FLAUBERT (Gustave)

Lot 8
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6 000 - 8 000 EUR

FLAUBERT (Gustave)

Salammbô. Paris, Lévy Frères, 1863.
In-8, demi-maroquin vert foncé à coins, dos à nerfs orné de filets dorés, non rogné, couverture et dos conservés (Reliure signée Canape).
Édition originale. Exemplaire de première émission avec ldes fautes notamment aux pages 5 «effraya» au lieu de «effrayèrent», 80 et 251 «Scissites» au lieu de «Syssites» et; aux pages 368 et 370.
Salammbô fût le deuxième roman publié par Gustave Flaubert. Après cinq années à décrire la petite bourgeoisie provinciale pour Madame Bovary, il se hâta à chercher un nouveau sujet, le plus éloigné possible. Fin mars 1857, sa décision fut prise «Je vais écrire un roman dont l'action se passera trois siècles avant Jésus-Christ, car j'éprouve le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s'est trop trempée et qui d'ailleurs me fatigue autant à reproduire qu'il me dégoûte à voir».
Durant 59 mois, Flaubert se consacra à l'élaboration de Carthage, qui deviendra Salammbô. Il entreprit de se renseigner sur son sujet et découvrit les exigences d'une nouvelle méthode - l'écrivain-chercheur. Les travaux de recherches déployés pour l'écriture furent immenses; des centaines d'ouvrages mis en fiches, près de2000 folios de brouillons.
Il entama la rédaction en septembre 1857, phase qui suscita de nombreux doutes amenant à son voyage en Tunisie d'avril à juin 1858 afin de se documenter, d'observer et de s'imprégner du cadre de son histoire. A son retour, il révisa entièrement ses idées d'origine et acheva finalement l'écriture en avril 1862 «J'ai enfin terminé, dimanche dernier, à sept heures du matin, mon roman de Salammbô. Les corrections et la copie me demanderont encore un mois et je reviendrai ici dans le milieu de septembre, pour faire paraître mon livre à la fin octobre. Mais je n'en puis plus. J'ai la fièvre tous les soirs et à peine si je peux tenir une plume. La fin a été lourde et difficile à venir.» écrivit-il à Mlle Leroyer de Chantepie le 24 avril 1862.
Salammbô parut en novembre 1862 chez Michel Lévy, et connut un rapide succès mondain, amplifié par une double polémique avec Sainte- Beuve qui considéra le roman comme un échec et reprocha à Flaubert de prendre des libertés avec les éléments établis par les archéologues. Flaubert se défendit avec véhémence ayant la conviction que son archéologie était probable et l'Orient immuable.
Joint: Un très beauté feuillet manuscrit de 2 pages in-folio, écrit recto et verso, avec ratures et corrections de la page 9 de l'édition originale concernant le récit de Spendius allant de «un grand soupir s'échappe de sa poitrine; il balbutiait, il ricanait sous les larmes claires qui lavaient sa figure» jusqu'à «et on avait un qui risquaient leur vie pour l'inconcevable plaisir d'y boire.». Le manuscrit joint présente de nombreuses variantes avec le texte imprimé à la page 9 de l'édition. Flaubert l'a barré de deux traits. Au verso, il a consigné deux nombreuses notes, titrées «II Politique», concernant la tribu des Lybiens, la manière dont se faisait le commerce, les Syssites, les mercenaires, etc.
Ces notes ont servi à l'ouvrage et montrent le soin particulier avec lequel Flaubert travaillait ses textes.
Quelques petites restaurations à la couverture, feuillet manuscrit séparé en deux, quelques petites déchirures sans manque
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