PIERRE-AUGUSTE RENOIR (1841-1919)

Lot 19
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Estimation :
450000 - 650000 EUR
PIERRE-AUGUSTE RENOIR (1841-1919)
Enfant assis sur une chaise, vers 1895 Huile sur toile Signée en bas à droite (Rentoilage) 40 x 27,7 cm - 15 3/4 x 10 7/8 in. PROVENANCE - Probablement : Ambroise Vollard, Paris - Collection particulière, France (selon la tradition familiale : acquis auprès de ce dernier dans les années 1930 puis par descendance) BIBLIOGRAPHIE Ambroise Vollard, Tableaux, Pastels & Dessins de Pierre-Auguste Renoir, Précédé d'une lettre de Renoir, Paris : Ambroise Vollard, 1918 [réédition par Alain C. Mazo, Paris, 1954], reproduit p. 128 PIERRE-AUGUSTE RENOIR Enfant assis sur une chaise Pierre-Auguste Renoir, tout au long de sa vie, porte un intérêt certain au modèle humain et ses tableaux les plus anciennement documentés sont des portraits, comme son envoi au Salon de 1865 qui n'est autre que celui du père d'Alfred Sisley aujourd'hui conservé au musée d'Orsay. Ainsi, le peintre d'Essoyes est-il le seul du groupe des impressionnistes à faire du portrait une source de revenus à part entière avant de s'y adonner par pure délectation. À la fin des années 1870, lorsque l'échec commercial des expositions impressionnistes contraint Renoir à retourner au Salon, sa clientèle se compose d'un petit groupe de mécènes, banquiers juifs et protestants pour la plupart, qui lui commandent des portraits de famille. Le succès est alors au rendez-vous, stimulé par les prix pratiqués par l'artiste qui sont bien inférieurs à ceux des portraitistes habituels de la haute bourgeoisie comme Léon Bonnat, Paul Baudry ou Carolus-Duran. L'appât du gain est pourtant loin d'être le seul moteur du peintre qui montre de réelles prédispositions et un goût certain pour ce genre. En effet, Renoir est passé maître dans l'art de saisir la physionomie de ses modèles auxquels il laisse le libre choix de leur tenue et de leur attitude. Cependant, son véritable talent réside dans le fait qu'il ne fait jamais de concessions majeures à ses clients : «c'est ainsi que bien des portraits sont devenus des oeuvres de Renoir avant toute chose et cela parfois même à l'insu de leur modèle» (Anne Distel, 1993). Dans les années 1890, Renoir jouit d'une relative aisance financière et les oeuvres de commande ne sont plus nécessaires à sa subsistance. Dès lors, il prend plus volontiers pour modèle son entourage familial et le portrait devient peu à peu une activité plus personnelle. Passent alors régulièrement sous son pinceau, ses fils Pierre (né en 1885), Jean (né en 1894) et surtout Claude, dit «Coco» (né en 1901), tous trois saisis dans des attitudes prises sur le vif ou dans l'intimité de la vie quotidienne : Gabrielle et Jean (1895, Paris, Musée de l'Orangerie, coll. Walter Guillaume) ou La leçon de lecture de Coco (vers 1906 - 1907, Merion, Barnes Foundation). Enfant assis sur une chaise date du milieu des années 1890. Une période où Renoir abandonne le faire sec et linéaire de sa période ingresque au profit d'une touche fluide et vibrante qui met à l'honneur une palette riche de blanc et de rose travaillés en demi-teintes comme pour ses Jeunes filles au piano (1892, Paris, musée d'Orsay). Le fond du tableau, librement brossé dans une matière fluide, ne constitue plus un environnement sensible mais plutôt une toile de fond ébauchée - lumineuse et contrastante - devant laquelle pose la figure, légèrement boudeuse, dans un profil parfait. Cette huile s'inscrit dans la longue suite des évocations de la jeunesse qui occupent une place importante dans l'oeuvre de Renoir et attestent de la compréhension profonde de ses juvéniles modèles, qu'il s'agisse de figures isolées (Julie Manet, 1887, Paris, Musée d'Orsay ; Irène Cahen d'Anvers, 1880, Zurich, Fondation Bührle), de groupes familiaux (Madame Charpentier et ses enfants, 1878, New York, Metropolitan Museum) ou de scènes de genre impliquant un adulte et un enfant (La promenade, vers 1906, Merion, Fondation Barnes). Reproduite dès 1918 dans le fondamental Tableaux, Pastels & Dessins de Pierre-Auguste Renoir, Précédé d'une lettre de Renoir, la toile fut acquise, d'après la tradition familiale, par le père de ses actuels propriétaires auprès du célèbre marchand Ambroise Vollard.
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