Paul Jean Marie DUCUING (1867/68-1949)

Lot 24
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Estimation :
20000 - 30000 EUR
Paul Jean Marie DUCUING (1867/68-1949)

Portrait de l’empereur d’Annam S.M. Khải Định, circa 1922

Bronze à patine dorée, signé en bas sur la manche droite, signé du cachet F. Barbedienne Fondeur Paris sur le socle

33 x 22 x 12 cm - 13 x 8 5/8 x 4 3/4 in.


PROVENANCE

Collection personnelle de Bảo Ðại (1913-1997)(conçu spécialement à son attention) Collection de Monique Toinel, favorite de Bảo Ðại (offert par le précédent à l’occasion

de la naissance de leur fille en 1965) Puis par descendance.

EXPOSITION D’OEUVRES EN RAPPORT 1922, Exposition Coloniale de Marseille, pour un petit modèle en bronze. Huế, mausolée ou tombeau de Khải Định, pente de la montagne Chau Chu, le long de la rivière des Parfums, pour la version finale en pied. 1931, Exposition Coloniale Internationale de Paris, Pavillon de l’Annam pour un plâtre peint doré (H. 77.5 cm). Musée du Quai d’Orsay (fond historique) pour un plâtre peint doré (H. 77.5 cm) provenant du Ministère des Colonies puis déposé au Musée National des Arts d’Afrique et d’Océanie (1946).


Le modèle proposé à la vente aujourd’hui,petite sculpture fondue par le fondeur renommé Barbedienne à Paris, provient de la collection personnelle du fils de Khải Ðịnh, Bảo Ðại, dernier empereur du Vietnam. Nguyễn Phúc Vĩnh Thụy, de son nom de naissance, fils unique né en 1913, en a hérité peu de temps après sa conception en 1922 puisque son père décéda en 1925. Ce modèle nous a été confié par l’un de ses petits-enfants, arrière petit-enfant de Khải Ðịnh.

Si le Vietnam devient protectorat français dès 1885, le règne de ses empereurs perdure tout au long de cette période. Celui de l’avant-dernier empereur d’Annam, Khải Định (1885-1925) est marqué architecturalement par la construction en 1920 de son tombeau qui sera le dernier mausolée de la dynastie des Nguyên. Savant mélange du savoir-faire annamite mais aussi occidental, il s’érige comme une prouesse dans un style ostentatoire volontairement assumé. Mêlant des symboles du répertoire iconographique français à des références indiennes, cette construction est à l’image de Khải Định, luxueuse. Employant des matériaux aussi bien orientaux qu’occidentaux, l’empereur souhaite pour son mausolée une sculpture grandeur nature. Cette commande revient à Paul Ducuing (1867-1949), sculpteur toulousain connu pour son réalisme photographique. Brillant sculpteur académique, il a réalisé de nombreuses commandes publiques et enseigne à la Manufacture de Sèvres. Son amitié avec Albert Sarraut, Gouverneur d’Indochine et Ministre des Colonies lui permet d’être chargé de mission et d’obtenir plusieurs commandes publiques entre décembre 1921

et février 1922. Pour cela, Ducuing, consciencieux, étudie les divers courants stylistiques et les différents symboles de l’art extrêmeoriental. Pour la réalisation de la sculpture de Khải Định, l’artiste adopte une narration fidèle à la réalité objective. Afin de mieux maîtriser son sujet, le sculpteur commence par une représentation d’un simple buste, dans un plus petit format, qu’il expose en mai 1922 à l’Exposition Coloniale de Marseille. Ce modèle reçoit l’approbation de l’Empereur Khải Định qui commande, en plus de la version destinée au mausolée, qui sera de en pied et de plus grande dimension, plusieurs exemplaires du buste original destinés aux membres de sa famille.


Reprenant les codes de la sculpture occidentale, Ducuing a choisi pour cette commande un format buste adapté à la représentation d’empereur depuis l’Antiquité Romaine. Le langage symbolique emprunte cependant davantage à la culture annamite. La tenue composée d’une tunique et d’un turban traditionnel sobre mais élégant souligne l’humilité dont doit faire preuve un personnage du rang de Khải Định. Son statut social est souligné par les différents attributs qu’il porte dont la plaque de Grande-Croix du dragon d’Annam, formée d’une étoile à huit branches surmontée d’un dragon, ordre annamite puis colonial. Paul Ducuing dresse ici le portrait réaliste d’un souverain majestueux et humble au sommet de puissance. Quand Bảo Đại doit succéder à son père, son jeune âge ne lui permet de pas de régner et il met à profit une période de Régence pour poursuivre son éducation en France. « Celui qui protège de la grandeur », comme le signifie son nom d’intronisation Bảo Đại, présente une volonté de réforme dès son début de règne. La Seconde Guerre Mondiale ainsi que le gouvernement formé par Hồ Chí Minh porté par le mouvement nationaliste qui gronde, sonnera le glas de l’Empire. Le dernier Empereur, soucieux de son pays dira dans ses mémoires « Ils veulent une révolution, je vais la faire mais sans verser le sang, par une évolution politique. Si l’on tient compte de l’histoire des peuples, il n’y a qu’une seule solution : mon départ. »

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