JEAN-LOUIS FORAIN (1852-1931)

Lot 10
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Estimation :
8000 - 12000 EUR
JEAN-LOUIS FORAIN (1852-1931)
Danseuses Huile sur toile Signée en bas à droite (Rentoilage) 60 x 73 cm - 23 5/8 x 28 3/4 in. Madame Florence Valdès-Forain a confirmé l'authenticité de cette oeuvre. Un certificat sera remis à l'acquéreur. PROVENANCE - Vente, Importants tableaux modernes, sculptures, Me Loudmer, Paris, Hôtel Drouot, 12 juin 1988, lot 255 (titré Les ballerines sur scènes [sic], dimensions erronées) - Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente et par descendance) «“Je suis né à Reims en 1852 et j'aime la danse.” Voilà comment Jean-Louis Forain se présente en 1888 aux lecteurs du Courrier français, journal auquel il adresse ses premières planches consacrées aux ballerines. Cette formule elliptique atteste sa passion pour la danse, thème qu'il exploitera tout au long de sa vie. C'est Degas, son aîné de dix-huit ans, qui l'entraîne à l'Opéra, comme en témoigne le portrait du peintre par Forain croqué sur une feuille de carnet vers 1878, avec la mention : “À l'affût d'une étoile” (cat. 31b). [...] Ses premières danseuses intègrent les innovations de Degas en matière de composition, de style ou de technique. [...] Forain porte une attention toute particulière aux effets de la lumière artificielle. Celle-ci accentue la nacre de la carnation de Diane en buste (cat. 55). C'est, au contraire, la lumière tamisée de l'abat-jour qui irradie doucement l'intimité de Danseuse dans sa loge (cat. 51), anticipant les intérieurs vibrants de Vuillard. L'absence ou la présence de source lumineuse illustre bien le précepte de Degas : “Travaillez beaucoup les effets du soir, lampe, bougie. Le piquant n'est pas toujours de montrer la source de lumière mais l'effet de la lumière.” La facture est papillonnante sur l'ensemble du Dialogue (cat. 50). Elle l'est également sur le portant illuminé de touches multicolores dont on ne distingue pas les motifs végétaux dans Soirée à l'Opéra (cat. 44) : Forain, comme Degas, joue ici du contraste entre une représentation abstraite du décor et une observation détaillée des figures. [...] Les années passent, les tons sont plus étouffés. Les rayons des projecteurs s'abattent sur le visage et le buste de la danseuse ainsi que sur la nuque de l'abonné dans Sur le plateau (cat. 62). En revanche, la lumière caresse délicatement les chairs du corps de ballet et le plonge dans une harmonie de gaze rose qui apporte une note de féminité à l'ensemble des Danseuses en rose (cat. VII). À travers le traitement de la danseuse, sujet à connotation légère, on observe combien est incisif le dessin de Forain. C'est sans doute cet aspect de son art qui fait l'admiration de Toulouse Lautrec lorsqu'il déclare en 1891 : “Je ne suis d'aucune école. Je travaille dans mon coin. J'admire Degas et Forain.” La danseuse de Forain est l'objet d'un message social, généreux et humain, qui montre à quel point l'artiste est engagé, un message qui s'adresse également à toutes celles qui sont obligées de se prostituer pour subvenir aux besoins de leur famille (La Traite des blanches, ill. 3). Comme le dit si bien Paul Léon : “Ce sont les victimes, les humbles, les déshérités du sort qui furent proches de sa pensée. C'est par pitié pour eux qu'il fut féroce aux autres, aux possédants, aux puissants, aux satisfaits. Sous le masque des apparences, cet ironiste était un tendre [...] Forain nous parle de nous ; il pénètre au fond de nous-mêmes plus loin que nous n'osons le faire.”» Florence Valdès-Forain, «À l'Opéra», in. Jean-Louis Forain (1852 - 1935), «La Comédie parisienne», cat. expo., Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 10 mars - 5 juin 2011, Paris : Paris Musées, 2011, pp. 62-65
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