CHARLES LE BRUN ET COLLABORATEUR (PARIS 1619 - 1690)

Lot 61
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CHARLES LE BRUN ET COLLABORATEUR (PARIS 1619 - 1690)


Etude pour le plafond de la Galerie d'Apollon au Louvre
Plume et encre noire, lavis gris et brun, rehauts d'or, de blanc et d'aquarelle
27,5 x 16 cm
Annoté en bas à gauche à la plume
Le Brun fecit
Annoté en bas à droite à la plume angles du plafond

Notre dessin est une partie du projet de décor de la Galerie d'Apollon du Louvre présenté probablement par Charles Le Brun à Louis XIV et Colbert au début de l'année 1663.
Il s'inscrit dans un ensemble de dessins composant « une première idée » pour ce projet ambitieux et présentant quelques variantes avec le décor exécuté.
Un devis du 3 mai 1663, décrit une étape intermédiaire.
Cette oeuvre s'insère dans un groupe de dessins préparatoires aux ornements placés à la retombée de la voûte du plafond d'Apollon. Dans son ouvrage,
Bénédicte Gady remet en perspective les deux dessins conservés au Louvre, un dessin appartenant au Musée de Montpellier et un autre conservé au
Hessisches Landesmuseum de Darmstadt.
A l'origine, cet ensemble aurait fait partie de deux grandes feuilles découpées par la suite. (Peupler les Cieux - Dessins pour les plafonds parisiens au XVIIe siècle, Paris, 2014, n° 64, reproduits). Un système d'encoches sur le bord des dessins a permis de les mettre en correspondance. Notre dessin se place avant le dessin de Darmstadt.
La Galerie d'Apollon, conçue par Le Vaux et Le Brun, contient cent cinq oeuvres d'Art enchâssées dans le riche décor sculpté de la voûte et des murs.
Le 6 février 1661, un décor de ballet donné dans l'ancienne Galerie des rois du Louvre prend feu : La Galerie est entièrement détruite. Louis XIV est son ministre et surintendant des Bâtiments, Colbert, choisissent de reconstruire cet espace de réception. Louis Le Vaux y travaille de 1661 à 1663. Charles Le
Brun lui succède pour les décors.
Rentré de Rome cette même année 1663, Charles Le Brun est fortement imprégné par l'Art baroque romain, marqué par les grands décors qu'il a pu y admirer surtout ceux du palais Farnèse. En France, il a déjà travaillé sur un programme décoratif associant sculptures et peintures, à Vaux le Vicomte.
Le programme iconographique est approuvé par Colbert. La course du soleil à travers le temps et l'espace, associée au mythe d'Apollon, permet d'établir un parallèle glorifiant Louis XIV. La structure du décor, très cohérente, est aussi très complexe. Le Brun associe grands cadres, éléments architecturaux et figures en ronde bosse. Un rideau en trompe l'oeil aux extrémités, associé à deux paysages avec Cybèle et Neptune, renforce la théâtralité.
Entouré d'une équipe de sculpteurs et de peintres parmi lesquels Girardon, les frères Marsy, Monnoyer ou Gonthier,
Le Brun se réserve certaines grandes toiles dont La course au Soleil - Apollon / Louis XIV centrale, qu'il ne pourra achever. Delacroix y réalisera au XIXe siècle, Apollon terrassant le serpent Python, s'éloignant du projet initial.
Le Brun travaille sur ce décor jusqu'en 1666, et en 1677, le projet inachevé est mis de côté, il manque la plupart des peintures. Louis XIV quitte le Louvre en 1678 pour Versailles. L'ensemble sera complété aux XVIIIe et XIXe siècles.
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