Geer van VELDE (1898 - 1977)

Lot 21
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Estimation :
40000 - 60000 EUR
Geer van VELDE (1898 - 1977)

Composition, c. 1961

Huile sur toile, signée des initiales « GvV » en bas à droite et contresignée « G van Velde » au dos

162 x 162 cm - 63 25 / 32 x 65 25 / 32 in.

Cette oeuvre, répertoriée par Monsieur Pierre

François Moget aux Archives Geer van

Velde sous le numéro 118 185, sera incluse au Catalogue Raisonné de l'artiste actuellement en préparation par ses soins.

Un certificat d'authenticité de Monsieur

Piet Moget, daté du 24 novembre 2011, sera remis à l'acquéreur.


PROVENANCE

Collection privée, Paris


GEER VAN VELDE

Geer van Velde (1898-1977) est un « peintre d’atelier ». Cet atelier dont il dispose enfin en 1945, à Cachan, deviendra aussi bien le foyer et l’outil de son travail que le thème principal de son œuvre durant plus de dix ans. Dans les « ateliers », les paysages et les natures mortes sont présents mais par évocation discrète et mesurée : le ciel au travers d’une verrière, un horizon urbain et lointain dans une grande croi - sée ou quelques objets indistincts assemblés sur une table. Ce qui importe c’est l’espace, la lumière et la profondeur d’entre les choses. À ces « ateliers » succèderont les grandes compositions abstraites et dynamiques des années 1960 dans lesquelles l’artiste décline encore ses tonalités de blancs, de bleu et de gris, de brun et d’ocre. La magnifique toile de 1961 que nous présente Aguttes offre des couleurs plutôt rares dans la palette de Geer van Velde ; une alternance de bandes oranges et vertes structure fortement l’œuvre. Mais lorsque l’artiste peint une toile de cette dimension (162 x 162 cm), format dont il ne dispose que depuis 1960, c’est que l’enjeu est d’importance. Notre grande composition, bien qu’abstraite, semble évoquer les coupoles de quelque ville lointaine visitée lors d’un ancien voyage mais aussi les toiles de chapiteaux dressés pour les fêtes de Saint Pierre à Cagnes-sur-Mer où l’artiste séjourna de 1938 à 1944. En effet, à toutes les époques de son œuvre, les paysages de sa mémoire, presque sans nature : mer et terrasse, ports, villes et polders, s’invitent dans l’œuvre de Geer van Velde. Mais doit-on chercher ? Peut-on savoir ? Propos recueillis le 6 septembre 2021 Pierre François Moget, expert de l’artiste


Composition

« Si tu oublies la matière et pénètre au cœur de la vie, tu avances. L’essentiel ce n’est pas le visible mais le monde intérieur. Invisible, je dirais même inexistant. Tu cherches donc des formes exactes pour des choses qui n’ont pas de nom, et c’est pour ça que la responsabilité de l’artiste est grande. Elle serait beaucoup moins grande si tu t’expri - mais avec des choses contrôlables. Pour chaque tableau, c’est une lutte sans merci. En fin de compte il y a dans chaque toile une ligne directrice. Cette ligne c’est toi, ton carac - tère ta certitude, ton être. Qu’on considère mon travail serein et lumineux viens de ce qu’on ne doit pas parler de la misère. Être malheureux est un luxe privé. Il vaut mieux partager sa joie avec autrui. La misère est une moyen de mesurer le bonheur. Comme la musique a besoin de silences… » « C’est une question de lumière, celle qui brise la couleur. Et il existe un mouvement qui tra - verse la lumière, c’est cela qui crée la tension. Seules les ombres pénètrent à l’intérieur de cette lumière. Je cherche partout l’espace absolu. En fin de compte tout ce que je fais est une image de moi-même. Il m’arrive parfois de rester assis des journées ou des semaines devant ma toile avant d’oser l’attaquer. Avant qu’elle me laisse entrer. La toile vierge, je n’ose l’attaquer que si l’idée a pris forme en moi. Aussi je choisis surtout ces dernières années le carré, ou le presque carré, comme format. De cette manière il n’y a aucune direction pour commencer à travailler et à construire la toile. Un tableau en hauteur ou en largeur, par contre, de par sa dimension, indique déjà une certaine direction. Si je n’attaque pas la toile c’est elle qui m’attaque ». Bachelard, Patrice, Samuel Beckett, Abraham-Marie Hammacher, Piet Moget, et Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Geer Van Velde, 1898-1977 : peintures et œuvres sur papier. Paris, France : Musée d’art moderne de la ville de Paris, 1982. P.16 

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