ECOLE MILANAISE DU XVIE SIÈCLE

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ECOLE MILANAISE DU XVIE SIÈCLE

Mon Seigneur et mon Dieu

Huile sur panneau

44,9 x 33,7 cm


L'image est singulière. Un Christ aux liens monumental, le regard tourné vers le bas, croise celui d'un Jésuite dont la tête fait irruption dans l'angle inférieur droit. Néanmoins, il semblerait que l'inscription Rex Meus et Deux Meus place ce personnage dans le monde réel, tandis que le divin n'est que représentation picturale, assortie de son titre. Cette impression tend à se renforcer d'autant plus que le Christ est une référence directe à Giampietrino (1495-1521). Imperceptiblement pourtant, la figure divine s'anime, ses bras recroquevillés semblent s'ouvrir doucement, rompant la sculpturalité de l'Ecce Homo et fait basculer la scène dans une vision d'extase. Le choix de la représentation du Jésuite, où seule la tête apparaît, bordée sobrement de son col blanc et du haut de son habit noir, les yeux levés, la bouche bée, les dents apparentes tendent à imposer cet aspect extatique.


Dans la suite des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola (1491-1556), l'artiste rend perceptible cette personnalisation de la relation du croyant avec Dieu théorisée par cette figure tutélaire de la congrégation jésuite. Comme des voyeurs, nous surprenons le personnage dans cette expression particulièrement impudique et intime de sa foi.


La mise en abyme est habilement soulignée par l'inscription, Mon Seigneur et mon Dieu, qui concentre toute l'essence même de l'image. Intrinsèquement liée à l'esprit de la Contre-Réforme engagée au XVIe siècle, elle permet une rupture entre le monde du divin, celui du Jésuite mais finalement aussi le nôtre où nous ne sommes pas convoqués simplement en regardant mais en participant à l'extase de l'homme de foi et aux mouvements intérieurs qui l'habitent. C'est l'expérience de l'allégresse, de la rencontre surnaturelle du croyant avec le Christ que le peintre illustre.


Si le terme peut paraître anachronique, la composition apparaît pourtant d'une extraordinaire modernité dans l'entrée de l'adorateur aux dents visibles, élément de représentation extrêmement rare dans l'histoire de la peinture et ce, jusqu'au XIXe siècle. Une telle irruption dans l'intimité de la prière pourrait suggérer qu'il existait une relation réelle entre le modèle et le peintre. Tant la palette chromatique que le réalisme particulièrement émouvant du visage laissent penser qu'il pourrait s'agit d'un artiste milanais.

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