DROUET JULIETTE (1806-1883)

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DROUET JULIETTE (1806-1883)

Lettre autographe signée «Juliette» à Victor HUGO S.l., «12 9bre [1847] Vendredi matin 8h ½», 4 pages in-8 à l'encre brune sur papier ocre. (Usage du temps et bords légèrement effrangés).
Belle lettre amoureuse de Juliette Drouet à Victor Hugo.
«Bonjour, mon Victor bien aimé, bonjour, mon cher adoré, bonjour vieux paperassier, vieux écriveur public, bonjour sublime griffouilleur, bonjour. Si vous croyez que c'est là ce qui rend une Juju heureuse vous vous trompez joliment. Cette nuit j'ai été tentée plusieurs fois de vous sauter à griffes jointes sur le dos pour vous forcer à vous retourner vers moi, à cesser votre affreux bruit agaçant, à me parler. Si je ne l'ai pas fait c'est par un sentiment de respect absurde pour votre cruelle infirmité. Cette féroce manie étant passée à l'état chronique il n'est que trop probable que rien ni la force, ni la douceur ni la violence ni la prière ne sauraient vous en faire changer. Il faut donc se résigner en grinçant des dents à vous voir mettre continuellement du blanc sur du noir quitte à en crier d'admiration après. Ceci vous prouve, monsieur, jusqu'à quel point je rage de ne pouvoir pas échanger un traître mot avec vous et combien je suis privée de n'avoir pas le temps de vous glisser une pauvre petite caresse de rien du tout sous peine de vous voir grogner de ce que je vous dérange dans votre hideuse occupation. Je ne vous en garde pas rancune mais je bisque et je vous adore. Juliette».
Étonnante lettre qui témoigne du quotidien de Juliette Drouet aux côtés de Victor Hugo, et qui met en avant l'admiration qu'elle lui porte, mais aussi la frustration qu'elle éprouve à le voir immergé dans ses occupations littéraires.
Juliette Drouet (1806-1883) commença une carrière de comédienne en 1829 à Bruxelles et la poursuivit à Paris. En 1833, elle fit la rencontre de Victor Hugo, qui lui demanda d'abandonner sa vocation pour se consacrer entièrement à lui. Elle vécut dévouée à lui sans jamais partager son toit, même après l'avoir accompagné lors de ses exils à Jersey (1852) et Guernesey (1855). Gérard Pouchain, auteur d'une biographie qui lui est consacrée, souligne les qualités d'écriture des lettres qu'elle lui écrivit.
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