ATELIER DES ROSSET, ATTRIBUÉ À JEAN-FRANÇOIS-JOSEPH ROSSET, DIT DUPONT (SAINT-CLAUDE, 1706 - 1786)

Lot 68
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ATELIER DES ROSSET, ATTRIBUÉ À JEAN-FRANÇOIS-JOSEPH ROSSET, DIT DUPONT (SAINT-CLAUDE, 1706 - 1786)


Portrait du roi Henri IV Buste à mi-corps en albâtre
Signé, situé et daté sous l'épaule en lettres capitales: Rosset/St Claude/1771
Haut. totale: 71 cm; larg.: 48 cm
Socle quadrangulaire en albâtre incrusté de marbre noir portant l'inscription: Henri IV.
Haut.: 18 cm
Petits accidents et manques
Provenance
Collection Marie de Rohan-Chabot, princesse Lucien Murat, Paris
Transmis familialement

Bibliographie
M. Buffenoir, «Une famille d'artistes francscomtois au dix-huitième siècle: les Rosset», Gazette des Beaux-arts, février 1923, pp.
121-126 --- Cat. expo.: Les Rosset. Un atelier jurassien au temps des Lumières, Dole, nov.
2001- février 2002
Expert
Albéric Froissart albe.froissart@gmail.com «Il n'y a personne qui sache donner la vie à un buste comme le sculpteur de Franche-Comté» écrit le roi Frédéric II au sujet de Jean-François-Joseph Rosset dont nous voyons ici une oeuvre inédite, la plus grande réalisation dans le registre du portrait sculpté que l'on connaisse de lui à ce jour. Issu d'une famille de sculpteurs jurassiens confinés à l'artisanat d'art au travers de petits objets religieux en buis, en albâtre ou encore en ivoire, Notre
Rosset doit sa notoriété à l'intérêt que lui porta Voltaire, installé grandement au château de Ferney. Dans la notice nécrologique qui lui est consacrée dans le Journal de Paris en date du 4 janvier 1787, le marquis de Vilette écrivit: «M. Rosset a fait les premiers bustes de Voltaire, qui jusqu'alors, n'avait pas consenti à prêter son visage. Subjugué par la bonhomie de cet artiste qu'il connaissait de réputation, il l'accueillit à Ferney; et je fus le témoin de l'ingénuité avec laquelle Voltaire ôta sa perruque, tandis qu'il jouait aux échecs pour luui prêter sa tête.» C'est d'ailleurs en popularisant l'image du philosophe que Rosset acquiert la célébrité et la reconnaissance des grands de l'époque. En admirant un Saint
Jérôme sorti de ses mains, Falconet faisait observer que «l'auteur avait certainement fait son cours d'Italie; et qu'il avait étudié au moins dix ans les grands maîtres: et ne voulut jamais croire qu'il n'était pas sorti de sa ville». Et Pigalle de renchérir en déclarant au sujet des oeuvres de Rosset «qu'il n'avait rien vu des anciens qui eût plus de perfection». Si l'artiste diffuse de petits portraits de Sully et du roi Henri IV dont l'iconographie se développe sous le règne de Louis XV dans un souci de propagande en faveur des Bourbons, celui que nous présentons constitue une exception par sa taille grandeur nature. Un souffle baroque se dégage de cette oeuvre tant par le bouillonnement des étoffes que par la tête du monarque violemment rejetée sur le côté, portant une armure sur laquelle repose le cordon de l'ordre du Saint Esprit et que rehausse la fraise qui lui entoure le visage.
Le socle quadrangulaire à pans coupés très particulier est aussi représentatif de la manière de l'artiste comme en témoigne le petit buste de Montesquieu présenté par la galerie Heim en 1979 (albâtre, Haut.: 24 cm: Recent acquisitions.
French paintings & sculptures of the 17th and 18th Century, Summer Exhibition, June-August 1979, London, Heim Gallery, n° 24, repr.). La figure anthropomorphe figurée sur l'épaulette de l'armure du monarque délicatement sculptée ajoute une touche décorative particulièrement savoureuse. Provenance : Collection Marie de Rohan Chabot, princesse Lucien Murat, Paris.
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