VAN RYSSELBERGHE THÉO (1862-1926).

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VAN RYSSELBERGHE THÉO (1862-1926).

L.A.S. «Ton Janniquet», Nice 21 août 1918, à SA FEMME Maria Van RYSSELBERGHE; 4 pages in-4.

Longue et belle lettre relatant une visite à Renoir.

Il évoque ses déplacements à Peïra-Cava, où il fit un délicieux séjour, puis Cagnes: «Je ne saurais te dire à quel point m'a impressionné ma visite à RENOIR; c'est pathétique, douloureux en même temps que très encourageant de voir un être, infirme et physiquement entravé à ce point - inimaginable, vraiment! - conserver une telle ardeur, un tel besoin de créer, toujours, toujours et encore. Son atelier est rempli de centaines (tu m'entends bien, de centaines) de peintures récentes. Il y en a de terribles, il y en a de très belles, il y en a de déconcertantes, mais de voir cet homme, plein de vie, de feu, de foi et d'ardeur, mais mutilé, à demi dévoré de gangrène, ne pouvant plus ni se tenir debout, ni se servir de mains, qu'il n'a pas, on est confondu d'admiration et je comprends qu'après avoir vu un tel spectacle, on ait un immense respect pour une telle volonté humaine»... Renoir se souvint de lui, et parla d'art et de bonne chère, «car c'est, dit-il, une consolation de penser à toutes les bonnes choses qu'il a boulottées! N'est-ce pas touchant? Il parla du “diamanté” de certaines pommes de terre, du “velouté laiteux” de certains harengs fumés selon un rite spécial - du fumet de certains vins, etc., etc. avec des yeux pétillants et une figure ravie [...] et but un verre de bière fraîche, avec une joie de gosse... Je m'en souviendrai, du pauvre vieux Renoir!»... Et de terminer par quelques lignes témoignant de l'effet des bonnes nou- velles du front: «Ah, les salauds de Boches, on les aura, sûrement, et on ira jusqu'au bout pour les mater si pas à jamais, du moins pour le temps qu'il leur faudra à se déféodaliser»...
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