DURAND-RUEL Paul (1831 - 1922)

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DURAND-RUEL Paul (1831 - 1922)
6 L.A.S. et 1 L.S. «DurandRuel», Paris janvier-novembre 1905, à Claude MONET; 12 pages in8 et 1 page in-4 à en-têteDurand-Ruel.
18 janvier. L'exposition de Londres dans la Grafton Gallery est remar­quable : «Il y a 55 tableaux de vous, 59 de Renoir, 49 de Pissarro, 37 de Sisley, 38 de Boudin, 19 de Manet, 13 de Mad. Morisot, 10 de Cézanne et 85 de Degas. Les salles sont très grandes et très belles. La lumière est assez bonne pour Londres». Les visiteurs sont nombreux, la presse très favorable : «C'est un succès réel. Je ne compte pas vendre grand chose mais l'effet moral sera très considérable, chose essentielle non seulement pour l'avenir en Angleterre mais aussi pour le contre-coup à l'étranger. SARGENTest venu lundi et m'a paru très satisfait»... 13 février. Il met en garde Monet contre les médisances de quelques personnes à Londres, notamment un certain Alexander : la guerre contre le «grand mouvement qui se dessine à Londres, comme ail­leurs, provient de jalousies intéressées. La plupart des marchands et des artistes sont ennuyés de votre succès [...] Ne vous inquiétez pas. Cela marche admirablement et c'est à coup sûr la cause de certaines attaques qu'il faut dédaigner mais qu'il est bon de connaître. Nos inté­rêts sont solidaires ; n'ayez pas peur que je néglige jamais rien et que je faiblisse». Sa cliente la baronne Caccamisiorganise un concert à la galerie dont le produit contribuera à acheter «un ou deux tableaux que l'on offrira au Musée»... * 17 février. Alexander est le prénom de L.A. HARRISON«qui trouve moyen, tout en admirant les tableaux, de les dénigrer par des mots qui ont une mauvaise influence sur les amateurs [...] il faut se méfier de lui comme de la plupart des artistes américains qui sont très jaloux. [...] ROTHENSTEIN, au contraire, n'est pas du tout méchant et admire sincèrement». Quant à SARGENT, «on n'a rien à craindre de lui. Il ne peut pas être jaloux puisqu'il est considéré comme un homme de génie. Vous n'avez pas à vous occuper heureusement pour vous de toutes les stupidités que les gens les plus considérables débitent à tout propos»... 7 mars. Il rentre de Londres, satisfait du succès de l'exposition auquel il ne s'attendait pas : «Nous avons fait quelques affaires, en petit nombre, il est vrai mais c'est énorme d'avoir réussi à vaincre les préjugés du public contre la peinture des impressionnistes, puisque c'est ainsi qu'on vous appelle». Il apprend «que vous avez renoncé à votre exposition des tableaux de la Tamise et que le découragement auquel vous vous livrez trop souvent vous reprend. J'espère que vous êtes revenu à de meil­leures dispositions et que vous vous êtes remis au travail»... * 14 mars. Il lui annonce sa visite à Giverny, puis celle de la Princesse de Polignac avec la Baronne de MEYER : «Je serais bien aise que vous ne lui montriez pas la falaise de Pourville que vous avez conservée et qui est à peu près semblable à celles que je vous ai achetées. C'est une de celles-là que la Bne de Meyer m'a achetée et je lui ai dit qu'il n'en restait plus qu'une seule, celle que j'ai rue de Rome»... 9 mai, envoi d'un chèque de 34651,45 F pour solde de compte. «La vente BÉRARD s'est faite dans de très bonnes conditions. Vos tableaux ont atteint de bons prix, surtout les glaçons [...] J'ai soutenu beaucoup de tableaux pour les faire monter le plus possible, mais il ne m'en est resté que trois, un de vous, deux de Renoir»... 22 novembre. Il intervient pour Henry LAPAUZE, conservateur du Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, qui souhaiterait que Monet, comme l'ont fait Ziem et Henner, fasse «don à la Ville de certains tableaux aux­quels on consacrerait également une salle spéciale. [...] Vos vues de la Tamise ont beaucoup de succès, comme je le pensais. On les apprécie davantage parce qu'elles sont rares, et à ce propos, je compte bien sur vous pour ne pas en donner à d'autres ce qui nuirait considérablement à notre affaire»...
On joint une L.A.S. de son fils Georges DURAND-RUEL(1866 - 1931), 29 mai 1905, à MONET(2 p. in-8, en-tête Durand-Ruel) : «Vous m'avez dit que vous ne vouliez pas vendre en ce moment vos vues de Londres et les réserviez pour les exposer l'hiver prochain ; si vous changez d'avis ou si vous croyez pouvoir vous passer d'une ou deux de ces vues, je vous serai obligé de m'en avertir ; la vue du Parlement, que vous m'avez montrée hier, avec l'effet de soleil, plait beaucoup à Monsieur Tweed»...
PROVENANCE Archives Claude Monet (13 décembre 2006, n° 83).
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