Maxime MAUFRA (1861-1918)

Lot 45
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Estimation :
20000 - 30000 EUR
Maxime MAUFRA (1861-1918)

Le Vénéon près de Bourg-d'Oisans, 1904

Huile sur toile Signée en bas à gauche

60 x 73 cm - 23 5/8 x 28 3/4 in.

Cette oeuvre est référencée sous le numéro 558 dans le Catalogue critique Maxime Maufra établi par Madame Caroline Durand-Ruel Godfroy.


PROVENANCE

- Galerie Delvaille, Paris

- Collection particulière, France (acquis auprès de la précédente)


EXPOSITIONS

- Maufra, 1861 - 1918, Paris, Galerie Georges Petit, 5-19 avril 1930, n°19 (titré «Bourg d'Oisans»)

- Montmartre, Les débuts de l'art moderne, La nascita dell'arte moderna, 1880-1930, Aoste, Museo Archeologico Regionale, 11 juillet - 18 octobre 1998


BIBLIOGRAPHIE

Roberto Perazzone [et al.], Montmartre, Les débuts de l'art moderne, La nascita dell'arte moderna, 1880-1930, cat. expo., Aoste, Museo Archeologico Regionale, 11 juillet - 18 octobre 1998, Milan : Editoriale Giorgio Mandadori, 1998, reproduit p. 138 «Il y a trente et quelques années, Paul Gauguin, à propos d'une exposition internationale pour laquelle des peintres français, plus ou moins officiels, avaient " choisi " des peintures françaises, écrivait : " Ce scandale se produit que Renoir, Pissarro, Maufra et autres ont été refusés par le jury. " Si l'on ne doute point que l'artiste n'ait apprécié l'honneur d'être cité en si fière compagnie par le chef de l'école symboliste, on est cependant assuré que Gauguin n'entendait nullement, en le rapprochant ainsi de Pissarro, situer Maufra dans le sillage de celui-ci, sachant mieux que quiconque quelle était la formation, quelles étaient les tendances personnelles de ce Breton, dont il avait fait la connaissance à Pont-Aven en 1890. Certes, l'admiration de Maufra à l'égard des grands renouveleurs de la peinture, ses amis se rappellent comme elle était sincère en son enthousiasme. Combien, au surplus, il gardait de gratitude envers Pissarro pour l'affectueuse sympathie d'esprit que ce fervent amoureux de la nature lui avait témoignée à ses débuts chez Le Barc de Bouteville, en 1894, puis, peu après, quand Maufra connut, lui aussi, les honneurs de la galerie et de la collection Durand-Ruel !

Mais écoutons Maufra lui-même : " Dès mon exposition chez Le Barc ", disait-il, " j'ai montré la nécessité du retour à la composition, au style ". En fait, si sensible qu'il fût à l'impression de nature, si apte à ressentir l'émotion, le choc d'un aspect, d'un effet, et quelle que puisse être la part de l'exemple " impressionniste " dans la luminosité de sa palette, encore que la révélation de la lumière lui fût venue de Turner, Maufra, de bonne heure épris de tradition, loin de suivre le mouvement impressionniste, a, selon sa volonté réfléchie, réagi dans le sens contraire. [...] À vingt-deux ans, en Angleterre, où il séjourne, il continue d'apprendre la nature, tout en croyant étudier pour devenir armateur au gré de sa famille. C'est en 1883 - 1884. À peine a-t-il contemplé Turner à la National Gallery, il s'en va, tout ébloui encore, visiter l'Écosse. Quelle révélation, de lumière aussi, et de noblesse quant aux lignes!

Notez que ce Breton de Nantes ne connaît pas encore la Bretagne, la vraie... [...] En 1886, au Salon, Octave Mirbeau s'éprend d'un paysage de Loire, annonce sa découverte aux lecteurs de La France. Voilà Maufra " lancé ".

Il lui reste à se définir. La Bretagne, enfin, l'appelle. C'est elle qui, en contentant son âme, va modeler son esprit, c'est elle qui achèvera de susciter son individualité. La rencontre de Maufra avec Gauguin, en 1890, aura pour effet de fortifier chez lui la cohésion des dons natifs et des qualités acquises et, sans doute, de lui faire sentir, Gauguin ne pouvant que le pousser dans la voie où l'avait engagé Charles Le Roux, toute la vertu du dessin qui compose, résume, synthétise, pour reprendre un mot cher à l'école de Pont-Aven. Peut-être M. Arsène Alexandre n'a-t-il pas assez souligné la gratitude d'esprit de l'artiste à l'égard de Gauguin, cet " audacieux " qui, " le premier ", écrivait Maufra, a trouvé la simplification expressive du sol et des êtres de Bretagne.

Mais, certainement, Maufra n'est pas plus de la suite des synthétistes ou symbolistes qu'il n'est de celle des impressionnistes. Et M. Arsène Alexandre dit fort bien : " Toutes les fois qu'on voudra le rattacher à quelque mouvement étiqueté, on le méconnaîtra ".»

Édouard Sarradin, Maufra, 1861 - 1918, cat. expo., Paris, Galerie Georges Petit, 5 - 19 avril 1930, Paris : Galerie Georges Petit, 1930, pp. 5 - 8

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