UNE GUITARE DE TRIANON Rare guitare dite... - Lot 291 - Aguttes

Lot 291
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Estimation :
60000 - 80000 EUR
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UNE GUITARE DE TRIANON Rare guitare dite... - Lot 291 - Aguttes
UNE GUITARE DE TRIANON Rare guitare dite en bâteau, la caisse en bois fruitier orné de filets d'ivoires et ébène, la table en épicéa d'un beau grain serré, pistagnes parisiennes et remarquable rosace en ivoire ajouré représentant deux colombes s'embrassant sur un temple de l'Amour.
Paris, Jacques-Philippe Michelot (1734 - 1814), fin du XVIIIe siècle, vers 1775.
Caisse : 44 cm - Corde : 64 cm
(Remarquable fraîcheur, instrument remonté en 6 cordes probablement vers 1810, infimes accidents)
PROVENANCE
- Cadeau présumé de la Reine de France
Marie-Antoinette à la marquise de La Rochelambert-Thévalles (1758 - 1835)
- Marquise de La Rochelambert-Thévalles, née Louise Elisabeth de Lostanges (1758 - 1835), dame de compagnie de Madame Adélaïde de France, intime de la Reine.
- Passé par héritage à son neveu Henri, marquis de La Rochelambert (1789 - 1863)
- Passé par héritage et conservé jusqu'à ce jour par la descendance.
Bien qu'à ce jour aucun document ne permette d'attester formellement que cette guitare fit l'objet d'un cadeau de la Reine
Marie-Antoinette, cette information familiale peut être envisagée. En effet, Patrick Barbier, historien de la musique, rapporte dans son ouvrage «Marie Antoinette et la Musique» que
Marie-Antoinette avait pour habitude d'acheter de nombreux instruments de musique sans aucune facture et qu'elle en faisait volontiers cadeau à son entourage immédiat. Considérant la proximité attestée de la Reine Marie-Antoinette et de la marquise de La Rochelambert, c'est donc tout à fait probable.
La marquise de La Rochelambert-Thévales est une figure emblématique des menus plaisirs de Trianon et la cour royale de Versailles à la fin du XVIIIe siècle.
Née Louise Elisabeth de Lostanges, elle fut baptisée à Versailles le 11 août 1759, son parrain n'étant autre que Louis de Bourbon, dauphin de France, père du roi Louis XVI et sa marraine
Louise-Elisabeth de Bourbon, dite Madame de France, fille de Louis XV. Ses parents sont des familiers de la Cour à Versailles.
Le premier décembre 1778, elle épouse
François, marquis de La Rochelambert-Thévalles et c'est tout naturellement qu'elle fut aussitôt présentée officielement à la Cour de France en qualité marquise de La Rochelambert-Thévalles [Mercure de France, décembre 1778]. Ainsi, le 9 septembre de l'année suivante, elle est admise aux honneurs de la Cour et présentée au Roi : «Le 9, la marquise de la Rochelambert-Thévalle eut l'honneur d'être présentée au roi & à la reine, par Mme Adélaïde de France, en qualité de dame pour accompagner cette princesse.» [Journal politique ou gazette des gazettes, 1779] qualité qu'elle conserve jusqu'en 1792. [Almanach de la Cour, Seconde Édition, par William
Ritchey Newton · 2020] Ses contemporains soulignent sa très belle voix et la jugent bonne musicienne. Elle fit partie du cercle de la reine
Marie Antoinette, jouant même à ses côtés le rôle de Colombine. Décembre 1781, elle joue au côté de Madame Élisabeth à Chantilly [La vie de Madame Élisabeth, soeur de Louis
XVI, 1869] Elle arrive le 6 décembre 1781 à
Chantilly et joue Éléonore dans l'Amant Jaloux.
On dit d'elle qu'elle «joue et chante comme un ange» [lettre de la marquise de Bombelles].
Une anecdote durant la Visite de Gustave III en France en 1784 le souligne. Ce monarque fut invité à un concert donné en son honneur par
Mesdames au château de Bellevue. La reine chanta avec Mme La Rochelambert. Interrogé sur ce qu'il pensait du duo. Il répondit que
Mme La Rochelambert lui a fait trouver la soirée charmante et que Marie-Antoinette chantait trèsbien pour une reine. Relaté dans les mémoires de Louis XVIII écrites par le Duc de D***. (1832) : «Dans un concert que donna la reine (Marie-
Antoinette), où elle chanta avec la vicomtesse de La Rochelambert qui, à une figure charmante joignait une voix délicieuse, sa Majestée demanda au comte de Haga s'il avait été satisfait.
Ah ! Madame, répondit le Prince, comment ne le serait-on pas, quand on entend Madame de La Rochelambert.»
En 1786 est joué à l'opéra de Trianon le Tableau
Parlant de Grétry où elle interprète Colombine, la Reine est Isabelle et le comte d'Artois est
Léandre, Garat chante Pierrot. [relaté par Sophie
Gay dans Ellénore].
En 1789, elle joue un Proverbe mêlé d'Ariettes intitulé Le Déjeuner attendu, pièce écrite par le duc de Nevers Louis Jules Mancini-Mazarini.
Elle survécut à la révolution durant laquelle elle s'exila en Suisse. De retour en France, elle fréquenta le salon de Joséphine de Beauharnais [Joséphine de Beauharnais, 1763 - 1796 Par
Frédéric Masson · 1899]
Une variété de rose (rosa muscosa) porte son nom : la Madame de La Roche-Lambert.
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