ÉCOLE FRANÇAISE, VERS 1580

Lot 12
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ÉCOLE FRANÇAISE, VERS 1580

Portrait d'une dame de qualité

Huile sur panneau de chêne

31 x 27 cm


Cet étrange portrait pourrait être celui de l'une des dames de compagnie du fameux «escadron volant» de Catherine de Médicis (1519-1589), ainsi nommé par Brantôme (1540-1614). Au service de la reine, cette cour de dames la suivait dans tous ses déplacements et était employée à des fins diplomatiques, notamment en compagnie des adversaires de la souveraine. Face à eux dans les premiers jours de ces voyages, les rencontres étaient réservées au contact et à la discussion badine. Le charme de la parole opérant, le groupe mâle dont il fallait gagner la confiance, devenait plus ouvert, plus conciliant. Ensuite seulement, commençait pour la reine la négociation proprement dite. L'une des plus célèbres de ces dames de cour fut Isabeau de Limeuil (1535-1609) dont les cheveux de feu allumèrent les passions du prince Henri Ier de Bourbon- Condé (1552-1588). Prince protestant, il avait pris la tête du parti de sa foi à la mort de l'amiral de Coligny, la nuit de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572. En plaçant habilement Mademoiselle de Limeuil dans le lit de Condé, Catherine de Médicis s'était assurée un oeil sur les agissements du prince et dans le même temps, un levier de manipulation.


Ce rôle majeur de la femme dans la socialisation de la noblesse fut très décrié par les prédicateurs protestants qui voyaient dans la soumission de l'homme à la femme, un inversement des valeurs morales. De là, sont nés bien des mythes sur la cour des Valois.


Portant un col au nom éponyme de la reine et arborant d'importants bijoux de perles fines, une forme d'inquiétude se lit dans l'expression du regard détourné du modèle. Interrompant peut-être sa conversation, aurait-elle entendu du bruit dans un couloir que l'on imagine proche ?

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