Lot 115
1 500 000 - 1 800 000 €
Résultat: 4 080 000 €

SANYU (1901-1966)

Fleurs dans un vase portant une inscription, années 1930
Huile sur toile, signée en chinois et en français en bas à droite.
Porte au dos, sur le châssis, le monograme Henri-Pierre Roché ainsi que l'étiquette de sa collection
72 x 53.5 cm - 281/4 x 21 in.
Oil on canvas, chinese and french signature lower right.
Monogrammed Henri Pierre Roché on the frame and stamped of the collection on reverse.

Bibliographie complète : Sanyu, catalogue raisonné : oil paintings. Rita Wong. Yageo Foundation & Lin & Keng Art Publications, 2001. Reproduit p197, n°89 Sanyu, catalogue raisonné : oil paintings. Volume two. Rita Wong. Li-Ching Cultural and Educational Foundation, 2011. Reproduit p126, n°89 and also referenced p169, appendice A (inventaire des tableaux de Sanyu de la Collection Henri-Pierre Roché), référence 64, sous le titre « Vase jaune, inscription chinoise, Marguerites roses, fond noir. 73 x 54 cm » Sanyu l'écriture du corps, Musée Guimet, 16 juin-13 septembre 2004, ARRAA, 2004. Reproduit n°89 p. 190, repr. Exposition In Search of Homeland - The Art of San Yu, Taipei, Taiwan, 12 octobre - 2 décembre 2001 Sanyu l'écriture du corps, Musée Guimet, Paris, 16 juin-13 septembre 2004, n°89 Provenance Collection Henri-Pierre Roché, Paris, n° 64 Collection Jean-Claude Riedel, Paris Collection privée, acquis en 1979, Paris

Sanyu (1901-1966)
Sanyu naît en 1901, dans une famille très aisée de la province du Sichuan. Son père, peintre animalier spécialisé dans les lions et les chevaux, lui transmet les rudiments de son art. Son frère aîné, à la tête de l'entreprise familiale, l'encourage dans sa passion. Par un soutien financier important, il lui permet de suivre l'enseignement de Zhao Xi, calligraphe réputé, puis d'aller à l'Université de Shangaï, avant, enfin, de parfaire sa formation grâce à un programme de fin d'études qui va le mener au Japon, puis à Berlin et s'achever en France. Sanyu s'installe vers 1923 à Paris et, contrairement à ses contemporains Xu Beihong ou Lin Fengmian qui choisiront après un temps de rejoindre la Chine, et dont le travail fut alors célébré assez rapidement, il décidera quant à lui de pousser ses propres recherches dans ce cercle parisien qu'il trouve si stimulant, faisant ainsi de la France son port d'attache. C'est un choix courageux qui aura pour conséquence une reconnaissance tardive de son véritable talent en Asie. A son arrivée, il choisit les cours de l'Académie de la Grande Chaumière où il étudie surtout le nu sur modèle vivant. Ce faisant, il montre déjà son ouverture d'esprit qui l'amène à traiter un sujet exclusivement occidental. Il applique la méthode de la calligraphie chinoise qui consistent à reproduire le même caractère jusqu'à le maîtriser totalement. Les traits sont incisifs, les esquisses se multiplient. Le dessin présenté aujourd'hui est un beau témoignage de cette époque. A partir de 1925, il expose régulièrement au Salon d'Automne (1925, 1928) mais également dans des galeries parisiennes. Il se voit également souvent sélectionné pour être exposé au Salon des Indépendants (1932, 1938, 1942-1946, 1948, 1954-1956).
La période du début des années 30, qui est celle des deux bouquets de fleurs que nous présentons, est très féconde. La mort de son frère, marque pour l'artiste la fin d'une certaine aisance financière et le début de ce qu'il qualifia sa «vie de bohémien». Heureusement, le travail de Sanyu est alors remarqué par le marchand d'art averti, Henri-Pierre Roché (1879-1959), connu pour avoir soutenu très activement des artistes comme Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Constantin Brâncusi, Marie Laurencin, Man Ray ou encore Jean Dubuffet. Ce dernier lui achète environs 111 tableaux et 600 dessins. Tout en sortant ainsi l'artiste de l'anonymat, Henri-Pierre Roché lui donne les moyens financiers de se consacrer à son travail. Sanyu réalise à cette époque de nombreux nus avec une maîtrise de la représentation du corps humain qui, associée à une approche minimaliste et à une extrême inventivité, le font surnommer le «Matisse chinois». Dans sa quête de perfection, il parvient à associer sa propre tradition, issue de la peinture classique chinoise, avec un style moderne occidental. Il aboutit alors à un art dépouillé et serein où la simplicité du trait et la fluidité de la ligne permettent de capter l'essence même de son sujet. Tout au long de sa carrière, Sanyu travaillera sur trois thèmes de prédilection: les nus, les animaux et les natures mortes. Les deux toiles que nous présentons à la vente sont issues de la sélection choisie par Henri-Pierre Roché. Elles témoignent de l'attachement de l'artiste à son pays natal, d'abord par le choix du thème (la peinture de fleurs dans des vases ou des corbeilles est en effet issue d'une longue tradition picturale chinoise), et également sur le lot XX par l'incorporation de calligraphies chinoises. La beauté ressort de la sobriété et de la simplicité même du trait. «Ce qui importe ici n'est pas le sujet lui-même mais sa faculté à le transposer dans l'univers poétique du visuel. ...fleurs en pot ou en vase montent vers la lumière avec leurs tiges calligraphiques et leurs pétales éthérés, autant d'oeuvres autonomes sorties de l'imaginaire du créateur» Artiste brillant, esprit curieux, il fréquenta de nombreux artistes et esprits de son époque, Roché (qui le représenta et lui fit connaître Picasso), Matisse, Foujita, Man Ray notamment, dont l'influence se fait parfois sentir dans son oeuvre. Récemment, un certain nombre de rétrospectives lui ont été dédiées au niveau international et le marché de l'art consacre enfin l'oeuvre de Sanyu.


