LHOTE ANDRÉ (1885-1962).

Lot 81
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450 - 500 EUR

LHOTE ANDRÉ (1885-1962).

MANUSCRIT autographe signé «André Lhote», [23 mars 1953]; 2 pages in-4 (marques au crayon rouge pour la lecture).

Bel hommage à Raoul Dufy (décédé le 23 mars 1953).

[Ce texte a dû être lu à la radio, comme l'indiquent les pauses mar- quées au crayon rouge; il a été ensuite publié, sous le titre Mon compagnon, dans Les Lettres françaises du 26 mars 1953.] «C'est avec grande émotion que j'ai appris il y a un instant la mort de Raoul DUFY. Je regrette à la fois la perte d'un excellent peintre et celle d'un camarade fidèle et généreux. Oui. La France perd en Dufy un grand coloriste qui, devant le chevalet était également homme d'esprit. Il avait en effet le sens de la retenue à une époque où le génie n'est accordé qu'à la démesure. Artiste savant, il professait que la science du peintre ne doit pas peser d'un trop grand poids sur son oeuvre et que le tableau le mieux combiné doit se présenter avec la grâce d'une improvisation»... Lhote souligne la mesure naturelle de l'artiste et sa thématique récurrente, puis parle du début de leur relation, en 1909, à Orgeville, relation marquée en tout temps par la générosité de son aîné, «déjà notoire», qui mit «au carreau» des esquisses du «jeune peintre inconnu» pour sa première exposition particulière, comme plus tard, il recommanda Lhote à son propre marchand: «Je vis un jour Dufy arriver chez moi, essouflé par mes trois étages sans ascenseur, accompagné du marchand [...]. Il fallut que je montre toutes mes toiles... Je demande qu'on me signale un pareil cas de désintéressement, de folie! chez un peintre contem- porain. Raoul Dufy, gentil compagnon, je te vois partir avec grande peine et grand effroi. Tu es un peu de mon passé qui disparaît, et ce vide réduit d'un peu plus l'horizon de mon avenir»...

On joint une photographie d'André Lhote.
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