Madras ayant appartenu à Napoléon Ier. Madras...

Lot 74
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Madras ayant appartenu à Napoléon Ier. Madras...

Madras ayant appartenu à Napoléon Ier.
Madras that belonged to Napoleon I.
Foulard en soie brodé sur deux coins au chiffre impérial «N», et doublé d'un fin tissu de tulle.
Décor central de motifs de fraises, bordé de sept bandeaux à frises de fleurs et feuilles stylisées, sur fonds alternativement noirs blancs et rouges.
Taille (plié): 48 x 45,5 cm. A.B.E.
PROVENANCE Valérie Masuyer (1797-1878), dame d'honneur de la Reine Hortense.
Collection napoléonienne du Palais princier de.Monaco
OEUVRE EN RAPPORT Le musée des châteaux de Malmaison et Bois-Préau conserve un autre madras de l'Empereur, en toile de coton à carreaux rouges et blanc (Inv.
N° 314).
HISTORIQUE Vers 1830, le peintre Charles de Steuben représente
Napoléon dans un cadre intime. Ici, point de décorum ou de pompe impériale: l'artiste, soucieux de coller au plus près de la réalité historique, montre un homme en simple chemise, culotte et pantoufles, coiffé de son éternel madras rouge.
Ce foulard créole que l'Empereur, frileux, avait pris l'habitude de porter aux côtés de Joséphine, étonna ses contemporains. Il se trouve ainsi mentionné dans de nombreux témoignages. Louis Constant, premier valet de chambre, se souvient de cette coiffure peu commune, qui donnait à l'Impératrice «l'air de créole le plus piquant à voir[1]».
Dans ses mémoires, il détaille par ailleurs les différentes toilettes de Napoléon, sans omettre le fameux madras: «Sa majesté, avant sa toilette, passait, en été, un pantalon de piqué blanc et une robe de chambre pareille; en hiver, un pantalon et une robe de chambre de molleton. Elle avait sur la tête un madras noué sur le front et dont les deux coins de derrière tombaient jusque sur son cou. L'empereur mettait lui-même, le soir, cette coiffure on ne peut moins élégante. Lorsqu'il sortait du bain on lui présentait un autre madras, car le sien était toujours mouillé dans le bain, où il se tournait et se retournait sans cesse[2].»
D'une hygiène méticuleuse, Napoléon renouvelait fréquemment son linge et démultipliait les pièces de sa garde-robe. Il possédait ainsi un bel assortiment de foulards créoles, dont les documents d'archives laissent deviner la très grande fréquence d'utilisation: pour les seuls mois de janvier, février et mars 1813, Constant dénombre le blanchiment de pas moins de 62 madras! À Sainte-Hélène, l'Empereur emporta également 6 de ses précieux foulards[3], et s'en couvrit le chef jusque dans ses derniers instants. Le général Montholon, qui veilla
Napoléon durant sa maladie, écrit dans son journal: «13 avril. La nuit a été moins bonne, peut-être à cause de l'abondance de la transpiration. Sept fois j'ai changé l'Empereur, et chaque fois flanelle et linge étaient trempés, jusqu'au madras dont il entoure sa tête. Ces changements de linge sont bien difficiles à faire sans l'impatienter, car il ne veut pas de lumière dans sa chambre; il ne souffre qu'une bougie dans la pièce voisine, et c'est à la faible lueur de cette lumière qu'il me faut, non lui donner, mais lui mettre tout ce dont il a besoin, même nouer le madras sur sa tête[4].» [1] Louis Constant Wairy, Mémoires sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour, volume 2, Paris, Ladvocat, 1830, p. 153.
[2] Ibid., p. 66.
[3] Ainsi qu'il est mentionné dans l'inventaire de son testament.
[4] Charles Tristan Montholon, Histoire de la captivité de Sainte-Hélène, volume 1, Leipzig, Brockaus et Avenarius, 1846, p. 252.
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