Importante sculpture en marbre blanc statuaire...

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Importante sculpture en marbre blanc statuaire...

Importante sculpture en marbre blanc statuaire représentant une jeune femme allongée, dite «Cléopâtre» ou «Ariane endormie». La figure porte un lourd manteau laissant entrevoir un de ses seins; son visage est supporté par son bras gauche, dont le biceps est entouré d'un bracelet en forme de serpent, tandis que le bras droit est levé nonchalamment au-dessus de sa tête. Elle repose sur un amas de rochers stylisés. Le tout est supporté par une plinthe lisse rectangulaire prise dans la masse dont la façade offre un léger décrochement. Signée P. JULIEN F. et datée 1785 (à l'arrière). Hauteur 57,5cm; largeur 85cm; profondeur 30cm. (Usures et légers manques au socle; restaurations aux doigts). Bibliographie: P. Malgouyres, «Julien et la copie d'antiques», dans le catalogue de l'exposition Pierre Julien 1731-1804, Musée Crozatier, Le Puyen- Velay, 2004, p.94, fig.54 (illustrée). Provenance: Probablement réalisée pour le baron de Juys lors du séjour du sculpteur à Lyon en 1785-1786. Cette sculpture s'inspire directement d'un marbre antique conservé au musée du Vatican à Rome et illustré dans F. Haskell et N. Penny, Pour l'amour de l'antique, La statuaire gréco-romaine et le goût européen 1500-1900, Hachette, 1988, p.207. Cet original romain, lui-même copie d'un modèle antérieur de l'école de Pergame, est mentionné pour la première fois en 1512 lors de son acquisition par le pape Jules II auprès d'Angelo Maffei. Placé au Belvédère, l'on apporta un soin tout particulier à sa mise en scène en le plaçant dans un décor, donnant l'illusion d'une grotte, connu sous le nom de «stanza della Cleopatra». En 1797, après quelques siècles dans les collections papales, l'oeuvre est cédée aux Français par le traité de Tolentino et est acheminée à Paris en juillet 1798. Exposée lors de l'inauguration du Musée central des Arts en 1800, elle retourne à Rome après la chute de Napoléon avec le premier retour de statues le 4 janvier 1816 et figure en mai de cette même année au musée Pio-Clementino. Dès son entrée dans les collections papales au XVIe siècle, l'oeuvre fut admirée par les écrivains, artistes et amateurs européens. Quelques grands collectionneurs, essentiellement des souverains et princes, en firent faire des répliques: c'est notamment le cas d'une copie en marbre réalisée pour Isabelle d'Este; d'une autre, cette fois-ci en bronze, fondue par le Primatice pour François Ier, et plus tard, de deux autres en marbre, l'une par Jean-Baptiste Goy, l'autre par Corneille Van Cleve, sculptées pour les collections de Louis XIV. Enfin, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, d'autres copies furent réalisées, notamment en bronze par les sculpteurs italiens Zoffoli et Righetti. L'exemplaire que nous présentons fut exécuté par Pierre Julien, sculpteur renommé, qui semble avoir apprécié ce domaine si particulier de l'art du statuaire: la copie d'antiques célèbres, dans lequel il démontra dès 1768 son talent hors du commun en cette matière. Philippe Malgouyres souligne à juste titre que certains détails stylistiques, particulièrement le traitement des plis du vêtement et des rochers, révèlent le recours de Julien à une version indirecte, probablement en bronze, pour l'élaboration de son modèle; remarque pertinente si l'on tient compte du fait, qu'en 1785, le statuaire, en convalescence, est hébergé chez son protecteur lyonnais, le puissant baron de Juys. Il apparaît alors fortement probable, que ce grand amateur ait commandé cette sculpture directement à Julien lors de son séjour, mais n'excluons pas non plus que l'artiste ait pu lui offrir l'oeuvre en gage de remerciement et d'amitié. A ce jour, une seule autre version en marbre est rattachée à l'oeuvre de Julien; toutefois, elle est non signée et présente certaines différences notamment dans le drapé. Elle est entrée, probablement sous l'Empire, dans les collections nationales, puis est inventoriée en magasin à Versailles en 1816, enfin, elle est placée au Grand Trianon jusqu'à la fin du XIXe siècle. Elle figure actuellement dans les collections du musée national du château de Versailles (illustrée dans Musée national du château, Les sculptures, I- Le musée, RMN, Paris, 1993, p.39, catalogue n°58). Pierre Julien (1731-1804): Ce sculpteur d'exception figure parmi les meilleurs statuaires français de la seconde moitié du XVIIIe siècle et des toutes premières années du siècle suivant. Formé à Lyon chez Antoine-Michel Perrache, professeur à l'Ecole de dessin de la ville, Julien vient ensuite à Paris et entre dans l'atelier du sculpteur Guillaume II Coustou. En 1765, il remporte le premier prix de sculpture, passe trois années à l'Ecole royale des élèves protégés et obtient son brevet de pensionnaire de l'Académie de France à Rome en juin 1768. Il arrive à Rome en décembre 1768 et y passe un peu plus de quatre ans à étudier les antiques et les grands maîtres de l'art italien. De retour à Paris, Julien participe notamment, aux côtés de son ancien maître, à l'exécution du mausolée du Dauphin, il expose régulièrement aux salons du Louvre de 1779 à 1804, il réalise les statues de La Fontaine et du Poussin pour le roi et surtout il est chargé par la Direction des Bâtiments du décor de la laiterie du château de Rambouillet pour Marie-Antoinette. Le sculpteur cumula les titres honorifiques: agréé à l'Académie en avril 1778, il est nommé académicien en mars de l'année suivante, adjoint à professeur en octobre 1781, puis professeur le 30 janvier 1790. Enfin, en décembre 1795, il est nommé membre de l'Institut. Il meurt au palais de l'Institut en décembre 1804, quelques mois après avoir été nommé membre de la Légion d'honneur. L'année suivante son atelier est vendu aux enchères; le catalogue de vente est révélateur de l'activité toujours soutenue du sculpteur à cette époque.
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