SANYU (1895-1966)

Lot 205
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SANYU (1895-1966)

Femme allongée, bras droit derrière le dos

Encre sur papier

28 x 45.5 cm - 11 x 17 7/8 in.


PROVENANCE

Vente de l'atelier Sanyu, Drouot, Paris, 1966

Collection Michel Habart, Paris (acquis à la vente précédente)

Collection privée, Paris (par succession du précédent)


BIBLIOGRAPHIE

Rita Wong, Sanyu Catalogue raisonné : drawings and watercolors - electronical index of drawings, Taipei, 2014, n°D0245, repr. coul.


BIBLIOGRAPHIE POUR UNE OEUVRE EN RAPPORT

Wong Rita, SANYU, Catalogue raisonné Drawings and Watercolors, The Li Ching Cultural and Educational Foundation, Italy, 2014, D0246


La Collection Michel Habart

Michel Habart, un écrivain collectionneur

À la fin des années soixante, chaque jour de la semaine, mon père Michel Habart parcourt à pied son « triangle d’or » comme il aime à définir son immuable périple parisien. De son domicile situé non loin du jardins du Palais Royal, il se rend rue de Richelieu à la Bibliothèque nationale pour ensuite flâner jusqu’à la salle Drouot. Le jardin du Palais Royal est son lieu de rêverie où l’on peut parfois le surprendre « faire la statue », entouré de moineaux qui le picorent de partout. À la bibliothèque nationale, il y travaille, soit sur ses traductions, soit autour de ses recherches , articles, livres et poèmes. Polyglotte, il a traduit les pièces de l’allemand Bertolt Brecht et de l’irlandais Sean O’Casey pour le Théâtre National Populaire de Jean Vilar. Parlant couramment l’arabe classique et dialectal ainsi que le berbère, il écrivit en 1960 durant la guerre d’Algérie « Histoire d’un parjure » qui dénonçait la violence de l’entreprise coloniale en 1830.

D’une curiosité insatiable, Michel Habart fréquente assidument la salle Drouot. Il aime découvrir ces œuvres d’art qui, selon lui « apparaissent le temps d’un instant au grand jour pour ensuite disparaître l’instant d’après. ». Dans ce musée d’un jour, il se révèle comme un amateur d’art éclairé aux goûts éclectiques : acquérant tout autant une sculpture malgache qu’une édition rare de l’Encyclopédie ou une pièce de théâtre d’un auteur oublié du XIXe siècle. À cette époque, c’est lors de l’une de ses visites matinales à Drouot qu’il découvre une valise remplie de dessins signés Sanyu. Je me rappelle le visage rayonnant de mon père quand il revint à la maison avec son trésor sous le bras. Par la suite, il devint littéralement « habité » par ces dessins. Son enthousiasme se traduisait par une source infinie de commentaires, sur la simplicité du trait , la sensualité toujours en mouvement qui émanait de ces femmes surgies des années vingt et trente. Il faisait des parallèles entre la calligraphie chinoise et ces innombrables nus, évoquant Matisse, Maillol ou encore Henry Moore… Parmi les dessins, défilaient aussi des portraits et d’autre femmes casquées de chapeaux cloches, appliquées sur leurs esquisses que Sanyu avait croquées à l’Académie de la Grande Chaumière. Sur les traces de Sanyu Michel Habart tente alors d’en savoir plus sur l’artiste. Dans les années 70, Internet et Google n’existaient pas. Ni à la Bibliothèque nationale, ni sur les bottins téléphoniques, le nom de Sanyu n’apparaissait. Il était inconnu, voire ignoré du monde de l’art. 

Seul, le galeriste Jean-Claude Riedel connaissait et admirait le peintre. Il était convaincu de la valeur artistique de son œuvre, en parlait magnifiquement mais souhaitait avant tout acquérir les dessins. Il insistera à de nombreuses reprises, ce qui aura le don d’agacer prodigieusement mon père qui n’avait aucune envie de s’en séparer. Aimant partager ses enthousiasmes, il prend plaisir à dévoiler les dessins à ses amis dont les peintres Kijno, Guermaz et Ginette Signac (fille du peintre impressionniste Paul Signac). Le poète et journaliste Henri Kréa lui suggére de contacter un intime de Sanyu, le potier Robert Dahan. Je me souviens de ce jour d’octobre 1981 où mon père reçut sa lettre qui redonnait vie à Sanyu : « Il était pauvre…alors il se déplaçait toujours à pied… ou presque » «Quand on allait chez lui… il vous mijotait des plats… je me souviens de poissons farçis… On n’osait pas toucher au plat tant c’était bien présenté… On avait l’impression de violer un tableau…» Le témoignage d’Albert Dahan restituait la personnalité du peintre qui apparaissait dans toute sa force, son humour et sa poésie : «Sa dernière toile… j’ose dire qu’elle naquit d’une conversation que nous avions eu ensemble… La solitude de l’artiste… C’était un éléphant minuscule… courant dans un désert immense… Il pointa son doigt sur l’animal en me disant : « Ça c’est moi! » Et de rire…». 

C’est au début des années quatre-vingt que Michel Habart croise Antoine Chen, un jeune chinois originaire de Taiwan avec lequel il se lie d’amitié et partage très vite la même passion. Ces deux-là pouvaient parler durant des heures de Sanyu. Ils tentaient de r

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