Sanyu was born into a very wealthy family in Sichuan Province in 1901. His father, an animal painter specialized in lions and horses, passed down the fundamental basics of his art. Sanyu's older brother, who had become the head of the family business, encouraged his artistic passion through significant financial support, which allowed him to follow the teaching of renowned calligrapher Zhao Xi. He then continued at the University of Shanghai, before completing his training through a graduate program that first took him to Japan, then to Berlin, and finally to France. Sanyu moved to Paris in 1923, and, contrary to his contemporaries Xu Beihong and Lin Fengmian who ultimately chose to return to China, and whose work then gained rapid recognition, Sanyu decided to push his own artistic searching further by plunging into the Parisian circles that he found stimulating, thus making France his own harbor - a courageous choice, to be sure, but not one without consequences. It in part contributed to the belated recognition of what was his true talent. Upon his arrival, he chose to follow courses at Académie de la Grande Chaumière, where he focused on figure studies from live models. In doing so, he immediately demonstrated his open attitude, that lead him to treat exclusively Western subject matter. He applied the methods of Chinese calligraphy consisting of the practice of reproducing the same character until mastering it completely. The lines are sharp and create pronounced yet fluid outlines. The drawing presented today is a beautiful testimony of that time. From 1925 onwards, Sanyu began regularly exhibiting at the Salon d'Automne (1925, 1928) as well as in Parisian galleries. He was also often selected to show at the Salon des Indépendants (1932, 1938, 1942-1946, 1948, 1954-1956).
The early 1930s, the period in which these two flower bouquets were created, was indeed very fertile for Sanyu. The death of his brother, brought a certain end to his financial freedom and marked the beginning of what he referred to as his "bohemian life". Fortunately, Sanyu's work became noticed by the seasoned art dealer Henri-Pierre Roché (1879-1959), known for having actively supported artists such as Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Constantin Brancusi, Marie Laurencin, Man Ray, as well as Jean Dubuffet. Roché purchased some 111 paintings and 600 drawings. All the while bringing the artist out of anonymity, Henri-Pierre Roché provided Sanyu the financial means to fully devote himself to his art. During the time that followed, Sanyu produced many nude studies, demonstrating his mastery in depicting the human body. Combining this subject matter with a minimalist approach and substantial inventiveness Sanyu became known as the "Chinese Matisse". In his quest for perfection, Sanyu succeeded in joining his own tradition, derived from classical Chinese painting, with a modern Western style. He thus succeeded in forming a reductive and serene art, in which simple strokes, free-flowing lines allowed him to fully capture his subjects' essence. Throughout his career, Sanyu continued to work on his three favorite themes: nudes figures, animals, and still life. Both paintings presented for sale today were part of Henri-Pierre Roché's initial selection. They show the artist's commitment to his native country, through the choice of theme (painting of flowers in vases or baskets, continuing a longstanding Chinese tradition in painting) as well as, in Lot XX, the use of Chinese calligraphy. Beauty springs from the compositions' focussed restraint and line definition. "What matters here is not the subject itself but the master's capacity for drawing us into a poetic visual universe... flowers in pots and vases extend up towards the light with their calligraphic stems and ethereal petals, as outspurts of the artist's imagination." Sanyu was a brilliant artist with a curious mind. He knew many artists and thinkers of his time, including Roché (who represented his work and introduced him to Picasso), Matisse, Foujita, and Man Ray, whose influence can at times be perceived in his work. A number of international retrospectives were devoted to Sanyu recently, and the art market has finally recognized his work.
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