GEORGES MATHIEU (1921-2012)

Lot 45
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GEORGES MATHIEU (1921-2012)


Vieillesse des roses, 1983
Alkyde sur toile, signée en bas à gauche et titrée au dos
73 x 92 cm 
Cette oeuvre est répertoriée sous le numéro n° 1690 d'archive de la galerie Protée.
Un certificat rédigé par l'artiste en octobre 1983 sera remis à l'acquéreur.
Dans cette oeuvre, le geste rapide et net, laisse paraitre les mouvements du corps du peintre, et rappelle ainsi le travail des calligraphes japonais, travail pour lequel Georges Mathieu a tant d'admiration.
Le format horizontal, ainsi que l'opposition des lignes verticales et des aplats horizon­taux annoncent le tournant cosmique de l'oeuvre de Georges Mathieu.
Les couleurs crues et pures ressortent vivement sur un fond sur lequel le blanc et le noir s'opposent. Des lignes vibrantes et frontales suivant des trajectoires toutes différentes, surgissent des aplats horizon­taux pour redynamiser la composition. Il crée, par ces oppositions de signes une tension dramatique au coeur de la toile.

Georges Mathieu est né le 27 janvier 1921 à Boulogne-sur-Mer et meurt le 10 juin 2012 à Boulogne-Billancourt. Issu d’une famille de banquiers, il s’oriente d’abord vers des études de droit, qu’il abandonne en 1942 pour se consacrer aux arts plastiques.
Aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, l’Europe se reconstruit. L’art pictural est en transformation. Le critique d’art, Jean José Marchand définit en 1947 les toiles de Georges Mathieu en évoquant pour la première fois la notion de « l’abstraction lyrique ».
En effet, l’artiste s’oppose à l’abstraction géométrique, il se libère des contraintes et habitudes classiques. La grande rapidité de sa gestuelle en peinture se traduit par une forte émotion, à défaut d’une représentation exacte de la réalité. Les formes sont nettes et précises.
En 1957, Georges Mathieu séjourne quelques mois au Japon et y découvre avec un intérêt profond ses traditions esthétiques et picturales. L’art de la calligraphie en particulier attire son attention, il s’agit d’une pratique traditionnelle très ancienne, que l’on voit apparaître en 206 avant Jésus-Christ pendant la période de la dynastie des Han, développée par les moines bouddhistes.
Georges Mathieu se nourrit de cette calligraphie extrême orientale et s’en inspire, mais il utilise la beauté et la poésie du geste dans un but tout à fait différent. La calligraphie orientale est liée à la religion et a donc une portée spirituelle très importante voire même prégnante, en revanche l’artiste construit ses compositions à partir de signes abstraits, qu’il dénude de sens pour expliquer que la signification vient d’une reconstruction mentale faite par le lecteur et non du signe lui-même. C’est pour cette raison, la négation du signe comme signifiant, qu’André Malraux qualifiera l’artiste de « calligraphe occidental ».


 
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