Plaque en cuivre doré, bronze émaillé, corail…

Lot 114
30 000 - 40 000 €
Résultat: 57 375 €

Plaque en cuivre doré, bronze émaillé, corail…

Plaque en cuivre doré, bronze émaillé, corail et argent; de forme octogonale, elle est soulignée d'une frise de motifs ajourés à rinceaux, coquilles et fleurs agrémentés de têtes d'angelots aux ailes déployées; au centre, une figure représentant l'Immaculée Conception entourée d'angelots dans un pourtour de corail taillé en fleurettes et feuillages stylisés dans un cadre à godrons de même matière. Trapani, fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècles. H: 39 - L: 35 cm. Dans l'Antiquité le corail était connu pour ses propriétés magiques et médicinales, et était notamment utilisé au fil des siècles comme un talisman attaché autour du cou et protégeant du «mauvais œil» ou remédiant aux problèmes de fertilité. Puis à la Renaissance il fut employé pour détecter les poisons dans la nourriture. Ses origines mythologiques sont contées par Ovide dans ses Métamorphoses lorsque Persée tua la Méduse, le sang qui coula de sa tête se transforma en corail lorsqu'il toucha le sol. Parallèlement à ces croyances, le corail était également recherché pour sa couleur et sa texture originale et devint rapidement l'un des matériaux parmi les plus appréciés pour le décor de certains objets d'art. Avec le développement des cabinets de curiosités, la demande des amateurs ne cessa de s'accroître et, dès le XVIe siècle, quelques centres européens débutèrent une production, particulièrement la cité de Trapani en Sicile qui devint au cours des XVIIe et XVIIIe siècles le premier centre européen de création d'objets en corail. Considérant sa position géographique privilégiée, proche de Palerme, et sa facilité dans l'exploitation des ressources, Trapani devint également l'un des premiers ports commerciaux de Méditerranée qui lui assura une grande prospérité économique. Cette croissance entraîna le développement de marchands prospères qui, associés à un clergé riche et puissant et au mécénat de la cour du vice-roi de Sicile, contribuèrent à la hausse qualitative des objets rehaussés de corail. En 1628, afin de réglementer la production et d'encadrer la création, une corporation des travailleurs du corail, Arte dei Corallari, fut établie à Trapani. Au commencement, les branches de corail étaient employées en l'état, formant de véritables arbres miniatures aux formes surprenantes montés sur des bases plus ou moins ouvragées, puis progressivement les artisans commencèrent à employer des petites parties retravaillées dont ils rehaussèrent certains objets d'art: encriers, calices, bénitiers, coffrets, aiguières et vases de toutes formes, candélabres «pique cierge», crucifix, miroirs... La plaque que nous proposons se distingue par sa composition qui épouse son âme octogonale de cuivre doré, ce même parti pris esthétique se retrouve sur certains autres modèles de plaques ou de miroirs réalisés dans le même esprit, citons notamment: un premier exemplaire qui a été proposé aux enchères lors de la dispersion du Studiolo de Luigi Koelliker (vente Sotheby's, Londres, le 3 décembre 2008, lot 50); ainsi qu'un second qui est passé en vente chez Sotheby's, à New York, le 9 janvier 1990, lot 64; enfin, mentionnons un miroir de dessin similaire qui se trouvait anciennement dans la collection de Nelson Grimaldi Seabra (vente Christie's, New York, le 22 octobre 2003, lot 5).
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue