ATTRIBUÉ À LEOPOLD CARL MÜLLER (1834-1892)

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ATTRIBUÉ À LEOPOLD CARL MÜLLER (1834-1892)

Markt in Kairo (Marché au Caire)

Huile sur toile

86 x 125,5 cm - 33 7/8 x 49 3/8 in.


PROVENANCE

Collection particulière, France


OEUVRE EN RAPPORT

Leopold Carl Müller, Markt in Kairo (Marché au Caire), 1878, huile sur toile, 136 x 216,5 cm, Vienne, Belvedere, Inv. Lg 353


NOTE

Notre tableau est une réduction avec variantes du groupe avec le joueur de kissar occupant le centre du tableau conservé à Vienne.


«C'est durant l'hiver 1873 que Müller entreprit son premier voyage en Orient, préparé en quelque sorte par un séjour l'année précédente en Sicile. Il y montra déjà de l'intérêt pour la culture arabe, mais, ayant projeté un passage vers Tunis, il ne put le réaliser. On ne connaît pas les raisons qui le poussèrent à partir pour l'Égypte. Peut-être les pavillons orientaux - construits par Franz Schmoranz pour le vice-roi d'Égypte - de l'Exposition universelle de Vienne en 1873 ont-ils joué un rôle en aiguisant sa curiosité. [...] Il n'existe, à l'heure actuelle, aucun document qui témoigne du départ de Müller, ni de son arrivée en Égypte. Sa première lettre envoyée d'Orient, celle du 26 février 1874, affirme qu'il est bien installé et qu'il s'est remarquablement acclimaté au pays. En 1875, il écrivait rétrospectivement avoir passé près de six mois en Égypte.

Il faut donc bien qu'il se soit embarqué en décembre, car il est attesté qu'il rentra en mai 1874, par Smyrne et Constantinople, déçu d'ailleurs par ces deux dernières villes. Jamais plus il n'ira en Turquie ; un projet de voyage en Palestine et en Syrie ne sera pas non plus réalisé. L'Orient de Müller, c'était l'Égypte, et la plupart du temps il s'embarquait à Trieste à destination d'Alexandrie et prenait le même chemin au retour. Tous ses séjours égyptiens se déroulèrent selon le même scénario, si l'on excepte l'épisode de la visite de Hans Makart et de Franz Lenbach durant l'hiver 1875 - 1876, et une excursion en Haute-Égypte au cours de l'hiver 1880-1881 : arrivée à Alexandrie, voyage en train jusqu'au Caire, logement dans l'un des hôtels tenus à l'européenne, visite des environs du Caire et fréquentation de la société européenne, tel était le programme invariable.

Deux choses le distinguaient des autres touristes : d'une part, il demeurait plus longtemps que les trois semaines habituelles et, d'autre part, il faisait partie, du fait de ses fréquents séjours et de son activité artistique, du décor, si l'on peut dire, de l'enclave européenne. Les premiers temps, il ne peignit que des études qu'il ne poussait à l'oeuvre aboutie qu'une fois revenu à Vienne ou à Venise. Plus tard, il se mit à peindre des grands formats sur place, au Caire. Il logeait souvent chez un négociant suisse, André Bircher, propriétaire d'une belle maison de la vieille ville où il avait aussi un atelier. Il lui arrivait également de prendre une chambre à l'Hôtel du Nil, l'un des plus anciens hôtels européens d'Égypte.[...] En 1887, année de sa rencontre avec Wallis [propriétaire de la célèbre French Gallery à Londres], Müller acceptait un poste de professeur à l'École des Beaux-Arts (17 juin 1877) de Vienne.

Il avait hésité, cette charge étant difficilement conciliable avec ses longs séjours hivernaux prolongés en Égypte. Enfin, il céda aux insistances de Rudolf Eitelberger qui le pressait d'accepter. Ce dernier, professeur d'histoire de l'art à l'université de Vienne et personnage important sur la scène politico-culturelle, avait à l'époque décroché pour Müller une commande de l'État : Markt in Kairo (Marché au Caire), conservé à l'Österreichische Galerie, à Vienne. [...] Avec Wilhelm Gentz et Gustav Bauernfeind, Leopold Carl Müller est l'un des plus grands peintres orientalistes du monde germanique. Chacun représente tour à tour une conception originale de ce genre pictural.

Müller se voyait lui-même en prophète de la couleur et de la lumière. Cependant, peintre académique, il se retrouvait pris dans un dilemme : son oeuvre témoigne de la force et de la vigueur de la peinture académique, mais aussi de ses limites ; limites qui apparaissent bien plus clairement encore dans les oeuvres de ses élèves. La solution vint beaucoup plus tard et d'une façon inattendue.

Brusquement, comme souvent, lors du voyage à Tunis de Paul Klee et August Macke en 1914.

Le Caire de Klee et celui de Müller sont à des lieues l'un de l'autre, un monde les sépare.

Et pourtant, c'est cette même lumière et ces mêmes couleurs qui exercèrent leur fascination sur les peintres, presque un siècle durant.»

Martina Haja et Günther Wimmer, Les orientalistes des écoles allemandes et autrichiennes, Courbevoie : ACR éditions, 2000, pp. 302 - 308

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