LÉGER FERNAND (1881-1955). L.A.S. «Ton gros... - Lot 130 - Aguttes

Lot 130
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LÉGER FERNAND (1881-1955). L.A.S. «Ton gros... - Lot 130 - Aguttes
LÉGER FERNAND (1881-1955). L.A.S. «Ton gros Fernand» avec DESSIN, Argonne. Maison Forestière 24 janvier 1915, à Jeanne LOHY; 3 pages et demie in-8 au crayon (petite fente marginale). Lettre du front en Argonne, avec dessin de son abri, à sa marraine de guerre et future femme. [Jeanne LOHY (1895-1950), rencontrée avant la guerre dans les milieux artistiques, fut la marraine de guerre de Fernand Léger, qui l'épousera officiellement en 1919.] «Mon cher Janot. Dans mon mot d'hier je te dis que je monte aux sapes. J'y suis. Je te mets ce mot de mon terrier. C'est un abri creusé à flanc de coteau. J'abats mon bois pour me chauffer et je vais chercher de l'eau à 200 m. C'est la vie parfaitement primitive avec seulement q.q. outils modernes. La forêt est pleine de neige et malgré le canon elle est impressionnante par son grand silence. C'est très beau, l'Argonne sous la neige. Où je suis je suis bien à l'abri. Les marmittes me passent au-dessus de la tête. Je réussis à dormir assez bien, malgré des gouttes d'eau qui suintent et nous dégringoles sur la figure. [...] j'ai beaucoup de travail pour aménager ma “villa”». Dessin de l'entrée de son abri: «Voilà un croquis de ma villa. [...] Il faut absolument que j'arrange la cheminée, elle tire mal et je suis enfumé. Je t'écrirai quand j'aurai pu me débarbouiller car ici c'est d'un luxe fou et ce sont des choses importantes. Je suis relevé au bout d'un certain temps, et je descends au cantonnement me reposer. Quand, je ne sais, mais je pense dans q.q. jours. Merci pour l'adresse de Guillaume [APOLLINAIRE]. Je vais lui mettre un mot. Il est probable qu'il ne va rester longtemps à Nîmes. Il va partir comme Canudo [Ricciotto CANUDO, qui s'était engagé dans la Légion étrangère au début de la guerre]. Je ne le vois pas très bien mener cette vie-là. Mais enfin je n'aurais jamais cru cela de sa part. Qu'est qu'attend Max [JACOB] pour venir chanter la vie en Argonne ! Mon Pauv Janot, je suis désolé de ne pouvoir t'écrire plus longtemps aujourd'hui je ne peux pas j'ai trop à faire il faut que ma cheminée fonctionne. Je ne veux pas être asphyxié cette nuit»...
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