Vera ROCKLINE (1896-1934)

Lot 62
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220 000 - 250 000 €
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Vera ROCKLINE (1896-1934)

Vue de Tiflis, circa 1919 Huile sur toile, signée «Vera Rockline» en bas à gauche, signée en cyrillique en bas à droite «Shlezinger», nom de jeune fille de l'artiste, annoté au dos sur la toile «N1 Shlezinger» Porte au dos la référence VR46, l'étiquette de l'exposition Jean Battais indiquant «9 - Vue de Tiflis» et le cachet de la Rétrospective Jean Battais 89 x 65 cm - 35 x 251/2 in. Oil on canvas, signed «Vera Rockline» lower left and signed with her maiden name in Cyrillic «Shlezinger» lower right Expositions: Vera Rockline, Galerie Jean Battais, n°9, 1974 Rétrospective Vera Rockline 1896-1934, Galerie Jean Battais, n°4, 1975 Provenance: Acquis par l'intermédiaire de la Galerie Jean Battais à Rennes vers 1975 Conservé depuis ce jour. Collection privée, France Un certificat de la Galerie Drouart sera remis à l'acquéreur «Permettez-moi de vous répéter ce que je vous disais ici: traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône». «La délicatesse de notre atmosphère tient à la délicatesse de notre esprit. Elles sont l'une en l'autre. La couleur est le lieu où notre cerveau et l'univers se rencontrent. C'est pourquoi elle apparaît toute dramatique aux vrais peintres. Regardez cette Sainte-Victoire... Quel élan, quelle soif impérieuse de soleil, et quelle mélancolie, le soir, quand toute cette pesanteur retombe... Ces blocs étaient du feu. Il y a encore du feu en eux. L'ombre le jour a l'air de reculer en frissonnant, d'avoir peur d'eux...» Paul Cézanne Extrait de la correspondance de Cézanne avec Emile Bernard, publiée en 1907 Vera Schlezinger Rockline naît à Moscou, en 1896, d'un père russe et d'une mère française. Déjà respectée à Moscou, en tant qu'élève du néo-impressionniste Ilya Mashkov, elle suit dès 1917 à Kiev, l'enseignement, de la cubiste Alexandra Exter.Sa formation est profondément influencée par l'Art Moderne émergeant alors en France, ainsi que par l'Avant- Garde russe. Son talent se révèle très tôt, d'aucuns diront même qu'elle finira par dépasser son maître Alexandra Exter. Les oeuvres qu'elle compose entre 1917 et 1920, sont les plus recherchées et correspondent à une époque où son travail est fortement marqué par le cubisme cézannien tout en étant orienté par son mentor Alexandra Exter. Vera Rockline se rend en 1917 en Géorgie, à Tiflis (Tbilissi), ville aux ruelles enchevêtrées et au relief accidenté. Inspirée par la composition et le style adoptés par Alexandra Exter dans «Le Pont de Sèvres et les hauteurs de Meudon, 1911» elle réalise une vue de cette ville, récemment présentée en vente (à Londres). En 1918-1919, elle expose à Moscou sous son nom de jeune fille Schlezinger à l'Union des Peintres Russes, à l'exposition des Peintres et Sculpteurs Juifs, à la 24e Exposition de l'Association des Artistes Moscovites et à la 5e exposition nationale de peinture «De l'Impressionnisme à l'Abstraction». Elle s'installe à Tiflis en 1919, avec son mari Monsieur Rokhlin. Les toiles qu'elle peint alors, sont souvent signées de ses deux noms, Rockline et Schlezinger. Poussant à l'extrême les préceptes reçus de ses maîtres, elle Vera Schlezinger Rockline was born in Moscow in 1896, to a Russian father and a French mother. Already respected in Moscow as a pupil of the neo-Impressionist Ilya Mashkov, she follows the teachings, in Kiev as of 1917, of the Cubist Alexandra Exter. Her training is deeply influenced by Modern Art emerging in France at the time as well as the Russian avant-garde. Her talent is revealed at a very early age, certain would even say that she came to surpass her master Alexandra Exter. The works she creates between 1917 and 1920, the most sought-after, are part of a period in which her work is heavily influenced by Cézannian cubism while being guided by her mentor Alexandra Exter. Vera Rockline goes to Tbilissi, Georgia, in 1917, a city of tangled streets and rugged topography. She echoes composition and style of Alexandra Exter's adopted in The Sèvres Bridge and the Heights of Meudon ("Le Pont de Sèvres et les hauteurs de Meudon", 1911) to carry out the view from this city, recently presented at auction (see image). In 1918-1919, she exhibits in Moscow under her maiden name Schlezinger at the Union of Russian Painters as part of the Exhibition of Jewish Painters and Sculptors, at the 24th Exhibition of the Association of Moscovite Artists and at the 5th National Exhibition of Painting, "From Impressionism to Abstraction". She settles in Tbilissi in 1919, with her husband Mr. Rokhlin. The paintings she makes there are often signed with both her names, Rockline and Schlezinger. profite de cette brève pause en Géorgie pour réaliser notre toile, mettant ainsi son talent en exergue. La vivacité des couleurs, la recherche des volumes, le contraste entre l'intimisme aux couleurs chaudes de la partie inférieure, et des bâtiments schématiques aux arcades immenses et froides de la partie haute sont saisissants. La toile que nous présentons à la vente témoigne de l'influence profonde de Cézanne sur l'artiste, notamment dans le traitement de chaque élément urbain rigoureusement stylisé et réduit à des formes géométriques accentuant le dynamisme de la ville. Plus structurée dans la construction de cette vue que ne l'aurait fait Alexandra Exter, Vera Rockline se rapproche également dans sa technique, de la palette cézanienne. Dans la même veine, elle peint à cette période une très intéressante toile, reprise des joueurs de cartes, circa 1890 (Paul Cézanne, Musée