GIOVANNI BENEDETTO CASTIGLIONE DIT IL GRECHETTO GÊNES, 1609 - 1664, MANTOUE

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GIOVANNI BENEDETTO CASTIGLIONE DIT IL GRECHETTO GÊNES, 1609 - 1664, MANTOUE

Portrait du cardinal Ottaviano Raggi (1592 - 1643)

Huile sur toile, c. 1641 - 1643

149 x 115 cm


La présence de Castiglione est attestée dans l'atelier de Giovanni Battista Paggi puis dans divers ateliers d'artistes travaillant à Gênes à l'instar de Giovanni Andrea de Ferrari (1598-1669), Anton Van Dyck (1599-1631) présent entre 1621 et 1627 et Sinibaldo Scorza (1598-1631).


Les biographes du Grechetto ont beaucoup évoqué le caractère autodidacte du jeune peintre mais il est évident que toute sa vie durant, il se nourrit de ses multiples contacts avec nombre de peintres influents. La multiplication de ses sources d'inspiration lui ont assuré un style singulier et particulièrement riche. S'il a grandi avec l'héritage de ses aînés italiens, il admire également les oeuvres de Rubens (1577-1640), Rembrandt (1606-1669) et Van Dyck. Ce dernier l'influença particulièrement pour sa technique graphique consistant à tremper son pinceau dans l'huile, puis dans les pigments avant de les appliquer directement sur le support.


Présent une première fois à Rome entre 1631/1632- 1637, il rencontre Nicolas Poussin (1594-1665) par l'intermédiaire des Raggi, famille du modèle de notre tableau. Il revint par la suite où sa présence est attestée entre 1647 et 1652, mais cette fois, c'est Pierre de Cortone (1596-1669) qu'il admire davantage. À partir de 1652, il travaille entre Gênes, Venise, Mantoue et reçoit de nombreuses commandes de la famille des Gonzague-Nevers.


Graveur virtuose, il développa de nombreux sujets sur la vanité des choses terrestres, laissant poindre dans son oeuvre une forme de mélancolie et des considérations pessimistes quant à la destinée humaine. Notre portrait s'inscrit donc dans une production particulière du Grechetto, mais non moins remarquable et intéressante.


Grechetto travaille ici une matière très mate en épais coups de pinceaux. Divisée, hachurée, visiblement rapide, la touche du peintre se fait particulièrement moderne dans la construction de ses formes et fait écho à sa personnalité ardente. Extrêmement fin dans le travail du visage, son talent de portraitiste s'exprime dans la minutie du rendu des chairs nuancées par la lumière et de la barbe, matérialisée en petites touches fluides et fines.


Le temps passant, la peinture laisse apparaître les repentirs et nous invite directement au coeur du processus de création. Dans le fond, la bibliothèque emplie de livres en désordre a été remplacée par un pilastre cannelé, tandis que la grande barrette a fait place à une calotte négligemment posée sur la tête ; le livre et l'étagère de droite enfin laissent supposer un esprit érudit, aux yeux marqués par des heures de lecture et d'exégèse. La personnalité importante et imposante du modèle s'affirme finalement dans un intérieur aux couleurs chaudes que l'on retrouve dans son regard sombre, éclairé par la pointe d'un rouge profond.

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