la veuve du précédent née Amparo, baronne Beyens (1859-1946)
Resté dans la descendance jusqu'à ce jour
Prochaine vente
Le jeudi 22 mai 2025 à 14 h 30
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