ATTRIBUÉ À MARIE-GABRIELLE CAPET LYON, 1761 - 1818, PARIS

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ATTRIBUÉ À MARIE-GABRIELLE CAPET LYON, 1761 - 1818, PARIS
+ Autoportrait présumé de l'artiste Huile sur toile 61,7 x 50,5 cm BIBLIOGRAPHIE EN RAPPORT Jean-Pierre Cuzin, Vincent, entre Fragonard et David, Paris, Arthéna, 2013, 576 p. Marie-Josèphe Bonnet, Liber té, égalité, exclusion, Paris, Vendémiaire, 2012, 220 p. Marcheteau de Quinçay, Marie-Gabrielle Capet. Une virtuose de la miniature, catalogue d'exposition, Caen, musée des Beaux-Arts, 14 juin-21 septembre 2014, Gans, Snoeck, 104 p. «Nous ne trouvons pas convenable que des femmes viennent s'immiscer dans un travail qui leur est étranger.». En 1790, c'est ainsi que les Académiciens arguent qu'il n'est pas possible à un groupe de peintres femmes, dont Marie- Gabrielle Capet, d'entrer à l'Académie royale de peinture et de sculpture. Peu sont les élues jusqu'alors à l'avoir intégrée mais parmi elles, Adélaïde Labille-Guiard (1749 - 1803), portraitiste et maître de Capet. Académicienne, elle fut aussi la compagne puis l'épouse du peintre Vincent (1746 - 1816). Capet nourrit pour eux deux une affection filiale, parlant même de Vincent comme de son «bien-aimé père d'adoption», père dont elle s'occupera jusqu'à la fin de sa vie. La jeune femme entre dans l'atelier de Labille-Guiard à l'âge de vingt ans. Encouragée, protégée par cette dernière qui sera reçue deux ans plus tard à l'Académie, elle est présentée au Salon de la Jeunesse la même année, au côté de deux de ses camarades. La critique la remarque grâce à une étude de tête de femme aux trois crayons. En 1784, Le Mercure de France écrit : «Mlle Capet a fait ses preuves depuis longtemps, je ne vous dirai rien d'elle, parce que je pense qu'elle devrait quitter le rang des élèves.». En 1808 au Salon, elle rend un hommage touchant à ceux qu'elle a aimés comme des parents dans un tableau intitulé Madame Labille-Guillard exécutant le portrait du peintre Vien (Fig. 1. Munich, Neue Pinakothek, inv. FV 9). On y voit Vincent, penché vers sa compagne la main droite dessinant, le regard tourné vers son modèle, tandis que Capet lui prépare sa palette. Particulièrement remarquée pour ses talents de miniaturiste, ce type de production est à l'origine de son succès et de la diffusion de son art. En 1808, Marie-Gabrielle Capet est ainsi citée dans le Rapport sur l'état des Beaux-Arts en France depuis vingt-ans qui fut remis à l'empereur. Dans ce portrait que nous considérons pouvoir être un autoportrait, Marie-Gabrielle Capet se représente à mi-corps, légèrement de trois-quarts sur un fond neutre et vêtue ordinairement. L'artiste fait le choix d'une image psychologique mais sans sentimentalité, d'une allure simple mais non effacée. Ce n'est pas un autoportrait en femme artiste, ni même un manifeste politique de son statut. Dans un portrait aux dimensions certaines et qui aurait pu appeler davantage d'éléments annexes, la jeune femme se représente sans attribut relatifs à sa condition d'artiste, comme elle a pu le faire en 1783 (Fig. 2) ou même à sa condition de femme. C'est en tant qu'individu qu'on doit la percevoir, conception nouvelle de la représentation de soi dans un portrait féminin. Propre à ces années prérévolutionnaires, la période qui suivra au début du siècle suivant sera plus restrictive envers les femmes avec un retour à une conception de la féminité plus axée sur la maternité et le sentimentalisme. «Exactes sans froideur, harmonieuses sans platitude, les images que son oeuvre nous garde sont des documents précieux à la fois pour la psychologue et pour l'historien». La Gazette des Beaux-Arts
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