CHATEAUBRIAND FRANÇOISRENÉ DE (1768-1848)

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CHATEAUBRIAND FRANÇOISRENÉ DE (1768-1848)

L.A.S. «Chateaubriand», Paris 30 mai 1827, [à Paul-François DUBOIS]; 2 pages et quart in-4 (petites déchirures et fentes sans manque).
Belle lettre sur Combourg et les Mémoires d'outre-tombe.
«J'ai souvent Monsieur cru mourir, et je vis, ce qui n'est pas grand'chose. Il en sera de même pour vous; vous vivrez. Je suis chrétien, monsieur, et très chrétien et je vous convertirai; nous nous entendrons. Mes mémoires diront après moi, ce que furent, (car ils sont abattus) ces bois de Combourg que vous allez chercher. Vous verrez ce vieux chateau qui n'est pas intéressant pour moi, parce qu'il est gothique mais parce qu'il est rempli des impressions de mon enfance et des souvenirs de ma jeunesse. Pensez quelquefois à moi sur les grèves que j'ai tant parcourues, mais ne vous occupez de mes ouvrages qu'autant qu'ils ne fatigueront pas votre santé. Vous me survivrez de quelque quarantaine d'années. Je vous recommande alors ma mémoire comme je me confie aujourd'hui à votre amitié»...
On joint la minute de la lettre de Paul-François
DUBOIS à laquelle Chateaubriand répond (4 p. in-8). Il part malade respirer l'air de son pays. «J'emporte vos ouvrages pour charme de ma solitude, Je les relirai aux lieux où je les ai lus pour la première fois [...] ce sont vos livres qui ont inquiété pour la première fois ma pensée, et animé mon imagination. Sous cette éducation toute soldatesque, toute servile de l'empire, c'est le Génie du christianisme qui fut le véritable maître des âmes, & pour moi, dans notre bonne et religieuse province, je lui ai dû une piété qui n'était pas une manoeuvre.
Maintenant mes croyances ne sont plus: mais leur poésie me reste [...] Ce soir à six heures je courrai sur la route de Bretagne:
Combourg est dans ma pensée, et bien certainement j'y ferai un pèlerinage»... [Paul-François DUBOIS (1793-1874), professeur de lettres d'opinions libérales et futur député, fonda en 1824 avec Pierre Leroux le journal Le Globe, publication d'abord purement littéraire et philosophique avant de devenir politique après la chute du ministère
Villèle en janvier 1828.]
Correspondance générale, t. VII, n° 435.
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