DELACROIX Eugène (1798-1863).

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DELACROIX Eugène (1798-1863).
2 L.A.S. «Eug. Delacroix», [octobre-décembre 1828], à Charles SOULIER à Autun; 3 pages in-4 (dont la moitié supérieure du 1er feuillet a été déchirée, petite déchirure au cachet, fente), et 3 pages in-4, adresses. [7 octobre]. ... «Comment va la mine de ton bourgeois; et la tienne à propos. Tu as celle de te mal porter, à ce qu'il parait par ta lettre. Tu ne me reconnaîtrais pas tant je suis engraissé: c'est ce qui surprend tout le monde; à quoi cela tient-il, je l'ignore. Peut-être la prospérité. Puisque ce qui me touche t'intéresse, je te dirai que le maudit tableau du duc d'Orléans [Richelieu disant sa messe] m'a tenu trois grands [mois...] Le ministre de l'Intérieur, homme aimable sous tous les rapports, m'a com­mandé un tableau pour le Musée de la ville de Nancy représentant la mort de Charles le Hardi ou le Téméraire [La Bataille de Nancy], grand libertin de sa nature. Quand viens-tu à Paris cher Drôle, me faire voir ta bonne figure de cire de chandelle que j'aime tant et qui me rappelle de si bons moments de ma pauvre vie. Quand tu es à Paris tu passes ton temps à te promener. Je ne te vois guère plus que si tu étais à Autun la ville des cochons. [...] J'ai passé une partie de la soirée hier avec [Frédéric] Leblond; autre bonne tête qui me rappelle aussi de bons temps. J'ai pris du tabac avec lui comme si c'eût été toi; car tu es le seul jusqu'ici qui corrompe mes moeurs sur ce point là, comme tu as à te le reprocher sur tant d'autres; car tu peux te vanter d'avoir applati pour moi le sentier de tous les visses. Tu as fait [de moi] un ivrogne, un coureur de mauvais lieux aussi réprouvés par la morale que par le bon goût»... Il partira bientôt pour la Touraine... Il signe: «Eug. Delacroix Peintre d'Histoire et baron en herbe».
Tours 9 novembre. «J'ai reçu avec un plaisir infini ton excellentissime prose, dearest amico. J'étais et je suis encore dans les bras de la flanerie la plus crasse dans le sein de la Touraine. [...] Plus je vas, plus j'ai de peine pour mettre la main à une plume et franchement si ce n'était l'excessif plaisir de recevoir des réponses, je ne pourrais je crois m'y décider jamais»... Il interrompt sa lettre au bas de la page, pour la reprendre à Paris le 20 décembre. Il se désole de savoir Soulier malade... «Je vais encore déménager. Dieu sait quand je finirai mes caravannes. Cette fois ci j'aurai sous la même clef le logement et l'atelier et j'espère gagner à cela beaucoup de temps et de bon travail. [...] Le sort est un foutu cochon d'arranger toujours les choses de manière à ce que nous soyons obligés de vivre loin les uns des autres». Depuis son retour, il n'a «point vu de Dominicains» [les Coëtlosquet, qui habitaient rue Saint-Dominique]: «je [me] suis très sérieusement apperçu que ce qui me maigrissait si furieusement c'étaient ces soirées, au bout desquelles je finissais toujours par me coucher à 1 heure du matin. - C'est de la sottise parce que cela n'avance à rien qu'à faire de l'esprit. Ma belle [Eugénie Dalton] qui l'est toujours pour moi suffisamment, est sensible au souvenir de Monsieur. Je conseille à Monsieur de déterger les entrailles de Monsieur»...
Correspondance générale (t. I, p. 222, et 224 incomplète et mal datée).
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