d'Orsay, Paris), qui suscita la convoitise de nombreux collectionneurs il y a quelques années en vente publique (cf photo) établissant ainsi un nouveau record pour cette artiste. La scène que nous vous présentons aujourd'hui est un exemple exceptionnel et rare de la fusion et de l'assimilation des influences de Cézanne et d'Exter. Réalisée probablement en 1919, elle peut être présentée comme l'aboutissement ultime des oeuvres de jeunesse de Vera Rockline. La modulation des couleurs poussée à l'extrême et la complexité de l'espace pictural créé en font une toile majeure de l'art moderne russe. En 1921, elle quitte son mari et s'installe en France. Son style évolue. Attirée par Pierre Paul Rubens et Auguste Renoir, Vera Pushing to the extreme the precepts received from her masters she takes advantage of this brief break in Georgia to execute a painting that highlights her talents. The vivacity of the colors, the search for volume, the contrast between the warm colored intimacy in the lower section and the schematic buildings with their immense, cool arcades in the upper part are striking. The painting we are presenting at auction stands as a witness to the profound influence Cézanne on the artist, particularly in the treatment of each rigorously stylized urban element and the geometric reduction of shapes accentuating the city's dynamism. A more structured approach to the construction of this view than Alexandra Exeter would have done, Vera Rockline's color technique is also closer to the Cézannian palette. In the same vein, she makes another very interesting painting during this period which draws upon The Card Players (Joueurs de cartes, Paul Cézanne, c. 1890, Orsay Museum, Paris) coveted by many collectors at auction just a few years ago and setting a new record for the artist. The scene we are presenting today is an exceptional and rare example of the fusion and assimilation of Cézanne and Exter's influences. Executed probably in 1919, it can be viewed as the ultimate culmination of works of Vera Rockline's youth. The modulation of color pushed to the extreme and the complexity of pictorial space created make this a major piece in modern Russian art. Rockline réoriente son travail, privilégiant les portraits, réalisant aussi quelques paysages. Elle peint de nombreux bustes de jolies jeunes femmes alanguies et dénudées et côtoie, entre autres, Zinaïda Serebriakova, dont elle réalise un très beau portrait. Rapidement admise au sein des peintres du quartier de Montparnasse, elle présente à partir de 1922, et avec succès, ses oeuvres lors des expositions annuelles aux Salons des Indépendants, des Tuileries et d'Automne. Très appréciée du milieu intellectuel, elle expose en parallèle en 1925 à la galerie de Charles Vildrac, en 1926 à la galerie Bernheim, en 1929 à la galerie Le Studio, puis en 1930 à la galerie Barreiro qui la produira les quatre années suivantes. Elle est remarquée très vite par le couturier Paul Poiret mais également par le milieu intellectuel parisien notamment par Raymond Escholier et Marius-Ary Leblond, critiques d'art. Elle met fin à ses jours en 1934, à 38 ans, encore au sommet de la gloire. Une rétrospective lui est consacrée en 1965 par la Galerie Balzac et en 1974 et 1975 par la Galerie Jean Battais. C'est à cette dernière occasion que notre Vue de Tiflis est acquise par son propriétaire actuel qui l'a conservé depuis cette date. La galerie Drouart organise en 1984 une importante exposition de nombreuses oeuvres de Vera Rockline et il faudra attendre 2002 pour que le talent de cette artiste soit révélé dans toute sa grandeur grâce à l'exposition «Elles de Montparnasse». Ses toiles côtoyèrent à cette occasion, sur les cimaises, celles de Tamara de Lempicka, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Chana Orloff, Popova, Sonia Delaunay et Natalia Gontcharova. In 1921, she leaves her husband and settles in France. Her style changes. Attracted to Pierre Paul Rubens and Auguste Renor, Vera Rockline, redirects her work, favoring portraits and also making several landscapes. She paints numerous bust-portraits of languid, partially nude pretty young women and spends time with Zinaïda Serebriakova among others, of whom she makes a very beautiful portrait. Quickly accepted amongst the painters of the Montparnasse district, she presents her work at annual exhibitions as of 1922 - and with success - including the Salon des Indépendants, the Salon des Tuileries and the Salon d'Automne. Highly appreciated by intellectual circles, she at the same time exhibits her work at gallery Charles Vildrac in 1925, at gallery Bernheim in 1926, at gallery Le Studio in 1929, and then, in 1930, at gallery Barreiro who regularly shows her over the next four years. She is very soon noticed by fashion designer Paul Poiret as well as by Parisian intellectual circles, in particular by art critics Raymond Escholier and Marius-Ary Leblond. She puts an end to her life in 1934, aged 38 years and at the height of her glory. A retrospective is dedicated to her in 1965 by Galerie Balzac and, in 1974 and in 1975, by Galerie Jean Battais. It is on this latter occasion that our view of Tbilissi is acquired by its current owner who has kept it since that date. In 1984, Gallery Drouart organized an important exhibition of numerous artworks by Vera Rockline. Only in 2002 was her talent fully revealed thanks to the exhibition "Elles de Montparnasse". Her paintings hung on the picture rails alongside those of Tamara de Lempicka, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Chana Orloff, Popova, Sonia Delaunay and Natalia Gontcharova.
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